Crédit : RENÉ BAILLARGEON/AGENCE QMI

Sports divers

Karaté Kenpo : un jeune Québécois aux Championnats du monde

Publié | Mis à jour

À seulement 12 ans, le Québécois Hugo Bourguignon a entamé les préparatifs pour se rendre à Killarney, en Irlande, afin d’y participer aux Championnats du monde de la World Karate and Kickboxing Commission (WKC), qui réuniront certains des meilleurs karatékas de tous les âges et de partout à travers le monde, du 8 au 13 octobre.

Celui qui vient tout juste d’entamer son parcours scolaire au secondaire a obtenu son billet pour cette compétition internationale, dans le style Kenpo, dans la catégorie des 11-12 ans, en terminant au troisième rang du Championnat canadien, le 19 mai, à Ottawa.

«Je ne réalisais pas trop le moment», a d’ailleurs admis le principal intéressé, joint au bout du fil.

Mais maintenant qu’il est à moins d’un mois de traverser l’océan Atlantique pour pratiquer son sport, il réalise l’ampleur de sa réussite «un peu plus qu’avant».

Pour parvenir à ses fins, le karatéka, qui fêtera ses 13 ans une semaine avant le début de la compétition en Irlande, a redoublé d’efforts dans les dernières années. Malgré la pandémie, il a continué de suivre ses cours, même s’il devait le faire en virtuel.

«On ressent beaucoup de fierté. C’est une récompense de lui permettre d’aller là-bas parce qu’il fait beaucoup d’heures d’entraînement», s’est réjouie sa mère, Nathalie.

«C’est un jeune qui a un grand cœur, qui ne dérange pas, il fait ses affaires. Au niveau karaté, c’est un très bon karatéka», a ajouté le propriétaire des Studios Unis de L’Ancienne-Lorette, où s’entraîne Hugo Bourguignon, Yvan Allard, qui admet aussi que son protégé a fait de grands progrès dans la dernière année.

Pas comme dans les films

Encore très jeune, Hugo se cherchait une activité à pratiquer. Contrairement à plusieurs jeunes Québécois, il ne s’est pas tourné vers un sport populaire comme le hockey ou le soccer. Une seule visite lui a suffi pour tomber en amour avec le karaté.

Le style que pratique l’adolescent, le Kenpo, n’est toutefois pas qu’une histoire de combats. Il s’agit plutôt de la «loi du poing», où le karatéka est jugé sur son kata, une série de mouvements codifiés réalisés seul, mimant un combat. Malgré tout, il ne faudrait pas se croire dans un film comme l’immensément populaire «Karate Kid».

«Si tu es là pour pouvoir faire comme dans les films, ce ne sera peut-être pas ce à quoi tu t’attendais», a d’ailleurs averti Hugo Bourguignon.

«Quand le monde parle de karaté, d’arts martiaux, il parle souvent de combats, de contacts, mais ce que je fais c’est plus de la démonstration de kata. On peut relier ça à une danse, c’est une suite de mouvements qui font que ça fait un kata.»

De plus, le karaté n’est pas seulement qu’un sport, selon Yvan Allard. Il permet d’inculquer aux jeunes enfants, même les plus turbulents, une certaine discipline qui les aidera aussi en dehors des écoles de karaté.

«On ne peut pas toujours faire des miracles, mais en grandissant, les jeunes prennent une routine aux consignes et aux règles qu’on a dans les écoles [de karaté], mentionne celui qui agit aussi à titre de directeur-gérant de l’équipe de compétition de son studio. En même temps, les jeunes s’amusent et ils apprennent à se défendre.»

À la recherche de toute l’aide possible

Une saison de karaté à elle seule peut coûter quelques milliers de dollars aux parents d’un karatéka, sans compter tous les sacrifices en temps et en voyagement. Un voyage en Irlande, pour les Championnats mondiaux, entraîne inévitablement des frais supplémentaires, d’où la raison pourquoi les parents d’Hugo Bourguignon font appel au sociofinancement, avec une page GoFundMe.

«Avant la COVID, il y avait des activités de financement. Il y avait de la vente de chocolat. Il y avait aussi ce qu’on appelle des "kicks". Il fallait qu’ils accumulent de l’argent pour des "kicks", mais depuis ce temps-là, il n’y en a pas eu. Là, c’est la première année que ça revient un peu à la normalité», a expliqué la mère d’Hugo Bourguignon.

L’adolescent ne se fie toutefois pas seulement aux dons monétaires des gens. Il a aussi fait du porte-à-porte, dans son quartier, afin de récolter les canettes de ses voisins. Son père lui a même fabriqué un petit pamphlet afin de mieux présenter son projet aux gens.

«Les gens, quand ils communiquaient avec lui, ils étaient contents de savoir : "on sait c’est pour quoi. On voit c’est qui la personne qui fait ça". Il a fait l’effort d’aller porter ça, donc il est reconnaissant.»