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«C’est une excuse d’un jaune»

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Camille Estephan n’a pas mâché ses mots à l’endroit de Newfel Ouatah, qui a causé une véritable commotion au Casino de Montréal, vendredi, en refusant de se battre contre Simon Kean.

Les images ont fait le tour de la planète boxe: au son de la cloche, alors que le combat devait débuter, le Franco-Algérien a posé un genou au sol, un poing en l’air. Évidemment, l’arbitre a immédiatement mis un terme au combat. Ouatah a ensuite expliqué qu’il s’agissait d’une question de «contestation» et «d’assurance».

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Un journaliste de la chaîne française RMC Sports a plus tard obtenu un courriel de la Fédération française de boxe envoyé à Ouatah indiquant qu’il n’avait pas l’autorisation pour se battre et qu’elle se dégageait de toute responsabilité.

Pourtant, Ouatah aurait pu faire les choses différemment. Estephan lui a notamment rendu visite au vestiaire avant le combat et le pugiliste a décidé de garder le silence. Le promoteur, visiblement frustré de la situation, n’a d’ailleurs pas tardé à y retourner après l’abandon.

«Je voulais en savoir plus. J’étais vraiment sous le choc, a avoué Estephan au terme du gala. Il n’avait pas d’explication. Je pense qu’il a eu peur – c’est humain –, je ne sais pas. Honnêtement, ça me bafoue. Moi, je ne le paierai pas. Il n’y a pas grand-chose [à ajouter].»

«Un jaune»

Le président d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) a pourtant révélé que peu importe l’issue de ce combat, les frais médicaux de l’un ou l’autre des boxeurs auraient été couverts par sa propre assurance. C’est notamment ce qui est arrivé avec Nadjib Mohammedi, qui a dû se rendre dans un centre hospitalier après avoir subi le K.-O. devant Christian Mbilli, le 26 mars dernier.

«Tous les frais, c’est moi qui les ai payés, a fait valoir le promoteur. On a les assurances et on paie. Alors il n’y avait aucune excuse [valable]. Ça, c’est une excuse d’un jaune. Il devrait être gêné. Ça ne se fait pas. En plus, c’était diffusé en direct sur RMC Média chez lui [en France]. Ça va le suivre toute sa vie.»

Abandon Kean -

Presque du jamais vu

La consternation régnait après les événements au Cabaret du Casino de Montréal. Il faut dire que peu de combats se sont terminés de cette manière. Certes, des boxeurs tombent parfois très rapidement après un premier coup, mais un abandon avant même le début du combat demeure très peu commun.

Un rare exemple vient rapidement en tête. En 2018, Curtis Harper a été disqualifié après avoir quitté le ring face à Efe Ajagba au moment d’amorcer le combat. Dans son cas, il s’agissait d’une histoire de contrat.

«On était en train de s’échauffer, a raconté Mbilli à propos de cette situation. On s’est dit qu’on avait encore un combat devant nous, et je vois ça... Il met le genou par terre. On n’a pas compris. On était tous surpris. Je ne sais pas quoi dire. [...] Je n’ai jamais vu ça.»

Maintenant, Estephan aura probablement du travail de mitigation des dégâts à faire puisque la scène était diffusée sur les ondes d’ESPN. Heureusement pour lui, Mbilli a livré la marchandise en finale.