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Publicité: une décision très controversée

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La publicité prend de plus en plus de place dans le sport professionnel et la Ligue nationale de hockey (LNH) n’y échappe pas. Le récent ajout d’un écusson sur les chandails ne plaît pas à tous, mais il y a fort à parier que les gens s’habitueront, comme ils l’ont fait par le passé.

De nombreux partisans du Canadien de Montréal ont en effet dénoncé l’écusson aux couleurs de la Banque royale du Canada (RBC) qu’arboreront les joueurs pendant les matchs à compter de cette saison. Plusieurs affirment avoir honte. Pour certains, il s’agit d’un désaveu de l’histoire du club. D’autres s’époumonent en affirmant qu’ils vont changer de banque.

Pourtant, il ne s’agit pas de la première intrusion de la publicité dans le monde du hockey. À la fin des années 1980, la grogne s’était aussi fait sentir lorsque les premiers annonceurs ont fait leur apparition sur les bandes du Forum. Le Canadien a longtemps résisté à la tendance, puisqu’elles étaient permises depuis la saison 1978-1979.

Ces affiches sur les bandes ont été suivies de publicités sur la glace. Au cours des années 1990, les équipes ont en effet offert de la visibilité en zone neutre aux plus offrants.

Puis, plus récemment, ce sont les publicités virtuelles qui ont fait leur apparition derrière les filets, sur la baie vitrée. Imposées uniquement aux téléspectateurs, ces publicités permettent aux équipes comme aux réseaux de gonfler leurs portefeuilles. Les Flyers de Philadelphie ont été parmi les premiers à avoir eu recours; c’était lors de la saison 2010-2011.

Finalement, en 2020, ce sont les casques qui ont été visés. Ajoutez à cela les commandites pour les arénas – le Centre Bell était précédemment le Centre Molson, ouvert en mars 1996 –, et vous avez une ribambelle de façons d’engranger les revenus pour les équipes du circuit.

Pas plus?

Si certains voient comme un sacrilège l’ajout d’un écusson sur le chandail de la Sainte-Flanelle, il n’en demeure pas moins que la LNH est très conservatrice à ce chapitre. Après tout, certaines ligues d’Europe, dont la Suisse, n’imposent pratiquement aucune limite à la publicité, de sorte qu’on pourrait presque confondre les chandails avec des courtepointes rapiécées.

Le circuit Bettman ne semble pas vouloir suivre cette voie. C’est du moins ce que pense le propriétaire et président du Canadien, Geoff Molson.

«J'ai mes doutes, ç'a pris beaucoup de temps à la LNH et aux 32 propriétaires pour prendre cette décision. Je serais donc surpris que l'on voie plus de logos sur les chandails», a-t-il fait valoir.

Signe que la LNH veut éviter de froisser ses partisans, ceux-ci pourront dire non à cet écusson lorsqu’ils achèteront des chandails dans les différents points de vente de l’équipe.