Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens de Montréal

Communiquer, c'est sacré

Communiquer, c'est sacré

Michel Therrien

Publié 10 novembre 2022
Mis à jour 10 novembre 2022

Gérer une équipe de la LNH, ce n’est pas un «one-man show», c’est un travail collectif. 

La communication est cruciale. Avant qu’un directeur général prenne une décision, comme soumettre Rem Pitlick au ballottage, il consulte son monde. De ce que je comprends, celui qui a le dernier mot à Montréal, c’est Jeff Gorton. On en entend peu parler, mais je suis convaincu que tout passe par lui en raison de son expérience. Ça fait longtemps qu’il roule sa bosse dans le management.

Sans dire qu’il «run le show» tout seul, Gorton est l’acteur principal du département hockey des Canadiens à titre de vice-président aux opérations. Après tout, c’est une très bonne tête de hockey, en plus d’avoir été l’architecte de la reconstruction des Rangers. 

Dans le cas de Pitlick, un dossier qui a fait beaucoup réagir, il s’est sûrement d’abord informé auprès de ses recruteurs professionnels. Il a aussi fait ses devoirs en tâtant l’intérêt des autres équipes à travers la ligue. C’est son rôle d’avoir une bonne idée de la valeur de ses joueurs. Il y a toujours un risque de placer un joueur au ballottage, mais ce sont plus souvent qu’autrement des risques calculés. Le fait qu’il reste une autre année de contrat à Pitlick a probablement rebuté toutes les équipes. Le CH se doutait qu’il n’allait pas trouver preneur.

Quand on demande l’opinion de son personnel, ça ne veut pas dire que tout le monde est d’accord, mais quelqu’un doit trancher. Mon «feeling» me dit que c’est Gorton qui joue ce rôle avec les Canadiens. Il a d’ailleurs été engagé pour ça. 

Non aux «yes men»

En fait, j’espère que ce n’était pas un choix unanime. C’est normal et même souhaitable. Tu ne veux pas avoir juste des «yes men» autour de toi, tu veux être «challengé». 

C’était ma philosophie lorsque je dirigeais. Les adjoints avec lesquels j’ai travaillé durant mes 12 années dans la LNH remettaient souvent en question certaines de mes décisions, on ne s’entendait pas sur tout, mais c’est ce que je voulais. J’aimais entendre d’autres idées que les miennes, mais c’était à moi de prendre la meilleure possible en tant qu’entraîneur-chef.

J’en ai convaincu certains à force de débattre, mais il m’arrivait également d’être dans le champ gauche. Tu dois toujours être à l’écoute des autres. Quand tu es trop près de l’arbre, tu ne vois pas toujours la forêt qui t’entoure. 

D’où l’importance de bien s’entourer à tous les postes pour prendre les meilleures décisions possibles. L’important est de se rallier ensuite à celui qui a pris la décision finale et de passer le même message.

Je l’ai aussi vécu moi-même en tant qu’adjoint à Alain Vigneault, qui demandait l’avis de tout son monde à Philadelphie. Comme mes assistants l’avaient fait avec moi, je lui donnais des informations, et c’était à Alain de les prendre en considération ou non.

Partager son opinion et ses expériences, c’est crucial dans ce métier, mais la communication est encore plus primordiale.

Luongo, une autre grande fierté pour Saint-Léonard

En terminant, j’aimerais féliciter Roberto Luongo, qui sera intronisé au Temple de la renommée du hockey lundi prochain.

Après Martin Brodeur, un autre ancien gardien des Cougars de Saint-Léonard obtiendra cette reconnaissance suprême. C’est un honneur pleinement mérité. Je suis très content pour lui et sa famille. 

J’ai grandi moi aussi à Saint-Léonard. À l’époque, la communauté hockey était tissée serrée. C’était une grande fierté d’en faire partie. Tout le monde connaissait mon père, Gerry, qui a été très impliqué en tant que bénévole. 

C’est toujours plaisant de voir un gars de ton patelin comme Roberto réussir une aussi belle carrière dans la LNH. Être considéré parmi les plus grands de l’histoire, c’est tout un exploit pour un gars de chez nous. Chaque fois qu’un Québécois accède au Temple de la renommée, il faut le souligner.

Beaucoup de gens de Saint-Léonard ont aidé Roberto durant sa jeunesse, dont Mario Baril, qui était l’entraîneur des gardiens des Cougars. Il doit être vraiment fier lui aussi. 

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