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Crédit : Photo d’archives

NFL

Pluie d’éloges pour Benjamin St-Juste

Stéphane Cadorette

Publié | Mis à jour

Après l’entraînement sous les généreux rayons d’automne, Benjamin St-Juste se pointe calmement à son casier dans le vestiaire des Commanders de Washington. Tandis que de la musique retentit, que certains s’adonnent à une partie de poches ou que d’autres se narguent dans un sympathique boucan, c’est plutôt sur le terrain que le Québécois fait du bruit cette saison.

C’est dans la petite ville d’Ashburn que l’équipe s’entraîne, à environ 45 minutes de Washington. Même si l’organisation nage dans la tourmente avec un propriétaire contesté en Dan Snyder, les lieux sont sereins.

Les magnifiques couleurs d’automne sont encore bien en vue et l’équipe, qui a remporté ses trois derniers matchs pour porter son dossier à 4-4, connaît de bons moments qui calment le jeu. Tumulte ou pas, St-Juste est égal à lui-même. Détendu, en contrôle, avec l’esprit qui ne divague pas de l’objectif.

«Je ne vais sur les réseaux sociaux que pour parler à ma famille et mes amis. Ça aide à bloquer un peu le bruit de l’extérieur. L’équipe en général fait un bon travail pour se concentrer sur le football», a-t-il confié lorsque le représentant du Journal est allé à sa rencontre.

Un rôle crucial

Ce flegme sert St-Juste à merveille cette saison. Après une campagne recrue prometteuse, mais écourtée par les blessures, le demi de coin prend son véritable envol à sa deuxième saison.

Selon le site Pro Football Reference, les quarts-arrières adverses ont complété 44 % des passes lancées dans la direction du Montréalais pour un seul touché, contre 65 % la saison dernière.

Il est même parvenu à prendre la place de William Jackson III, joueur autonome embauché à fort prix l’an dernier et échangé aux Steelers plus tôt cette semaine.

«Nous avons donné une opportunité à Benjamin et il a fait un travail exceptionnel», a louangé l’entraîneur-chef, Ron Rivera, mercredi, pour justifier la transaction.

Ce ne sont manifestement pas de simples mots flatteurs d’un entraîneur. Personne dans la NFL ne gagne du temps de jeu gratuit et St-Juste a pris part à 88 % des jeux défensifs des siens, dont 100 % dans les trois dernières semaines.

«Il est vraiment revenu affamé»

Ses coéquipiers notent une remarquable progression.

«On l’a vraiment vu grandir. On voit que le jeu a ralenti pour lui. Les entraîneurs lui en demandent beaucoup et il ne déçoit jamais.

«Même quand il venait d’arriver l’an passé, il se retrouvait rarement en mauvaise posture. La différence, c’est que parfois, il faut juste un peu d’expérience pour comprendre davantage ce qui se passe et ressentir les choses. Il est vraiment revenu affamé cette saison», nous a indiqué le vétéran maraudeur Bobby McCain.

À ses côtés, l’autre maraudeur, Kamren Curl, ne pouvait qu’acquiescer.

«Il a fait preuve de polyvalence et a démontré qu’il était un joueur très intelligent. Il sait s’ajuster pendant un match et c’est cool de le voir évoluer si rapidement», a-t-il dit.

En confiance

Si le rendement de St-Juste sur le terrain a de quoi plaire à ses coéquipiers, d’autres l’apprécient également pour ce qu’il est dans la vie de tous les jours. C’est le cas de l’ailier rapproché Logan Thomas, l’un de ses bons amis dans l’équipe.

«Quand il est arrivé, il était pas mal silencieux. Il faisait sa petite affaire. C’est encore un peu comme ça, mais maintenant qu’il est plus confortable, on le voit sortir tranquillement de sa coquille. Il vient au travail chaque jour sans rechigner. Il est agréable à côtoyer parce qu’il est positif et ce n’est jamais lui qui va te traîner vers le bas», a confié le costaud gaillard.

St-Juste et Thomas se côtoient fréquemment puisque leurs deux épouses sont aussi très proches.

«J’étais invité à son mariage et je l’ai vu entouré de ses amis. On voit que lorsqu’il est vraiment confortable, sa personnalité s’exprime. Il affiche beaucoup plus de confiance. On le sent en le côtoyant, ça transpire de lui. Comme joueur, il possède tous les intangibles pour devenir aussi bon qu’il veut le devenir», estime-t-il.

Soif d’apprendre

À l’arrivée de St-Juste au sein de l’équipe, après qu’il eut été sélectionné en troisième ronde du repêchage l’an dernier, c’est le vétéran demi de coin Kendall Fuller qui l’a pris sous son aile. Il se réjouit de le voir éclore et exercer un rôle aussi important dès sa deuxième année dans la NFL.

«On savait qu’il avait un bon gabarit, mais le plus important est qu’il a démontré tout de suite sa volonté d’apprendre. C’est encore le cas cette année. Il a saisi son opportunité lorsqu’elle s’est présentée.

«Benji ne sera peut-être jamais le gars qui va le plus gueuler, mais on sait tous à quel point il est un vrai compétiteur», a-t-il souligné.

Benjamin St-Juste n’a peut-être que 25 ans, mais à écouter ses coéquipiers, un constat s’impose : le Québécois qui est parti de loin fait déjà partie des meubles à Washington.

«IL PEUT DEVENIR UN JOUEUR SPÉCIAL»

«Ben a tous les outils pour être un excellent demi de coin dans cette ligue, pendant longtemps.» Ces mots ne sont pas ceux d’un simple admirateur de Benjamin St-Juste, mais plutôt ceux de son entraîneur de position et lui-même ancien demi défensif dans la NFL, Chris Harris.

Le Journal s’est entretenu avec Harris aux abords du vestiaire des Commanders pendant que Bob Marley crachait dans les haut-parleurs le célèbre refrain du tube Three Little Birds.

Les paroles «Every little thing gonna be all right» résonnaient comme des écrits prémonitoires quant à la carrière du Québécois.

«S’il continue de travailler comme il le fait, il peut devenir un joueur vraiment spécial», a salivé Harris.

Atouts uniques

Ce dernier, après une carrière de huit saisons comme joueur avec les Bears de Chicago et les Panthers de la Caroline, en est à sa troisième campagne comme entraîneur des demis défensifs à Washington et à sa neuvième année dans la ligue. Dès qu’il s’est mis à parler de son protégé montréalais, il n’a pu réprimer un sourire en coin.

«La combinaison de son physique et de sa vitesse, c’est très rare. Les demis de coin de 6 pi 3 po ne poussent pas dans les arbres. Les gars de sa grandeur n’ont pas souvent la même explosion et les mêmes mouvements latéraux», a-t-il exposé.

Polyvalence appréciée

Avant cette saison, St-Juste a principalement évolué comme demi de coin à l’extérieur.

Pendant la dernière saison morte, les Commanders l’ont muté vers l’intérieur, plus près de la ligne de mêlée. Un changement qui peut sembler mineur aux yeux des néophytes, mais qui n’est pas passé inaperçu parmi le personnel d’entraîneurs.

«C’est loin d’être aussi facile que ce que les gens peuvent penser. Ça l’a forcé à apprendre l’entièreté de ce qui se passe dans notre système et il a amélioré encore plus son QI de football», a encensé Chris Harris.

Le changement de position a d’ailleurs plu à St-Juste, qui le voit comme un atout additionnel dans son jeu.

«Je ne suis vraiment pas arrivé à mon sommet. Que ce soit en jouant à l’intérieur ou à l’extérieur, j’apprends chaque semaine. Je suis encore jeune, ça fait juste un an et demi que je suis ici», a dit modestement le demi de coin.

«Tout ça a apporté plus de polyvalence dans mon jeu. Ça fait de moi un joueur plus utile.»

Deux personnalités

S’il y a unanimité dans le vestiaire pour dire que St-Juste est de nature discrète, Chris Harris voit tout de même deux Benjamin fort différents.

«Il est le plus réservé du groupe de demis défensifs. Je déjeune souvent avec lui le matin dans nos locaux. On parle beaucoup et je commence à bien le connaître sur le plan personnel. Il est quelqu’un de réservé, mais il est entier.»

«Sur le terrain, il ne joue pas du tout avec la même attitude. C’est comme si on voit deux gars différents. Quand il fait un gros jeu, il devient très excité et il montre ses émotions.»

BONS MOTS DE DEL RIO

Le coordonnateur défensif des Commanders, Jack Del Rio, est entraîneur dans la NFL depuis maintenant 24 ans. Il n’est clairement pas à son premier rodéo et il s’est dit impressionné lorsqu’on lui a demandé de décrire la croissance comme joueur de Benjamin St-Juste. «Il a pris beaucoup de maturité, après une excellente saison morte. On a tout de suite vu qu’il était un joueur différent et quand on l’a fait jouer à l’intérieur, il n’a jamais sourcillé. On l’a ramené vers l’extérieur et il a fait ses petites affaires sans dire un mot. Il est un professionnel qui travaille de la bonne façon et qui nous donne du bon football», a-t-il lancé.

GROSSE VISITE DES VIKINGS

C’est de la visite importante qui s’amène pour Benjamin St-Juste et les Commanders en fin de semaine à Washington. Les Vikings (6-1) seront sur place avec le prolifique trio de receveurs formé de Justin Jefferson, Adam Thielen et KJ Osborn. «Je serai très occupé!», a souri St-Juste. C’est le genre de duel que tu veux vivre comme demi de coin. C’est une équipe qui va lancer la balle en masse. Jefferson va réussir des jeux, Thielen aussi et moi aussi. On est tous des athlètes de haut niveau et ce sera une bonne bataille. La clé sera de garder les jeux explosifs au minimum.»

SUR UNE BELLE LANCÉE

Les Commanders ont perdu quatre de leurs cinq premiers matchs et semblaient en déroute. Depuis, ils ont signé trois gains consécutifs, ce qui garde l’équipe bien en vie malgré une féroce compétition dans la division Est. «Chaque équipe a un processus différent. Certaines équipes commencent l’année très hot dès le départ. Nous, ça nous a pris plus de temps, mais on a compris ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas avec le type de joueurs qu’on a. On sait qu’on a l’équipe pour gagner. Même quand on est en arrière d’un touché ou plus, on ne panique pas parce qu’on est revenu de l’arrière plusieurs fois», a fait valoir St-Juste.

En plein rêve à Washington

Puisqu’il occupe un rôle de partant à une position clé dans la défense des Commanders, la vie de Benjamin St-Juste a changé à Washington. Passant de moins en moins incognito, il arrive tout de même à préserver son intimité dans le coquet centre-ville de Reston, en Virginie. Rencontre avec le demi de coin québécois qui doit encore se pincer pour réaliser qu’il en est à sa deuxième saison dans la NFL.

Ça sent encore le neuf dans les charmantes rues ornées de boutiques et de restaurants, à 35 km à l’ouest de Washington. Le centre-ville de Reston a été construit en 1988 et ne cesse d’être développé depuis.

C’est là que Benjamin St-Juste habite et qu’il a accordé un généreux entretien au Journal après une longue journée d’entraînement et de préparation à l’approche du match de demain, face aux Vikings du Minnesota. Une rare incursion dans la «bulle», qui lui est si chère.

«C’est un endroit qui me donne la chance d’avoir de la tranquillité. J’aime interagir avec le monde, mais je veux que ma bulle soit protégée. J’adore aussi me promener à Washington qui te donne tout ce qu’une grosse ville peut t’offrir, mais en plus intime, plus propre, plus historique, avec plein de musées et une belle architecture», a raconté celui qui a grandi sur le Plateau, puis à Montréal-Nord et à Rosemère.

Une popularité nouvelle

S’il est séduit par sa région d’adoption, c’est aussi parce que jusqu’à maintenant, les partisans le reconnaissent sans devenir envahissants.

Joueur désormais établi, mais qui n’est pas encore perçu comme une vedette de l’équipe, il jouit donc d’une popularité qui n’a rien de malsain et qu’il s’assure de bien gérer.

«Plus j’ai de temps de jeu, plus on me reconnaît dans les lieux publics. C’est toujours respectueux jusqu’à maintenant. On me demande seulement si je suis Benjamin St-Juste, si on peut prendre une photo avec moi. J’apprécie ça.

«Je suis conscient que, dépendamment de la façon dont je réagis, c’est mon nom qui est en jeu. Si je suis bête avec un enfant ou un parent, c’est l’impression que je laisse. En public, tu représentes toujours plus que toi-même», a sagement réfléchi le jeune homme de 25 ans.

Comme dans un jeu vidéo

Depuis qu’il a été sélectionné au 74e rang du repêchage de 2021, la vie de St-Juste est un tourbillon.

Entre sa saison initiale marquée par deux commotions cérébrales, un mariage, un camp de football qui a fait rêver 500 jeunes à Montréal et la saison en cours, il s’est retrouvé face aux Aaron Rodgers, Josh Allen et Patrick Mahomes de ce monde.

«Je me dis souvent : wow ! J’ai toujours été fasciné par le jeu vidéo Madden et là, je ne joue plus avec ces gars-là à l’écran, mais je suis sur le terrain face à eux. J’ai toujours ce moment de reconnaissance. Même aujourd’hui, en quittant le terrain après la pratique, je me disais : c’est vraiment ça mon travail ?

«Avec mes amis l’hiver dernier, on s’est fait un trip de ski à Tremblant. On s’est mis à se demander ce qu’on voudrait faire le plus au monde dans la vie. Quand c’est venu mon tour, tous mes chums m’ont fait réaliser que je vivais le rêve. Surtout quand tu viens du Québec... C’était quoi les chances que ça m’arrive ?», a-t-il lancé en esquissant un large sourire.

Un moment d’éveil

En effet, à une époque qui semble aujourd’hui lointaine lorsqu’il jouait son football scolaire avec les Loups de l’école Curé-Antoine-Labelle et les Spartiates du cégep du Vieux Montréal, rien ne semblait le prédestiner à une carrière dans la NFL.

En 2014, il était même retranché d’Équipe Québec, un événement qui a fouetté son orgueil.

Une bourse d’études

Mais c’est surtout un an plus tard, lorsque sa participation à un camp au Michigan lui a valu une bourse d’études complète des Wolverines, dans la NCAA, que le grand éveil s’est produit en lui.

«Ils ont vu mon talent avant que moi-même, je croie en moi. Je suis allé à ce camp juste pour me comparer. Je n’avais aucune idée c’était quoi le système des joueurs trois étoiles ou quatre étoiles, du recrutement et des bourses. Quand ils m’ont dit qu’ils m’offraient une bourse pour quatre ans, je n’avais aucune idée de ce que ça représentait. Je partais de très loin.

«Ça m’a fait réaliser que des gens croyaient en moi et que je pouvais changer ma vie. C’est ce qui a provoqué un tournant en m’amenant la discipline. Je me suis créé de nouvelles valeurs que j’utilise encore aujourd’hui», a-t-il confié.

À la lumière de l’éclosion qu’il connaît cette saison, ce sont des valeurs qu’il risque d’utiliser encore longtemps.

UNE ORGANISATION CRITIQUÉE

S’il y a une seule ombre au tableau dans la belle aventure de Bemjamin St-Juste dans la NFL, c’est que l’organisation des Commanders soulève des tonnes de critiques. Les scandales qui enlisent le propriétaire Daniel Snyder devraient le forcer à vendre cette franchise autrefois parmi les plus respectées. Le Québécois ne cache pas que la situation peut devenir lourde. «Depuis que je suis arrivé ici, c’est un nuage noir au-dessus de notre organisation. Chaque fois qu’il y a quelque chose de bon qui se passe sur le terrain, quelque chose de mauvais se passe à l’extérieur. Ça nous donnerait une belle énergie d’avoir un nouveau départ et de retrouver la confiance des fans», a-t-il affirmé.

LA VIE AVEC JULIA

Durant la saison morte, St-Juste a épousé sa Julia, qu’il avait rencontrée à l’Université du Michigan, où elle était étudiante-athlète comme lui. La spécialiste du 400 m et du relais partage sa vie depuis, et le couple vit ensemble à Reston. «Julia est ma meilleure amie avant d’être ma femme, donc c’est une relation facile. Elle a toujours compris ce qui vient avec la vie d’un athlète, les horaires chargés, les blessures, la fatigue... C’est important de pouvoir vivre avec une personne en qui tu peux mettre ta confiance, être honnête, être vulnérable. Cette personne pour moi, c’est Julia», dit-il en rendant un touchant hommage à sa douce moitié.

L’EXEMPLE DES PARENTS

Né à Montréal d’une mère québécoise et d’un père haïtien, Wilbert St-Juste, Benjamin se dit aujourd’hui reconnaissant non seulement des sacrifices de ses parents dans le cadre de sa réussite, mais du modèle d’inclusion et d’ouverture qu’ils ont projeté. «Le fait d’avoir grandi avec deux cultures est un cadeau. Ça m’a fait connaître, découvrir des environnements que je n’aurais pas connus. Ça m’a permis de m’exprimer correctement dans différents environnements et de comprendre différents points de vue. C’est l’une des plus belles choses qui peut nous être donnée dans la société d’aujourd’hui, d’être capable de se mettre dans les souliers de quelqu’un d’autre», s’est-il exprimé.

UN AUTRE ST-JUSTE

Benjamin ne sera peut-être pas l’unique St-Juste dans la NFL. Son jeune frère Noah, qui évolue à Clearwater Academy, en Floride, a déjà reçu six offres d’universités en première division de la NCAA en vue de l’automne prochain. Receveur depuis sa jeunesse, il a été converti à la position de demi de coin dans la dernière année. Y aura-t-il donc deux frères St-Juste dans la NFL d’ici quelques années ? «C’est sûr !» tranche sans hésiter Benjamin. «À son âge, il est beaucoup plus avancé que moi. Mon frère, c’est moi en version améliorée. Son potentiel est plus haut que le mien. Quand il vient avec moi à Atlanta, on s’entraîne avec des demis de coin comme Jaylen Ramsey, Jaycee Horn, AJ Terrell... Tous ces gros joueurs nous disent : ce jeune-là est vraiment bon !»

UNE PREMIÈRE INTERCEPTION ?

Le 2 octobre à Dallas, le demi de coin, en couverture sur le receveur Noah Brown, pensait bien qu’il venait de réussir sa première interception en carrière dans la NFL. Or, une pénalité pour contact illégal a été appelée contre lui. Ce n’est que partie remise, pour celui qui rêve à ce grand moment. «Quand j’ai vu le mouchoir, je ne voulais pas y croire ! La NFL est très axée sur l’offensive. Après 5 verges, si tu touches au receveur, il y a de grosses chances que ce soit puni. Il y a une grosse emphase là-dessus. Il faut que les fans soient contents et que les gens écoutent à la télévision. Je ne suis pas stressé parce que je sais que le ballon s’en vient vers moi à chaque match. Ça va arriver quand ça va arriver.»