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Photo : Alexis Lafrenière est rejoint par Barclay Goodrow après avoir fait bouger les cordages dans un match contre les Penguins de Pittsburgh en mars dernier. Crédit : Photo d'archives, AFP

LNH

Lafrenière donne des conseils à Slafkovský

Publié | Mis à jour

Alexis Lafrenière découvre encore la frénésie d’une grande ville comme New York. 

À l’aube de sa troisième saison avec les Rangers, l’ailier de 20 ans passe relativement incognito à Manhattan. Il reste une étoile à devenir dans une mégalopole remplie de grandes vedettes. 

Lafrenière a mis le cap sur New York depuis déjà près de trois semaines. Il patine et s’entraîne au complexe d’entraînement des Rangers à Tarrytown, une petite ville du comté de Westchester qui est bordé par la rivière Hudson. 

Ici, on est loin de la folie de Times Square. Il y a de petits cafés, des restaurants et un vieux théâtre sur la Main. Les gratte-ciel sont inexistants, tout comme les taxis jaunes. 

Alexis Lafrenière
Crédit photo : Photo Jean-François Chaumont

À White Plains, où le numéro 13 des Rangers partage un appartement pour l’été avec Samuel Blais, c’est aussi tranquille. Il y a de grandes chaînes de restaurants, des magasins à grande surface comme Target, une chaîne qui a rendu l’âme au Québec, et une station de train qui vous mène à Penn Station, tout juste à côté du Madison Square Garden, en près d’une heure. 

«Dans quelques jours, je déménagerai à Manhattan, je me suis trouvé un appartement, raconte Lafrenière. Je voulais rester proche du Madison Square Garden et être dans le cœur de New York. Je trouve ça le fun de pouvoir passer du temps en ville. C’est l’une des plus belles villes au monde. Il y a toujours des trucs à découvrir.»

«L’an dernier, je restais à White Plains. Je ne pense pas qu’il s’agit d’une grosse transition. Quand tu joues au hockey, tu es occupé et tu restes dans ta routine. Mais c’est le fun d’être à New York. Dans les jours de congé, je pourrai me promener à Manhattan, magasiner et aller au restaurant avec les gars. Il y a toujours des choses à faire.»

Une petite pointe de tarte

Lafrenière sortait d’un entraînement avec une dizaine de coéquipiers des Rangers, dont Adam Fox, Jacob Trouba, K’Andre Miller et Blais, quand il a rencontré le représentant du Journal de Montréal. 

Vêtu d’un coton ouaté portant les lettres de NYC et d’une casquette des Red Sox de Boston, l’équipe ennemie des Yankees, le jeune homme originaire de Saint-Eustache se retrouvait dans un contexte beaucoup plus calme pour jaser de sa réalité avec les Rangers et à New York.  

«Je mène une vie bien normale, dit-il. Je peux me faire reconnaître une fois de temps en temps, mais ça reste assez rare. La ville est assez grosse et il y a deux équipes dans tous les sports professionnels. Je ne suis pas une grande star ici! Je peux signer un autographe ou prendre une photo à l’occasion, mais ce n’est rien de dérangeant.»

Au pays des Yankees, des Mets, des Giants, des Jets, des Knicks et des Nets, les Rangers n’ont pas le monopole.  

«Oui, c’est bon comme environnement, je trouve qu’il y a un bon équilibre, a-t-il répliqué. Oui, c’est un gros marché de hockey. Il y a plusieurs médias qui couvrent les Rangers et nous jouons devant des gradins remplis au MSG. C’est super agréable. Mais il y a tellement d’autres sports à New York. Il n’y a pas juste les Rangers qui attirent l’attention. Ça donne un peu plus de lousse.»

La magie du MSG

Les yeux de l’ancien de l’Océanic de Rimouski s’illuminent quand il parle de l’amphithéâtre des Rangers. 

«J’adore réellement l’ambiance au MSG. On dirait qu’il y a un truc magique dans l’air. C’est bruyant du début à la fin. Quand on marque un but, c’est complètement fou. Il y a aussi des routines chez les partisans et ils ont des cris spéciaux.» 

Cette ambiance particulière d’un match à la maison, Lafrenière n’a pas pu la partager immédiatement avec ses proches. À sa saison recrue en 2020-2021, il était seul sur son île en raison des restrictions liées à la pandémie de la COVID-19.

«Je n’ai pas vu ma famille et mes amis pendant six ou sept mois. Je me retrouvais aussi dans un nouveau pays. Oui, je parlais bien anglais, mais ce n’est pas ma langue maternelle. Il y avait une adaptation. Quand tu as 19 ans, tu ne sais pas trop à quoi t’attendre. Tu n’as pas la même assurance dans la vie. J’ai reçu l’aide des gars ici. Je me sens toujours de plus en plus confortable.» 

«Mes parents et ma sœur ont regardé pour une première fois un match au MSG à ma deuxième saison dans la LNH. Ils étaient là pour le match d’ouverture à New York. Et à notre troisième match de la saison, nous étions à Montréal. J’avais marqué au Centre Bell dans une victoire.» 

«Ça m’a fait de quoi»

Lafrenière et Juraj Slafkovský partageront toujours la même réalité dans la LNH, celle de vivre avec la pression d’un premier de classe à un repêchage. 

En 2020, Lafrenière a connu ce sentiment lors du premier de deux repêchages virtuels en devenant le premier choix des Rangers de New York. Après Owen Power avec les Sabres de Buffalo en 2021, Slafkovský a reçu le même honneur par le Canadien en juillet dernier.

On perçoit rapidement une petite déception dans la voix de Lafrenière en parlant du repêchage de 2022. 

«Je n’étais pas au Centre Bell. Ça m’a fait de quoi. Ça devait être mon année pour le repêchage à Montréal. J’aurais aimé vivre les émotions d’un repêchage à la maison devant ma famille et mes amis. J’aurais trouvé ça cool. Je n’y peux rien. J’ai quand même eu une belle expérience avec le repêchage virtuel. Ça reste le même résultat, je me suis fait repêcher.» 

« C’était spécial. Je me souviens que j’avais vu des images de l’Empire State Building qui était aux couleurs des Rangers et qu’il y avait mon visage sur Times Square avec un mot en français pour m’accueillir. Je capotais un peu. Je viens d’une petite ville à Saint-Eustache. Je trouvais ça gros, j’étais surpris. Mais c’était un bon moment.»

De ses expériences personnelles, Lafrenière aurait une recommandation bien logique pour le futur numéro 20 du Canadien. 

«Je lui dirais de rester lui-même et de jouer son jeu. Peu importe si ça va bien ou moins bien, il doit demeurer terre à terre. Il y a tellement de bons joueurs et de bonnes équipes dans la LNH. Il y a des soirs où c’est plus dur. C’est juste normal. »

Des attentes à gérer

Lafrenière n’a pas la tête dans le sable: il sait qu’il y a des attentes reliées à un premier choix au total.  

«Je ne me dis pas tous les jours que je suis un premier choix au total et que je dois faire ceci ou cela, a-t-il répondu. J’essaye juste de m’améliorer comme joueur et de connaître de meilleures saisons d’année en année. Je garde cette mentalité où je veux voir une progression dans mon jeu.»

«Je pense que ça se passe bien. Je ne suis pas un gars qui subit la pression de sa famille ou de ses amis. Je me place une pression moi-même sur mes épaules. Mais je sais qu’il y a des moments où ce n’est pas facile. Malgré ça, tu dois toujours trouver des façons d’avoir du plaisir et de bien jouer.»

À ses deux premières saisons dans la LNH, Lafrenière n’a pas encore atteint le statut d’un joueur d’exception. Mais il y a une progression dans son jeu avec des saisons de 21 points en 56 matchs et de 31 points en 79 matchs. L’an dernier, le numéro 13 a surtout élevé son jeu lors du long parcours des «Blue Shirts» en séries.