Canadiens de Montréal

Nick Suzuki: capitaine dans l'âme depuis toujours

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Nick Suzuki n’est pas qu’un excellent joueur de centre. Il est aussi un habile cachotier. 

Lundi matin, tout juste après l’annonce de sa nomination à titre de 31e capitaine de l’histoire des Canadiens de Montréal, le no 14 confiait avoir été approché à ce sujet par Martin St-Louis il y a un peu plus de deux mois. 

Mais jamais Suzuki n’a, au courant de l'été, jugé opportun d’informer ses parents d’une quelconque possibilité qu’il accède au trône de leader suprême de son équipe, franchise la plus titrée de l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH). 

«Il n’a jamais laissé entrevoir la moindre chose à ce sujet», lance d’abord la mère de Nick, Amanda Suzuki, jointe au téléphone quelques minutes à peine après la belle nouvelle concernant son garçon. 

«Il a vraiment géré tout ce processus de son côté, on dirait», ajoute-t-elle, encore un peu incrédule.

Suzuki s'est plutôt tourné vers la méthode la plus «2022» possible pour mettre sa famille au courant des plus récents développement le concernant. 

«Il nous appelé dimanche soir via FaceTime, mon mari et moi. Il nous a demandé si Ryan (son frère) était à la maison et nous lui avons répondu que non. Après quelques essais, nous avons réussi à le joindre, donc nous étions finalement réunis tous les quatre sur la ligne. Nick nous a alors annoncé qu’il allait être nommé capitaine des Canadiens lundi matin lors du tournoi de golf. Je n’ai pas pleuré, mais nous étions tellement tous excités! Quand l’appel s’est conclu, c’est là que je suis devenue plus émotive...»

Amanda Suzuki raconte que son fils lui a confirmé, lors de cet appel, avoir été rassuré ces dernières semaines par quelques discussions tenues avec certains coéquipiers.

«Il nous a longuement parlé de l’impact de sa conversation avec Shea Weber. Elle a eu du poids», prend-t-elle soin d’ajouter. 

L’étoffe d’un capitaine 

Oubliez l’âge ou les statistiques. Nick Suzuki était destiné à devenir capitaine dans la LNH. En fait, il a toujours eu ce qu’il fallait. 

C’est du moins ce que martèle Dale DeGray, le directeur général de la dernière équipe à avoir vu Nick Suzuki arborer un «C» sur son épaule gauche : l’Attack d’Owen Sound. 

Scène plutôt cocasse, l’homme de 59 ans, pris dans une rencontre administrative tout au long de la matinée de lundi, n’avait toujours pas appris la nouvelle de la nomination de Nick Suzuki lorsque l’auteur de ces lignes l’a rejoint. 

«Quoi? Tu ne blagues pas?! C’est vraiment officiel? Wow! Je suis tellement content pour lui. Il le mérite sans bon sens.»

DeGray est celui qui a repêché Suzuki en première ronde (14e au total) du repêchage OHL de 2015. Il l’a vu grandir au sein de son organisation et a joué un rôle majeur dans la décision de le nommer capitaine en 2018. Il le connaît donc très bien et sait pertinemment quel genre de meneur il sera pour le CH.

«Nick est un joueur de hockey formidable, mais il est meilleur en tant que personne qu’en tant qu’hockeyeur. Ça montre à quel point il est un bon gars! Il a toujours été le coéquipier par excellence. Il n’a jamais regardé personne de haut. Que ce soit un joueur de quatrième trio ou un catalyseur offensif, tout le monde recevait le même traitement avec Nick. Tu dois me croire : il est vraiment quelqu’un de spécial.»

Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

Amanda Suzuki abonde dans le même sens et nous permet elle aussi de comprendre peu à peu à quel type de leader les joueurs et partisans du Tricolore auront droit. 

«Nick est une personne très réfléchie, très calme. Il ne parle pas beaucoup, mais quand il ouvre la bouche, il va droit au but et c’est pour dire quelque chose d’important. Il est aussi un jeune homme qui aime écouter les autres. Tout le monde peut se confier à lui. Que tu aies des hauts ou des bas, Nick sera là pour toi et c’est la raison pour laquelle il sera bon dans son nouveau rôle.

«Il a aussi toujours été très observateur. Il regarde ce que font les meilleurs joueurs et meilleurs leaders de la LNH depuis très longtemps et s’abreuve d’informations à leur sujet. Il n’hésite pas à prendre exemple sur eux.»

Une anecdote révélatrice 

Certaines personnes ont souvent tendance, à tort, à associer le calme d’un individu à un manque d’assurance. 

Mais Suzuki, qui n’est pas la personne la plus extravagante sur Terre, n’aura, jure DeGray, aucun problème à s’imposer dans les moments corsés, car il a justement une grande confiance en ses moyens. Il raconte à ce sujet une anecdote l’ayant marqué. L’histoire se passe alors que le joueur de centre n’a que 15 ans.

Crédit photo : Photo d'archives, AFP

«Quelques jours avant qu’on repêche Nick en 2015, nous hésitions entre lui et l’un de ses coéquipiers chez les Knights junior de London. Nous avions donc convoqué les deux joueurs, séparément bien sûr, en entrevue. Nous avions d’abord reçu le coéquipier de Nick et nous avions tout bonnement demandé qui était selon lui le meilleur joueur entre Suzuki et lui. 

«Il nous avait répondu : "honnêtement, Nick est le meilleur."

«Puis, lors de notre rencontre avec Nick, nous lui avions posé la même question. Il nous avait alors regardé droit dans les yeux et nous avait lancé très calmement : "autant l’autre joueur est un excellent hockeyeur, autant je crois être le plus talentueux, c’est clair." 

«Et cette confiance en lui et envers ses habiletés constitue une sorte de force tranquille qui le caractérise. Il croit en lui calmement et humblement, si on peut dire ça comme ça. De tels propos ne sont pas le fruit d’une quelconque arrogance chez Nick. Il dit les vraies choses et croit en ce qu’il te dit. Cette discussion, sans que nous ne le sachions à ce moment, mettait parfaitement la table pour ce que Nick Suzuki allait apporter à Owen Sound.»

Pour Amanda Suzuki, il est évident que son garçon abordera la prochaine saison, la première d’un règne qu’il espère long et rempli de succès, avec une énergie contagieuse.  

«En tant que parents, jamais nous n’aurions pensé qu’il allait être nommé capitaine des Canadiens à l’âge de 23 ans. Mais à bien y penser, je crois qu’il a prouvé ces dernières années qu’il avait ce qu’il fallait. Je peux vous assurer qu’il portera cette lettre avec énormément de fierté.»

Parmi les 30 capitaines du CH ayant précédé le polyvalent droitier dans son nouveau rôle, certains ont marqué l’histoire pour les bonnes raisons, alors que d’autres n’ont tout simplement pas répondu aux attentes liées à un tel poste.  

Talentueux, fier et possédant des aptitudes personnelles aussi variées qu’intéressantes, Nick Suzuki semble avoir tous les outils pour faire de son mandat une réussite. Y parviendra-t-il? 

C’est maintenant à lui de jouer.