Tennis

Un troisième titre consécutif pour «FAA»

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Intouchable, inarrêtable, invincible. Depuis trois semaines, Félix Auger-Aliassime fait trembler la planète tennis et le Québécois a prouvé une fois de plus dimanche qu’il est l’homme fort de cette fin de saison en raflant un troisième titre d’affilée.

Après les trophées ATP 250 de Florence et d’Anvers, le neuvième mondial s’est emparé titre ATP 500 de Bâle aux dépens du jeune Danois Holger Rune, une étoile montante du circuit, qu’il a dominé 6-3 et 7-5 dans le match ultime, en 1 h 40 min de jeu.

«Ce fut une semaine de rêve pour moi, une semaine fantastique, a souligné le champion lors de la remise des trophées. Quand je suis arrivé ici, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Je jouais bien, mais c’est difficile de maintenir ce niveau.»

Quelle fatigue?

Difficile, surtout lorsque la fatigue de tous ces matchs s’accumule et que les rivaux deviennent de plus en plus motivés à vaincre le monstre.

Rune, 25e mondial à 19 ans, a bien essayé. De toute cette semaine suisse, le Danois est celui qui a donné le plus de fil à retordre à la troisième tête de série. Car hormis ce bris d’égalité perdu au premier set du premier match, contre le favori local Marc-Andrea Huesler, Félix avait tout écrasé sur son passage depuis quatre rencontres.

Y compris le premier joueur au monde, l’Espagnol Carlos Alcaraz, qu’Auger-Aliassime a dominé en demi-finale, samedi.

Profitant de quelques rares largesses de Félix sur son premier service (il a affiché un pourcentage de points gagnés de 78 % sur celui-ci durant l’ensemble de la rencontre), Rune s’est procuré trois balles de bris au second set.

Mais comme à son habitude depuis trois semaines, le neuvième mondial n’a pas tremblé. Il a effacé la première d’un service gagnant sur la ligne de centre. Pour oublier les deux autres, il a chaque fois claqué un as, restant parfait au service durant tout le tournoi (51 en 51).

Un champion complet

Au total, il a frappé 11 as dans ce match. Mais ce n’est pas le seul point qui impressionne chez l’athlète de 22 ans en ce mois d’octobre. Il y a également cette facilité à dominer les longs échanges et à élever son jeu d’un cran dans les moments cruciaux.

Comme dans ce 12e jeu de la deuxième manche, quand il a brisé le service du Danois à sa quatrième tentative. Auger-Aliassime allait ensuite se procurer trois balles de match sur son service, concrétisant la dernière.

Un cri de guerrier

Exalté par ce troisième titre de suite, Félix s’est laissé tomber sur le terrain, avant de se relever et de pousser un cri de guerrier. «Une réaction vraie, qui m’est venue spontanément», a-t-il expliqué.

Car trois titres d’affilée, ce n’est pas rien. Cette saison, l’Espagnol Rafael Nadal et le Serbe Novak Djokovic, deux des joueurs les plus dominants des dernières décennies, ont aussi réussi l’exploit.

Et quatre titres en une saison – Auger-Aliassime avait ouvert son palmarès à l’ATP 500 de Rotterdam, en février -, c’est très bon selon les standards actuels. Seul Alcaraz, avec cinq, a fait mieux cette année. Nadal, Djokovic et Andrey Rublev ont aussi soulevé quatre trophées au bout de leurs bras en 2022.

Sur les terres de Federer

Grâce à cette victoire, Félix se rapproche un peu plus de la finale de l’ATP, qui sera disputée à Turin à la mi-novembre. Il tentera d’assurer sa qualification cette semaine, au Masters 1000 de Paris.

«Je veux vous remercier pour votre support, a humblement déclaré le gagnant à la foule suisse. Vous m’avez poussé à me dépasser, à puiser loin à l’intérieur de moi afin de continuer à me battre.»

Une foule qui l’a adoptée tout au long de ses matchs, après avoir longtemps encouragé Roger Federer, l’immense vedette locale, qui a remporté 10 fois les grands honneurs dans la ville où il est né.

«C’est drôle, j’ai justement pensé à lui [dimamche] matin, a mentionné Félix. Je me suis dit que ce serait cool de gagner ici, où il a triomphé 10 fois, même si je suis évidemment loin de ce palmarès.»

Tout près de l'objectif

Si Félix Auger-Aliassime enchaîne les tournois en cette fin de saison, c’est qu’il est tout près d’atteindre l’un des objectifs qu’il s’était fixés pour cette campagne 2022 : une qualification pour la finale de l’ATP, qui regroupera à Turin, à compter du 13 novembre, les huit meilleurs joueurs de l’année.

Et le Québécois jouait gros à Bâle. Une défaite expéditive, combinée à de belles performances de ses plus proches poursuivants, l’Américain Taylor Fritz et le Polonais Hubert Hurkacz à Vienne, l’aurait éloigné de son but.

Un saut d’un rang

C’est finalement le contraire qui s’est produit. En soulevant le trophée en Suisse dimanche, le joueur de 22 ans a aussi grimpé au sixième rang de la «course», un classement qui diffère du palmarès officiel de l’ATP, dans lequel Félix renouera avec le huitième échelon lundi.

Le classement de la «course» tient en compte les points accumulés par les joueurs depuis le début de la saison. Celui de l’ATP compile ceux obtenus au cours des 52 dernières semaines.

Septième dans le classement pour Turin au début de la dernière semaine, Félix a fait un saut d’un rang et sera le prochain à obtenir son billet.

Deux places sont encore disponibles pour le prestigieux tournoi. Le Serbe Novak Djokovic, 10e, est déjà qualifié en raison de son classement mondial et de sa victoire à Wimbledon.

Andrey Rublev est l’autre joueur qui est le plus près d’acheter son billet d’avion pour l’Italie.

Autre semaine cruciale

Mais attention : Félix jouera encore gros au Masters 1000 de Paris dès mardi. Fritz se retrouve dans la même portion de tableau que la fierté de L’Ancienne-Lorette.

Même s’il est très, très près du but, un faux pas d’Auger-Aliassime à son premier match, jumelé à une longue semaine de l’Américain ou de Hurkacz, pourrait repousser à l’an prochain sa première présence au tournoi de fin d’année.

En vertu de son statut de tête de série à Paris, le Québécois bénéficie d’un laissez-passer au premier tour. En deuxième ronde, il affrontera le gagnant du duel opposant le Kazakh Alexander Bublik, 38e mondial, qu’il a déjà vaincu à Bâle, et du qualifié suédois Mikael Ymer, 76e.

«C’est une longue série de victoires, mais ce n’est pas fini a souligné un Félix confiant, dimanche. J’espère continuer sur cette lancée.»