Alouettes de Montréal

Une semaine complexe pour les Moineaux

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Les Alouettes de Montréal entameront lundi la semaine la plus exigeante de leur calendrier régulier.

S’ils veulent maintenir leurs chances de terminer la saison régulière au premier échelon de la section Est, les Moineaux devront trouver le moyen de vaincre le Rouge et Noir d’Ottawa deux fois en seulement cinq jours. Dès lundi, au Stade Percival-Molson, ils pourraient déjà s’assurer de terminer minimalement au deuxième rang de leur division et d’ainsi disputer leur premier match éliminatoire à la maison.

Mais chaque chose en son temps. Pour présenter la meilleure version d’eux-mêmes lundi et vendredi, les hommes de Danny Maciocia auront besoin de puiser au fond de leurs ressources, mais surtout d’être bien préparés.

L’entraîneur-chef des «Als» n’en est toutefois pas à son premier rodéo. Il a eu la chance d’expérimenter des séquences aussi chargées lorsqu’il dirigeait les Eskimos d’Edmonton.

«La bataille de l’Alberta, ça se faisait lundi et vendredi, a rappelé Maciocia en entrevue, dimanche. Je l’ai vécue pendant neuf ans de temps. Il faut avoir un plan en place et être vraiment stratégique. C’est une semaine exigeante pour nos entraîneurs et pour nos joueurs aussi, en sachant que la semaine de pratique est pour deux matchs.»

Le secondeur Tyrice Beverette est prêt à mordre dans ce défi à pleines dents.

«J’adore prendre part à plus de matchs que d’entraînements. C’est quelque chose que nous aimons beaucoup faire. En fin de compte, les deux équipes traversent la même séquence. Personne n’est désavantagé. Mais nous devrons prendre soin de nos corps et nous concentrer sur le premier match.»

Un piège à éviter

Sur papier, les Alouettes ne pourraient demander mieux comme adversaire pour fouler les terrains deux fois en cinq jours. Après tout, le Rouge et Noir (3-11) affiche le pire dossier de la Ligue canadienne de football.

Maciocia craint-il que ses ouailles sous-estiment l’équipe de la capitale nationale? Le 2 septembre dernier, elle avait causé la surprise en disposant des «Als» 38 à 24 à Montréal.

«Je ne pense pas que j'ai besoin d'en parler en détail à nos joueurs, a-t-il lancé. Ils sont conscients du fait que c’est une équipe qui nous a battus à la maison.»

«Il ne faut pas oublier qu'il y a des entraîneurs de l'autre côté qui jouent leur poste pour l'année prochaine. Il y a des joueurs qui vont être des agents libres en 2023. Je m'attends à un maximum d'effort de leur part, que ce soit lundi ou vendredi.»

Aux dires de Beverette, les Alouettes n’auront aucun problème à trouver la motivation pour dominer cet adversaire moins bien nanti.

«C’est très important pour nous d’amorcer les éliminatoires à la maison, a-t-il estimé. Nous pouvons régler cela immédiatement, alors pourquoi risquer d’attendre? Nous avons été excellents ces huit dernières semaines, alors j’ai confiance en mon équipe.»

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«Bev» et sa polyvalence mis à l’épreuve

Lorsque Danny Maciocia a mis sous contrat Tyrice Beverette, en février dernier, il savait qu’il avait fait l’acquisition de bien plus qu’un spécialiste des unités spéciales.

Bien que c’est dans cette facette du jeu qu’il s’est illustré avec les Tiger-Cats de Hamilton, en 2019 et 2021, le natif du New Jersey avait bien plus à offrir.

«”Bev”, quand on l'a signé, on savait que c'était un bon joueur sur les unités spéciales, a expliqué l’entraîneur-chef intérimaire. Mais on savait aussi qu'il pouvait peut-être contribuer sur le côté défensif. Aujourd'hui, on roule un système qui cadre [avec] certaines de ses qualités et ce qu'il amène sur le côté défensif.»

«Il performe à un autre niveau et on va avoir besoin de ce genre de performances dans les prochaines semaines.»

Parlant de grandes performances, c’est Beverette lui-même qui a donné la victoire aux Alouettes face aux Elks d’Edmonton, la semaine dernière, grâce à un jeu spectaculaire sur les unités défensives. Il a retourné une interception sur 100 verges jusque dans la zone des buts au quatrième quart.

«Je suis le genre de personne qui veut exceller dans tout ce que j’entreprends, a noté celui qui a déjà fait partie de l’effectif de 90 joueurs des Bengals de Cincinnati. Malheureusement, auparavant, j’avais seulement la chance de canaliser mon énergie dans les unités spéciales. Je n’ai jamais voulu être enfermé dans un rôle.»

En 14 parties cette saison, l'athlète de 27 ans a totalisé 43 plaqués défensifs et 13 plaqués sur les unités spéciales. Il affirme d’ailleurs déjà se sentir bien à l’aise dans la métropole québécoise, autant sur le terrain qu’à l’extérieur.

«Ma situation était difficile avant [de me joindre aux Alouettes], a-t-il confié. Ils m’ont accepté à bras ouverts dès le premier jour. J’ai pu jouer beaucoup et nous avons gagné plusieurs matchs.

«Je me sens définitivement à la maison.»

Un jeune vétéran

Même s’il n’en est qu’à sa troisième saison dans la Ligue canadienne de football, Beverette a un des bagages d’expérience les plus intéressants de l’équipe.

En 2019 et en 2021, avec les Tiger-Cats, il a atteint la grande finale de la coupe Grey. Chaque fois, l’équipe de Hamilton a baissé pavillon face aux puissants Blue Bombers de Winnipeg dans le match ultime.

Ces échecs au fil d’arrivée lui ont permis d’apprécier davantage à quel point la route vers un championnat est sinueuse.

«Ce n’est pas facile, a-t-il dit. Ton départ n’a aucune valeur; c’est la façon dont tu finis qui importe. Quand tu te rends en éliminatoires, la fiche de ton équipe n’est pas un facteur. Et quand l’enjeu est grand, la pression l’est aussi.»