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Coupe du monde 2022

Le déclic de la maturité pour de Bruyne et la Belgique ?

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Plus décisif que jamais avec Manchester City et à pleine maturité, Kevin de Bruyne espère pouvoir enfin confirmer au Qatar les promesses non-tenues de la « génération dorée » de la Belgique, pour ce qui pourrait être son dernier Mondial.

Trois buts et treize passes décisives en dix-sept matches de compétition officielle: le « Diable roux » a commencé la saison pied au plancher avec Manchester City, après avoir instantanément trouvé la bonne longueur d'onde avec la prolifique recrue norvégienne Erling Haaland.

À 31 ans, il ne donne aucun signe de ralentissement, constamment aiguillonné par son entraîneur Pep Guadiola, qui aime répéter à qui veut l'entendre que le Belge peut « faire mieux ».

S'il y a bien un plan sur lequel la marge de progression est indéniable, c'est dans les compétitions internationales avec la Belgique.

Sur le papier, les demi-finalistes en Russie, battus de justesse par les futurs champions du monde français (1-0), figurent parmi les favoris.

Déjà quart de finalistes quatre ans plus tôt au Brésil, battus déjà 1-0 par l'Argentine, ils font figure de candidats sérieux à la victoire finale de toutes les compétitions depuis l'Euro-2016.

Mais l'horloge tourne pour cette génération dont les plus illustres membres -- de Bruyne, mais aussi Thibaut Courtois, Eden Hazard ou Romelu Lukaku -- frôlent ou ont dépassé les 30 ans.

« Qu'une chose à faire, c'est gagner »

D'autres cadres comme Toby Alderweireld, Jan Vertonghen, Alex Witsel ou Dries Mertens ne seront certainement plus en lice pour le prochain Mondial en 2026.

L'élimination (2-1) en quart de finale, contre l'Italie, elle aussi future lauréate, au dernier Euro, est la dernière d'une série de déceptions douloureuses qui ont jeté un doute sur la force mentale de ce groupe, malgré la première place longtemps conservée au classement Fifa.

« Ce premier rang ne veut rien dire », avait même peu charitablement asséné l'ancien sélectionneur George Leekens dans So Foot il y a un peu plus d'un an, pointant un manque d'audace dans les grands rendez-vous.

« Quand tu n'oses pas faire les choses, rien n’est avec toi (...) Cette mentalité et cette rage de vaincre n'existent pas dans le groupe de Roberto Martinez », le sélectionneur actuel en poste depuis 6 ans, avait-il ajouté. 

« Oui, on a une super belle génération, mais on n'a encore rien gagné », avait récemment admis Eden Hazard, capitaine de la Belgique depuis 2015, sur le site de la Fifa.

« Si vraiment on veut être appelé la génération dorée, je pense que, maintenant, il ne reste qu'une chose à faire, c'est gagner quelque chose ».

De Bruyne, qui avait joué le quart de finale de l'Euro quelques mois plus tôt avec un ligament arraché à une cheville, n'en manque pourtant pas, de volonté.

Leader et bon père de famille

En pleine possession de ses moyens sportivement, il a aussi atteint sa pleine maturité en dehors du terrain.

Il y a plus d'un an, il s'était, par exemple, passé d'agent pour négocier lui-même sa prolongation de deux ans avec City en s'appuyant sur une étude qu'il avait commanditée et qui détaillait ce que les deux parties avaient à gagner à prolonger l'aventure ensemble.

Et c'est non seulement en leader de la Belgique mais en bon père de famille qu'il voyagera au Qatar pour affronter le Canada, le Maroc et la Croatie dans le groupe F de la compétition.

« Ma famille viendra pour la phase de poule. J'ai 31 ans et qui sait ce qu'il adviendra dans quatre ans », avait-il admis récemment.

« Ce sera la première fois que mes enfants peuvent venir (...) Ce sera un évènement spécial que je ne veux pas qu'ils ratent », a-t-il dit au sujet de ses deux garçons de six et quatre ans et de sa fille de deux ans.

Fidèle à son jeu porté vers l'avant, toute la Belgique espère que ce petit supplément de motivation familiale sera le facteur qui aidera enfin ces Diables rouges à pleinement concrétiser leur potentiel.