Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Athletisme

Les jumelles Puntous toujours dans la course

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Il ne s’en fait pas trois comme les jumelles Sylviane et Patricia Puntous. Pionnières des sports d’endurance en Amérique du Nord, les Québécoises participeront au Marathon de Montréal dimanche.

Jointes par téléphone à leur résidence à Anjou – non loin de leur Montréal-Nord natal – les sœurs Puntous sont les premières à le confirmer : elles forment un tout, une paire inséparable. À l’âge de 61 ans, elles répondent à l’unisson aux questions de l’auteur de ces lignes, malgré le souhait exaucé par ce dernier d’attribuer les bons propos à la bonne personne.

«C’est pas grave, on pense la même chose, que ce soit l’une ou l’autre», rétorque Sylviane en ricanant.

Les jumelles ont tout partagé depuis toujours. Leur carrière en tant qu’infirmières en salle d’opération, certes, mais aussi leur passion et leur talent communs pour l’entraînement.

En 1980, elles participaient à leurs premiers marathons, dont celui de Montréal. Seulement trois ans plus tard, elles terminaient sur les deux premières marches du podium au prestigieux Ironman d’Hawaii – un exploit qu’elles reproduiront l’année suivante.

Après une illustre carrière professionnelle dans le monde du triathlon, elles ont tiré leur révérence pour se dévouer uniquement à la course à pied, à l’âge de 37 ans.

Elles ont ainsi toujours entretenu leur amour pour l’entraînement et la compétition.

«C’est comme une méditation, un bonheur, une liberté, enchaîne Patricia. Quand on ne court pas, on est tellement de mauvaise humeur. Quand on sait qu’on doit prendre une journée “off”, c’est sûr qu’on se chicane cette journée-là.»

«On est très compétitives. Il y a bien du monde avec qui on a compétitionné qui a arrêté. Mais nous, c'est plus fort que nous. On continue et on doit gagner notre groupe d'âge. On aime aller au-delà.»

Un monstre à deux têtes

On pourrait s’attendre à ce que deux athlètes de haut niveau qui s’entraînent quotidiennement alimentent une saine compétition. Pourtant, même si elles assurent se motiver mutuellement, les jumelles Puntous ont toujours considéré la course comme un sport d’équipe.

«C'est sûr qu'on est différentes des autres, constate Patricia. Ce ne sont pas tous les jumeaux et les jumelles qui sont comme ça, c'est juste nous. On fait le sport ensemble, ou on ne le fait pas pantoute.»

«Si on était "top shape” [nos adversaires] affrontaient deux personnes plutôt qu'une, complète sa sœur. C'était physique et tactique. Tu passes de la première place à la troisième place automatiquement.»

Quelque quatre décennies après leurs débuts, les jumelles Puntous prendront part au demi-marathon à la classique montréalaise, dimanche. Il ne s’agit pas d’un dernier tour de piste pour les fougueuses athlètes aux chevelures de feu... loin de là.

«On veut vivre jusqu’à 120 ans et courir jusqu’à 100 ans», conclut Sylviane.

Et on les croit sur parole.