Crédit : AFP

Coupe du monde 2022

Zlatko Dalic, le coach qui a écrit l'histoire du football croate

Publié | Mis à jour

Peu connu du grand public en Croatie avant de prendre il y a cinq ans les rênes de l'équipe nationale, le sélectionneur croate Zlatko Dalic a écrit l'histoire du football du pays balkanique en parvenant en finale de la Coupe du Monde 2018.

Quatre ans plus tard, le stratège de 56 ans s'attaque à un autre Mondial, accueilli par le Qatar du 20 novembre au 18 décembre.

Sa nomination en octobre 2017 avait été décrite par l'ancien président de la Fédération croate de football, Davor Suker, comme une « thérapie de choc » pour une équipe qui avait peu de chances de se qualifier au Mondial en Russie.

Le choix de l'ancien milieu de terrain défensif, qui avait fait dans des pays du Golfe la partie la plus marquante de sa carrière d'entraîneur, provoque alors plutôt la méfiance dans le petit pays de 3,9 millions d'habitants.

Mais seulement neuf mois plus tard, lorsque l'équipe emmenée par Luka Modric parvient en finale de la Coupe du monde, Dalic devient un des Croates les plus populaires.

Plus de 550.000 personnes réservent aux joueurs un accueil euphorique à Zagreb. Depuis l'indépendance en 1991, seule la visite du pape Jean-Paul II en 1994 dans ce pays très catholique avait rassemblé autant de monde dans la capitale croate.

« Dalic est le météore croate le plus puissant qui a fait le chemin vertigineux d'un anonyme pour les +gens ordinaires+ (...) vers un homme qui a mal aux cervicales à force de recevoir des tapes dans le dos (...) » pour son exploit, est-il résumé dans la préface du livre « La Russie de nos rêves », dans lequel il raconte l'épopée russe.

Modeste et effacé

Modeste et effacé, ce père de deux enfants qui a souvent parlé de son dévouement à la famille, est né en 1966 à Livno, en Bosnie-Herzégovine voisine.

Surnommé « Dala », il entame à 17 ans sa carrière dans le club croate du Hajduk Split, à l'époque où les deux pays font partie de la fédération yougoslave. Il fait toute sa carrière de joueur dans des clubs de l'ex-Yougoslavie, notamment croates, avant d'entamer en 2000 celle d'entraîneur.

À 25 ans déjà, il prépare à sa façon sa future carrière.

« Dès qu'on quittait le terrain, il prenait son cahier et notait tout ce que nous avions fait ce jour-là » à l'entraînement, raconte son ami et ancien international croate Davor Vugrinec.

Entre 2010 et 2017, Dalic entraîne plusieurs des meilleurs clubs d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, où il est nommé deux fois meilleur entraîneur. Il dispute en 2016 avec le club émirati d'Al Ain la finale de la Ligue des champions asiatique.

Des spécialistes du football louent le calme et la persévérance d'un coach capable de dégager de l'énergie positive, et aussi sa capacité de prise de décision.

« Unité » et « humilité »

L'« unité » et l'« humilité » sont les deux termes qu'il n'a cessé de souligner durant le Mondial-2018 et qui l'ont fait connaître auprès des Croates.

« Il avait rapidement compris ce qui est le plus important », avait affirmé Miroslav Ciro Blazevic, un autre grand sélectionneur de la Croatie qui avait terminé en 1998 à la troisième place de la Coupe du monde 1998 en France.

« Le talent, la motivation, la caractère, l'intelligence des joueurs, le travail acharné, l'affrontement des défis, tout ça est important, mais l'ambiance +un pour tous, tous pour un+ est au-dessus de tout. Et Dalic l'a créée », avait-il expliqué.

Réputé être catholique croyant, Dalic a confié à la presse qu'il portait toujours un chapelet dans la poche et qu'il priait avant chaque match.

« Si vous voyez que j'ai la main dans la poche en plein match, cela veut dire que la situation est tendue et que je tiens le chapelet », a raconté récemment celui qui est le premier sélectionneur ayant conduit les « Vatreni » (Les Flamboyants) à trois tournois majeurs.

Début octobre, il a parcouru un chemin de 120 kilomètres pour se rendre en pèlerinage au sanctuaire marial de Medjugorje, en Bosnie, un mois et demi avant le Mondial.

L'année dernière, il a prolongé son contrat jusqu'à l'Euro-2024. À l'édition précédente, disputée en 2021, la Croatie s'est arrêtée en huitièmes de finale.

Au Qatar, elle rêve de retrouver les sommets.