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CF Montréal

Entraîneur de l’année: «Nancy doit l’emporter»

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On a appris jeudi que Wilfried Nancy était parmi les trois finalistes pour le titre d’entraîneur de l’année dans la MLS et pour ses joueurs, il est le gagnant tout désigné.

«Pour moi, c’est lui qui doit l’emporter. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas fait les séries l’an passé et qu’on les fait avec autant de succès cette année», a insisté Samuel Piette.

«C’est tout simplement pour le travail qu’il a fait, mais aussi pour la personne qu’il est. Tout le monde l’apprécie comme personne et pas seulement en tant qu’entraîneur, ce qui est super important.»

Nancy, un homme posé et humble, a eu une réaction bien à son image.

«Je suis un être humain avant tout, donc c’est de la fierté, bien sûr. Mais je ne suis pas tout seul, il y a un personnel derrière et il y a surtout les joueurs parce que j’ai beau mettre des idées en place, si les joueurs n’adhèrent pas, je suis dans la merde.»

On insiste, Nancy a tout sauf la grosse tête et pourtant, il pourrait. Effectivement, il a mené son équipe au troisième rang de la MLS cette saison, une équipe à qui on accordait à la limite une place en séries éliminatoires sur le fil avant que la saison ne commence.

«Je sais d’où je viens, a expliqué Nancy. Que je gagne ou que je ne gagne pas, le plus important, c’est qu’on reconnaisse le travail. Il y a aussi du sacrifice, mais il y a surtout du plaisir.»

L'aspect humain d'abord

Mais l’entraîneur de deuxième année est aussi capable de lancer une blague pour faire rigoler tout le monde et il n’y a pas manqué, vendredi.

«Il ne faut pas s’enflammer parce que peut-être que dans trois ans, j’entraînerai Chicoutimi. On ne sait ce qui peut se passer.»

Rigoureux - on l’a d’ailleurs vu hausser le ton à l’entraînement en matinée -, Nancy sait surtout être à l’écoute de ses hommes et c’est ce qu’ils apprécient le plus de lui.

«Il est très bon pour gérer l’humain en premier. Il a essayé de garder tout le monde mentalement prêt et c’est pourquoi nous avons eu du succès cette année», a souligné Piette qui en a rajouté.

«C’est le meilleur entraîneur [que j’ai eu] pour la manière de gérer son groupe et quand tu lui parles, tu vois qu’il écoute et qu’il cherche des manières de t’aider à progresser.»

«Quiconque connaît Wil respecte l’humain avant même de commencer à parler de ses qualités comme entraîneur, a ajouté Kamal Miller. Il est très honnête et c’est ce que les joueurs veulent : un entraîneur qui va être franc avec eux.»

Dans l’inconfort

Et comme Nancy est humain, il avoue candidement qu’il a lui aussi progressé au cours de la dernière saison.

«Cette année, j’ai appris à être confortable dans une situation inconfortable. Des fois, on doit être tranchants et froids avec les joueurs sur des décisions et ce n’est pas facile.»

«Je pars du principe que 99 % du temps, les joueurs que j’ai veulent bien faire, mais des fois, je dois être dur ou exigeant avec eux et des fois, je dois prendre des décisions et ce n’est pas facile, parce que je suis un être humain.»

On se demande maintenant ce qu’il adviendra de son avenir, puisque son contrat vient à échéance à la fin de la saison. Le club détient une option pour 2023. Si Nancy n’a pas voulu aborder le sujet, Piette a été plus loquace.

«Nous, les joueurs, on n’est pas concernés, mais on veut tous que Wilfried revienne avec les deux années qu’on a connues. La stabilité est importante et c’est quelqu’un avec qui on aime travailler. Et lui aussi aime travailler avec nous.»

Deux autres bons candidats 

Face à lui, Nancy a deux bons candidats en Jim Curtin, gagnant du prix en 2020 qui a mené l’Union de Philadelphie au premier rang de l’Association de l’Est cette saison, et Steve Cherundolo, un entraîneur de première année qui a remporté le Supporters’ Shield symbolisant le premier rang dans la MLS, avec Los Angeles FC.

«Ce que j’aime bien de Philadelphie, c’est sa cohérence, a expliqué Nancy. Ils ont une idée en tête. Ce qui est appréciable, c’est qu’ils jouent dans un système et un style de jeu bien établi. Nous, on a un système où on change beaucoup d’animation.»

«LAFC, c’est normal qu’ils soient en haut, ils ont le budget pour ça.»

Et quelles sont ses chances de l’emporter?

«Bien sûr que j’ai des chances. C’est anormal, ce qui se passe. Je suis depuis deux ans à la tête et maintenant, je suis dans les trois finalistes. Si je gagne, tant mieux et si je ne gagne pas, ce n’est pas la fin du monde parce qu’il y a eu beaucoup de reconnaissance dans la façon dont on joue.»