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Boxe

Une décision formatrice pour Arslanbek Makhmudov

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Arslanbek Makhmudov semblait presque heureux d’avoir perdu sa fiche parfaite de 14 K.-O. en autant de combats, vendredi à Montréal. Pour le Russe qui rêve de championnats du monde, ce tout premier combat de 10 rounds valait beaucoup plus qu’un arrêt de l’arbitre.

Makhmudov (15-0, 14 K.-O.) n’a pas raté l’occasion de montrer toute sa force en envoyant deux fois au tapis Carlos Takam (39-7-1, 28 K.-O.), dont la réputation n’est plus à faire chez les poids lourds. Il a d'ailleurs convaincu les juges, qui l'ont unanimement désigné comme vainqueur de ce duel. Mais il a malgré tout avoué avoir «relaxé» à certains moments du combat.

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«Je ne voulais pas précipiter les choses, a expliqué le protégé d’Eye of the Tiger Management (EOTTM). Peut-être que j’aurais pu [lui passer le K.-O.] si j’avais poussé et poussé, mais je n’en avais pas besoin. Je voulais plus de rounds contre un gars d’expérience.»

Zone inconnue

Auparavant, jamais un adversaire n’avait tenu tête à Makhmudov jusqu’au huitième round. Quatre fois seulement, ses combats se sont prolongés au-delà de l’engagement initial.

Son entraîneur Marc Ramsay a donc décelé des détails à corriger, mais il s’agit d’un processus normal compte tenu du manque d’expérience de Makhmudov dans ce genre de situation.

«Il s’est retrouvé dans une zone où il n’est pas habitué, a fait valoir Ramsay. Là, on parle des rounds 6, 7, 8, 9 et 10 – c’est très long tout ça. C’est tout nouveau pour lui, et je pense qu’il aurait pu être un peu plus organisé dans sa technique dans ces rounds-là.»

«C’est un dossier complexe que je lui ai donné. Je l’ai envoyé à l’école solide! Ça nous a permis de voir les choses qu’on veut travailler pour continuer à progresser.»

Même pas mal

C’est notamment au positionnement défensif que Ramsay compte s'attarder. Makhmudov a en effet été surpris par quelques bonnes frappes de Takam. Ces petites failles, qu’on estime pouvoir corriger avec quelques ajustements, ont également permis de voir que le favori local pouvait encaisser.

Makhmudov a d’ailleurs avancé qu’il n’avait «rien senti».

«C’est de la boxe. Ce n’est pas une partie d’échecs, c’est de la boxe!» a-t-il d’ailleurs lancé à la rigolade.

«Je suis heureux parce que les gens doutaient de sa mâchoire, a quant à lui affirmé le promoteur Camille Estephan. Là, on a prouvé qu’il avait une mâchoire. On a prouvé qu’il peut faire des guerres de 10 rounds.»

Opportunités

Cette victoire et la ceinture WBC Silver qui venait avec permettront à Makhmudov de grimper un peu plus dans les différents classements. Il s’approche des Tyson Fury, Oleksandr Usyk et Deontay Wilder de ce monde.

Il ne faut pas s’attendre, toutefois, à voir le Québécois d’adoption affronter l’une ou l’autre des têtes d’affiche de la catégorie dans les prochains mois.

«C’est une question d’opportunités beaucoup plus que d’autres choses, a expliqué Ramsay. Souvent, les combats sont prévus d’avance. C’est de battre les gens qui sont alentour et rester bien positionné pour le jour où on va recevoir l’appel.»

D’ici là, le clan Makhmudov espère recevoir plus d’appels pour d’éventuels pugilats en raison de cette première décision. «Ça m’est arrivé avec d’autres boxeurs par le passé, a lancé Ramsay. Les [adversaires] tombent dans le piège. Tant mieux, ça fait partie de la boxe.»