Tennis

Eugenie Bouchard perd une longue bataille

Stéphanie Myles

Publié | Mis à jour

GUADALAJARA, Mexique - Lorsque Jelena Ostapenko produit des rafales de coups gagnants irrécupérables, dirigés vers tous les coins du terrain, même les meilleures joueuses sur le circuit WTA ne trouvent pas des solutions pour la contrer.

Ces rafales ne se produisent pas assez régulièrement ces jours-ci pour la Lettone de 25 ans, certainement pas au même niveau de ses belles années, alors qu’elle était no 5 mondiale et championne de Roland Garros en 2017.

Mais Ostapenko a eu deux de ces éclairs de génie lors de son match de deuxième tour contre la Québécoise Eugenie Bouchard à l'Open de Guadalajara mercredi.

Et ce fut assez pour remporter la victoire.

La première s’est produite lors de la première manche, pour effacer un bris de service de Bouchard. La deuxième est survenue au début de troisième manche – avec un peu d’épice, après que Bouchard ait confortablement gagné la deuxième.

En fin de compte, la tête de série no 12 l'a emporté 7-5, 2-6, 6-1 et affrontera Veronika Kudermetova ou la Croate Donna Vekic au troisième tour.

«La fille contre qui j’ai joué aujourd’hui est une très bonne joueuse. Et lorsqu’elle est ‘on’, elle peut vraiment tout faire sur un terrain de tennis, a déclaré Bouchard après la défaite. Elle a eu des hauts et des bas, et je pense que moi j’étais comme ça aussi. Mais quand elle est sur une bonne voie elle est difficile à battre.»

Voyez l'entrevue avec Eugenie Bouchard dans la vidéo ci-dessus.

Bouchard, qui a bénéficié d’un laisser-passer des organisateurs, et Ostapenko ne s'étaient jamais affrontées en simple, même si elles se sont entraînées ensemble et ont même fait équipe en double, notamment aux Internationaux des États-Unis en 2017.

Ce fut un bon test pour le niveau de Bouchard et si elle n'a pas pu surmonter la rafale qu’Ostapenko lui a fait subir dans le troisième set, elle peut retirer de nombreux points positifs de son séjour à Guadalajara.

Sa victoire au premier tour contre la qualifiée américaine Kayla Day pourrait bien avoir été le premier match depuis son retour qu'elle était supposée gagner. Les moments où Bouchard était la favorite se sont fait assez rares depuis quelques années, et ils amènent une toute autre pression.

Son attitude compétitive a été exemplaire. Son niveau de cardio aussi, étant donné la longueur de certains échanges et l’altitude à Guadalajara.

Il y a eu très peu de signes de frustration, pas de raquette envoyée dans les airs, ou le sentiment qu’elle était découragée dans les moments difficiles.

Elle se battait pour chaque point.

C’est remarquable, quand même. Tous les éléments de son jeu sont revenus après seulement quelques tournois, depuis l’intervention chirurgicale à son épaule droite et plus d’un an de réhabilitation.

Sa technique fait même penser à ses premières années, avant qu’une multitude d’entraîneurs aient tous essayé de mettre leur propre empreinte sur son jeu.

Certains éléments de son jeu sont même meilleurs qu’ils ne létaient au cours des cinq dernières années assez mouvementées.

Généralement, les joueuses qui se font opérer à l’épaule ont beaucoup de misère à retrouver leur rythme et, surtout, la vélocité sur le service.

On n’a qu’à penser à la Québécoise Aleksandra Wozniak, qui n’y est jamais arrivée et a dû prendre sa retraite.

«Je dois avouer que je suis un peu surprise de la manière que je me sens sur le service. Je pense que c’est même mieux qu’avant. Un peu plus de vitesse, et je me sens un peu plus confiante lorsque je lance la balle en l’air, a dit Bouchard. Je n’ai pas encore la constance que je veux, mais je pense que je peux encore l’améliorer et que ça pourra devenir un vrai outil dans mon jeu.»

Si la pause forcée a été bénéfique, au-delà du fait qu’elle peut jouer sans la douleur à l’épaule, elle semble avoir appuyé sur une sorte de bouton de réinitialisation dans toutes les facettes.

Bouchard grimpera de près de 100 places avec son gain au premier tour à Guadalajara, et se trouvera à l'intérieur du top 350.

Elle pourrait participer à deux autres tournois cette saison, alors qu'elle essaie d'accumuler des matchs pour commencer 2023 au meilleur de sa forme.

Ce sont des tournois de moindre envergure: des tournois de type «Challenger» WTA 125 à Tampico, au Mexique et à Midland, au Michigan.

Elle aurait besoin d’une demi-finale à l'un d'entre eux et peut-être une ou deux victoires à l’autre pour entrer dans le top 250 du classement, et ainsi avoir des grandes chances d’être admise directement aux qualifications aux Internationaux d'Australie en janvier.

Mais comme elle n'a utilisé qu'une seule de ses deux occasions autorisées pour le classement protégé de no 118 dans les tournois du Grand Chelem (à l'US Open), elle n'a aucune inquiétude, si jamais elle n’y arrive pas grâce à son classement actuel.

Pour l'instant, si jamais il y avait une ouverture de dernière minute sur l'équipe canadienne pour les finales de la Coupe BJK, Bouchard a déclaré qu'elle ne jouerait pas.

«J’ai besoin de matchs. Et les chances que je joue des vrais matchs à la Coupe BJK sont très basses, alors je préférerais jouer un tournoi ITF ou faire une semaine d’entraînement, a déclaré Bouchard. J’ai hâte de finir la saison avec une bonne énergie, et me préparer pour l’année prochaine.»

Bonne entrée en matière pour Denis Shapovalov

Agence QMI

Le Canadien Denis Shapovalov a quant à lui bien amorcé son parcours au tournoi de tennis de Stockholm en disposant du Suisse Antoine Bellier en deux manches de 6-4 et 7-5 au deuxième tour.

Ayant bénéficié d’un laissez-passer, le 20e joueur mondial et quatrième favori de la compétition a eu besoin de 1 h 22 min pour vaincre le détenteur du 192e rang de l’ATP.

Shapovalov a réalisé deux bris en quatre tentatives et n’a pas eu à sauver son service une seule fois. Il a remporté 32 des 37 points disputés quand il avait les premières balles en main. De plus, il a eu le dernier mot dans 71 % des échanges effectués sur son second service.

À l’étape suivante, l’Ontarien affrontera l’Australien Alex de Minaur, cinquième tête de série et 23e raquette du circuit professionnel, ou l’Américain J.J. Wolf (56e).

Par ailleurs, du côté d’Anvers, en Belgique, le Québécois Félix Auger-Aliassime croisera le fer jeudi avec le Français Manuel Guinard, un «lucky loser» classé au 148e échelon mondial. «FAA» est le deuxième favori de cet événement et a obtenu un laissez-passer pour le deuxième tour.