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Coupe du monde 2022

Les organisateurs contestent un rapport négatif sur les ouvriers des stades

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Les organisateurs du Mondial 2022 au Qatar (20 novembre-18 décembre) ont réfuté jeudi un rapport d'une ONG britannique sur la « discrimination et l'exploitation » sur les chantiers des stades de la Coupe du monde, s'appuyant sur les témoignages d'une soixantaine d'ouvriers.

Ce rapport de 95 pages de l'organisation Equidem, intitulé « Si nous nous plaignons, nous sommes virés », « est truffé d'inexactitudes et de fausses déclarations », assure dans un communiqué le Comité suprême d'organisation du tournoi.

Critiqué pour son traitement des travailleurs migrants, notamment dans la construction, le Qatar a entrepris « des réformes », reconnaît Equidem, notamment en imposant un salaire minimum d'environ 207 euros par mois et en abolissant en grande partie le système de parrainage qui empêchait les employés de quitter le pays ou de changer de travail sans autorisation de l'employeur.

Mais derrière « ce paravent », avance le président de l'ONG Mustafa Qadri dans un communiqué, « nous estimons que des milliers de travailleurs doivent obtenir réparation pour les frais de recrutement illégaux, les salaires impayés et d'autres préjudices », une demande portée par d'autres organisations dont Amnesty International.

Le rapport dit s'appuyer sur les récits de 60 ouvriers étrangers employés entre 2014 et 2022 dans les huit stades qui accueilleront le tournoi, et énumère une série de griefs allant de la « culture de la peur » au travail à l'exposition à la chaleur extrême, au froid et la poussière", en passant par l'impossibilité de prendre un congé maladie et le non versement des salaires.

L'ONG cite par ailleurs deux témoignages indirects évoquant les chutes mortelles d'un Bangladais « en mars 2019 » et d'un Chinois « sûrement en 2021 » dans le stade Lusail, qui accueillera la finale, ainsi que le récit anonyme d'un travailleur kényan qui dit avoir assisté dans la même enceinte « à de nombreux décès et blessures sérieuses de nos collègues » pendant que « le travail continuait normalement ».

Cette accusation « est catégoriquement fausse et a été présentée sans aucune preuve, comme la majorité du rapport », réplique le Comité suprême, qui recense « trois décès liés au travail et 37 décès non liés au travail depuis 2014 » dans ses rapports sur les préparatifs du Mondial.

« Compte tenu des procédures (...) mises en place pour la sécurité des travailleurs, il serait pratiquement impossible de dissimuler ou de ne pas rapporter correctement un décès lié au travail », insistent les organisateurs, pour qui il est « tout simplement inconcevable que des accidents mortels aient été “portés à l'attention d'Equidem et d'aucun autre média ou ONG”, à l'instar de l'Organisation internationale du travail, installée à Doha depuis 2018.

Dans un communiqué distinct, la Fifa dit “être en contact avec (ses) homologues qataris pour évaluer l'information contenue dans le rapport”, et rappelle “les inspections indépendantes régulières” conduites sur les chantiers qataris par le Syndicat international des travailleurs du bâtiment et du bois (BWI).