Photo : Natasha Jonas et Marie-Ève Dicaire posent, le jeudi 10 novembre 2022, lors de la conférence de presse en vue de leur combat de samedi, à Manchester, en Angleterre. Crédit : Photo courtoisie Boxxer, Lawrence Lustig

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Marie-Ève Dicaire lance un avertissement à la favorite Natasha Jonas

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MANCHESTER, Angleterre | Il aurait été difficile de départager la Britannique Natasha Jonas et la Québécoise Marie-Ève Dicaire dans un concours de sourires de conquérantes, jeudi à Manchester, durant la conférence de presse présentée en marge du combat d’unification de samedi.

«C’était à la hauteur de mes attentes, nous sommes clairement deux filles qui avons beaucoup de respect l’une pour l’autre, a noté Dicaire, détentrice de la ceinture de l’IBF chez les super-mi-moyennes. Mais nous sommes aussi des combattantes et nos sourires vont s’effacer lorsque la cloche va sonner.»

Très calme, Jonas (12-2-1, 8 K.-O.) s’est montrée confiante de battre Dicaire (18-1, 1 K.-O.) lors d’un duel prévu à l’AO Arena de Manchester. Elle voue néanmoins un grand respect à la Québécoise.

«Je suis très confiante et je suis heureuse de voir qu’elle l’est aussi, a tranché la championne du WBC et de la WBO. Ça va faire un bon combat. Je sais qu’elle est une boxeuse bien établie, elle est imposante, elle est forte, mais nous sommes prêts, de notre côté, à affronter la meilleure version d’elle.»

Dicaire, plus rapide ?

Avant d’accorder différentes entrevues aux médias, les deux boxeuses ont procédé à un face-à-face. Il semblait alors évident que Dicaire est beaucoup plus grande que Jonas. Pourtant, la Britannique, qui concède environ deux pouces, affiche une taille supérieure à la Québécoise sur certains sites web spécialisés.

«Elle ne sait pas dans quoi elle s’est embarquée, a lancé Dicaire, en guise d’avertissement. Elle a l’habitude d’affronter des filles plus grandes et elle a de l’expérience. On sait qu’elle va s’ajuster, mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que nous sommes aussi pas mal bons pour nous ajuster.»

«Marie-Ève est plus grande, mais elle est aussi beaucoup plus rapide. La seule arme de Jonas, c’est son crochet de la droite», a pour sa part glissé l’entraîneur Stéphane Harnois, qui a évidemment préparé Dicaire en conséquence.

Favorite locale

Jonas, championne du WBC et de la WBO, est largement favorite en vue du combat. Du moins, chez les pronostiqueurs. Il est à noter que le prestigieux titre Ring Magazine s’ajoutera pour la gagnante du duel.

«Je ne regarde pas les paris sportifs, je ne comprends pas trop non plus comment ça fonctionne, a commenté Jonas. Le fait demeure que c’est dans mon pays, près de la ville d’où je viens [NDLR : Liverpool] et beaucoup de gens seront là pour me supporter.»

Quand maman part travailler...

En pénétrant dans la grande salle Love Factory, lieu de la conférence de presse tenue jeudi à Manchester, une vidéo de Natasha Jonas défilait sur un écran géant. Parmi les images, on voyait la boxeuse britannique de 38 ans s’amuser avec sa fille Mela.

Samedi, la petite Mela ne sera pas à l’AO Arena, mais elle supportera sa maman.

«Elle n’a que six ans, a précisé Jonas. Une soirée de boxe peut être longue, ça peut être difficile pour elle de rester aussi longtemps. Elle devrait regarder le combat de la maison.»

Évidemment, la promotion du gala de samedi tourne autour de Jonas. Habituée d’être en vedette lors de ses précédents combats au Québec, Dicaire n’a pas semblé trop déstabilisée.

«On est chez elle, on le savait, a mentionné la Québécoise de 36 ans. Ça fait un peu partie du défi et je suis contente de vivre ça. Pour moi, c’est un challenge qui m’énergise et qui me donne du carburant.»

«C’est un gros aréna, la foule peut être bruyante, a par ailleurs décrit Jonas, à propos de l’AO Arena. Ça peut être un endroit hostile pour l’adversaire... En même temps, elle s’amène ici avec rien à perdre. C’est une grosse opportunité et elle voudra gâcher la soirée.»

À qui les ceintures ?

Au moment de rappeler à Jonas que Dicaire détenait quand même une ceinture IBF qu’elle pouvait perdre, sa réponse était toute prête : «Oui, mais moi, j’en ai deux.»

Après les couronnes du WBC et de la WBO, Mela aimerait sans doute que maman ramène deux autres ceintures à la maison, soit celle de Dicaire en plus de celle qui accompagne le prestigieux titre Ring Magazine, vacant jusqu’à samedi soir.

Natasha Jonas, qui a elle-même déjà joué au soccer, est issue d’une famille sportive. Sa demi-sœur Nikita Parris évolue d’ailleurs avec la formation féminine du Manchester United de même qu’avec l’équipe nationale de l’Angleterre.

Combat contre Spencer, oubliez ça!

Qu’elle gagne ou qu’elle perde contre la Britannique Natasha Jonas, samedi en Angleterre, il serait très très surprenant de voir Marie-Ève Dicaire affronter un jour Mary Spencer, la vedette en devenir d’Eye of the Tiger Management (EOTTM).

Avant son départ pour l’Angleterre, où elle est évidemment concentrée sur la tâche à accomplir, Dicaire réagissait ainsi à certains commentaires publiés via les réseaux sociaux. Depuis des lunes, ça fait partie des jeux de coulisses à la boxe, notamment quand l’aspirant souhaite affronter le champion.

«Les gens gagnent à connaître Mary Spencer dans le sens où c’est vraiment une bonne boxeuse, a d’abord noté Dicaire. Après, la façon utilisée pour la faire connaître, ce n’est pas nécessairement une manière qui cadre avec mes valeurs, soit d’abaisser quelqu’un d’autre pour monter l’autre personne. La réalité, c’est que j’ai cette cible dans le dos et on essaie de m’attraper. Mais moi, je regarde en avant, pas en arrière.»

«C’est quelque chose qui ne m’intéresse pas parce que présentement, j’ai le choix entre boxer pour quatre ceintures à Manchester ou faire un combat local, a ajouté Dicaire, qui pourrait en être à son dernier tour de piste samedi. Pour moi, le défi est plus grand là-bas et moi, je suis une fille qui aime les défis et je vais toujours prendre le plus grand.»

Le mois dernier, certains ont blâmé Dicaire de parler «des deux côtés de la bouche» lorsqu’elle avait indiqué ne pas être intéressée par Spencer.

«Ce serait un rêve»

«On n’a aucune intention de manquer de respect envers elle, Marie-Ève Dicaire demeure une pionnière, a réagi Camille Estephan, qui est à la tête d’EOTTM, en début de semaine. Je n’ai simplement pas aimé sa façon de dire qu’elle n’avait aucun intérêt et qu’il n’y avait pas d’offre sur la table.»

«Pour parler franchement, on comprend que Marie-Ève Dicaire n’est pas intéressée et je ne suis pas certain qu’elle va changer d’idée, même si elle gagne contre Jonas, a poursuivi Estephan. Ce serait un rêve de mettre sur pied un combat entre elle et Mary Spencer. On lui souhaite bonne chance en Angleterre et on espère qu’elle va gagner, mais on ne se fait pas d’idée pour la suite. C’est dommage, car c’est un combat que le public aimerait voir.»