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Canadiens de Montréal

Ce n’est pas le temps des bonbons!

Ce n’est pas le temps des bonbons!

Michel Therrien

Publié 04 octobre
Mis à jour 04 octobre

Commençons avec des nouvelles encourageantes chez les Canadiens de Montréal, malgré des résultats décevants dans les cinq premiers matchs préparatoires, qu’ils ont tous perdus. 

De tous les jeunes présents au camp d’entraînement, Kaiden Guhle et Juraj Slafkovsky se sont particulièrement démarqués. Ce sont eux qui m’ont le plus impressionné. Ils m’ont démontré qu’ils peuvent jouer dès maintenant dans la Ligue nationale de hockey. Je n’ai pas non plus détesté Jordan Harris. Tous les autres ne m’ont pas convaincu. Du moins pas encore.

Il ne faut pas arriver dans la LNH par défaut. Il faut le mériter. 

Ce sont les joueurs eux-mêmes qui décident, par leurs performances, s’ils auront l’occasion de se faire valoir au plus haut niveau. Ça devrait toujours aller au mérite. Ça ne devrait jamais être un bonbon! 

Lundi, j’ai senti Slafkovsky bien plus impliqué et confiant que précédemment. J’ai adoré son match contre les Maple Leafs de Toronto. C’était son meilleur jusqu’à maintenant. Plus il va acquérir de l’expérience du hockey nord-américain, plus il sera constant.

Tout comme moi, les dirigeants du Tricolore ont déjà leur petite idée des jeunes qui ont leur place dans la LNH, dont Slafkovsky. Les leaders de l’équipe voient eux aussi ceux qui n’ont pas d’affaire là.

Tu ne deviens pas automatiquement meilleur en jouant dans la LNH. Au contraire, ça peut même te nuire. 

S’ils ne sont pas prêts à faire le saut immédiatement, qu’ils aillent poursuivre leur développement dans la Ligue américaine. Laval, c’est juste l’autre bord du pont après tout! Ce n’est pas comme dans mon temps, lorsque le club-école était installé à Hamilton. C’est bien moins compliqué aujourd’hui. 

On verra qui fera le mieux là-bas et méritera d’être rappelé à Montréal lorsque ce sera nécessaire.

Trop de monde à messe!  

Les Canadiens ont commis une erreur en invitant 74 joueurs au camp d’entraînement. C’est beaucoup trop à mes yeux.

Le camp doit normalement servir à évaluer les joueurs les plus susceptibles de commencer la saison à Montréal, dont les meilleurs espoirs de l’organisation. Mais pas tous.  

C’est très important de faire de l’enseignement auprès d’eux. Mais la classe débordait de monde! Dans ces circonstances, c’était une tâche impossible. 

Ce n’est pas idéal d’avoir autant de joueurs. Lorsque j’étais entraîneur, je n’en voulais pas plus de 55. J’avais l’approbation de Marc Bergevin à ce sujet. C’est d’ailleurs crucial que le «coach» et le directeur général travaillent en collaboration. 

Il ne faut pas oublier qu’il y a eu un camp de développement en juillet, la préparation pour le Championnat mondial junior en août et le camp des recrues en septembre. Ça en fait du camp!

À mon avis, le camp d’entraînement devrait être réservé exclusivement aux pros et aux jeunes qui ont vraiment impressionné au camp des recrues. 

Il ne faut pas donner la chance à tout le monde. Encore une fois, ça se mérite. C’est ma philosophie. La plupart d’entre eux ne joueront pas à Montréal cette année de toute façon.

Un «coach» doit être égoïste. Lorsque je dirigeais, je pensais à la saison à venir et non pas à faire plaisir à tout le monde au camp d’entraînement. Je me concentrais le plus rapidement possible sur les joueurs qui avaient le plus grand potentiel de faire partie de la formation au match d’ouverture. 

Le camp devrait servir à créer une identité collective et à développer une chimie entre les joueurs. Il faut aussi établir un lien de confiance avec les entraîneurs pour qu’ils croient à leurs enseignements.

Plus les jours avancent, plus ils doivent apprendre à travailler ensemble. J’ai déjà eu des camps où les gars avaient juste hâte de se retrouver entre eux pour se bâtir une chimie pendant les entraînements et ensuite dans les matchs.

Après avoir terminé au dernier rang du classement général la saison dernière, ce n’est pas le temps de distribuer des «nananes» au camp. On doit passer aux choses sérieuses.

Les victoires, ça compte

C’est inquiétant que les Canadiens aient perdu leurs cinq premiers matchs préparatoires. Sans victoire, ça ébranle la confiance du groupe. Ça prend un bon camp pour bien commencer la saison. 

Quand je suis arrivé en poste à Montréal en 2012, l’équipe avait fini dernier dans l’Est et en 28e place (sur 30) au classement général la saison précédente. Après avoir connu un bon camp, on a amorcé la campagne en force, avec six victoires dans les huit premiers matchs. Ça nous a donné un élan pour la suite. Aidé par cet excellent départ, on a réussi à conclure la saison en tête de la section Atlantique, devant les Bruins de Boston, ce qui nous a permis de se qualifier pour les séries éliminatoires.

C’est si important pour la confiance des troupes de démarrer sur les chapeaux de roue. Quand tu n’obtiens pas de bons résultats dans le calendrier préparatoire et tôt dans la campagne, ça mine l’ambiance dans le vestiaire.

Cette semaine est donc déterminante pour le CH en vue du début de la vraie saison. Ça va passer vite!

Le 12 octobre, la «switch» ne se mettra pas à «on» toute seule! Il faut absolument que les joueurs sortent leur bottes de travail et mordent à pleines dents dans leur «mouthpiece» pour attaquer les dernières rencontres hors-concours.

La défaite ne doit jamais être acceptable. Que tu sois en reconstruction ou non.