Hockey

Série du siècle: la mention d'aide jamais décernée à Cournoyer

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Le 28 septembre 1972, le Canada remportait le huitième et ultime match de sa confrontation contre l'Union soviétique. 50 ans plus tard, Yvan Cournoyer se souvient des moments inoubliables auxquels il a lui-même été complice. 

«J'ai eu une passe, mais ils ne me l'ont jamais donnée. Ça ne me dérange pas », dit en riant le roadrunner en parlant du fameux but de Paul Henderson à 34 secondes de la fin du huitième match pour donner les devants 6 à 5 à l'Unifolié canadien. Cournoyer était celui qui avait nivelé la marque plus tôt en milieu de troisième période.  

«Quand Paul a marqué, il m'a sauté dans les bras. Il m'a dit qu'il pensait m'avoir cassé le dos. J'ai répondu qu'il n'avait pas à s'inquiéter, il était moins lourd que la coupe Stanley», raconte l'ancien joueur des Canadiens à Jean-Philippe Bertrand dans le podcast La Dose

On oublie souvent que Paul Henderson et Yvan Cournoyer n'ont pas seulement livré la marchandise dans le match ultime. En fait, Paul Henderson a inscrit les buts gagnants des sixième, septième et huitième matchs de la série. 

Les numéro 12 et 19 sont parmi un groupe sélect de sept joueurs canadiens qui auront disputé tous les matchs de la série. Le Québécois a récolté trois buts et deux passes durant cette séquence, contre sept buts et trois passes pour l'Ontarien.

«Il fallait absolument gagner»

Après les quatre premiers matchs disputés en sol canadien, les hommes d'Harry Sinden traversent l'Atlantique en vue des quatres affrontements suivants à Moscou. De grâce, un congé de 14 jours entre le quatrième et le cinquième match permet aux Canadiens de s'arrêter à Stockholm au préalable pour disputer deux matchs de préparation, question de s'acclimater aux dimensions des patinoires européennes.

«Sans les matchs en Suède, nous perdions assurément à Moscou. Les angles sont complètement différents, et ça fait que la game est complètement différente», confie Cournoyer.

L'homme originaire de Drummondville explique aussi qu'il n'avait pas idée de l'importance que leur duel avait en Amérique. En effet, plusieurs Canadiens avaient congé lors des jours de match. Tous étaient rivés devant leur écran pour voir les joueurs arborant la feuille d'érable tenter de percer l'inébranlable Vladislav Tretiak. 

«En Russie, nous n'avions pas de nouvelles de la maison, ce qui était peut-être mieux comme ça en fait. Nous nous mettions nous-même beaucoup de pression à vouloir gagner, parce que nous étions les favoris, mais aussi pour prouver que nous étions les meilleurs joueurs au monde», renchérit celui qui aura 79 ans en novembre.

Après avoir perdu le cinquième duel, les Canadiens se devaient de remporter les trois matchs suivants s'ils voulaient enlever les honneurs de la série.

The rest is history.

Écoutez l'entretien complet entre Yvan Cournoyer et J.P. Bertrand dans la vidéo en tête de l'article.