Cyclisme

Benoît Cosnefroy l'emporte à Québec

Publié | Mis à jour

Le Français Benoît Cosnefroy a réussi à briser un scénario écrit à l’avance en surprenant tous ses adversaires avec une superbe attaque sur la rue des Glacis à la fin du 11e Grand Prix cycliste de Québec.

Le directeur de presse internationale des Grands Prix cyclistes avait certainement consulté les augures en lançant une prédiction du tonnerre jeudi soir.

Le Grand Prix cycliste de Montréal aura lieu dimanche avec 18 ascensions du mont Royal, pour une distance de 221,4 km. Il sera diffusé à TVA Sports dès 10h.

«Fais-moi plaisir, mets Cosnefroy parmi les favoris!», avait lancé Yves Perret, qui travaille depuis fort longtemps avec l’équipe du nouveau champion, AG2R Citroën. Son conseil n’a malheureusement pas été suivi, mais le cycliste de 26 ans a fait plaisir à sa future épouse, lui qui doit se marier le mois prochain.

Cosnefroy n’a jamais regardé derrière en posant une mine explosive à un peu moins de deux kilomètres de la ligne d’arrivée.

Devant la place D’Youville et sur la rue Saint-Jean, le trou était déjà creusé et la réaction des ténors a trop tardé. «C’est un gars que j’aime bien. C’est cool de voir un coup pareil qui marche», a commenté Antoine Duchesne.

Séjour prolongé

Dans les rues de Québec, personne n’avait réussi un coup d’aussi loin depuis Thomas Voeckler à la flamme rouge près du Château Frontenac en 2010. Cosnefroy a arrêté le chrono à 4 h 46 min 56 s, avec la vitesse moyenne la plus rapide depuis 2014, soit 42,2 km/h.

«Je pense que je vais rester à Montréal dimanche soir pour faire la fête!», a précisé le vainqueur, qui place cette victoire au sommet de son palmarès.

L’Australien Michael Matthews (BikeExchange) a pris le deuxième rang, suivi par l’Érythréen Biniam Girmay (Intermarché-Wanty Gobert). Marqué au fer rouge par le peloton entier, le principal favori, le Belge Wout van Aert, a pris la quatrième place.

«On avait Van Avermaet pour le sprint. Mon plan était d’attaquer avant. Je ne pensais pas partir seul, et j’ai essayé de résister jusqu’à la ligne. Je suis resté concentré et j’ai pu savourer les 50 derniers mètres», a ajouté Cosnefroy, 10e en 2019 sur le même circuit.

Le Français a notamment remporté la Bretagne Classic en 2021 et a terminé deuxième de la Flèche wallonne en 2020 et de l'Amstel Gold Race en 2022. Il s’agit de sa première victoire de la saison.

«Aujourd’hui, c’est pour moi. Il y en a qui gagnent 10 courses par an, mais pas moi. Ce moment, j’ai envie de le partager avec tout le monde», a confié le gagnant, plus habitué de lever les bras à l’entraînement pour s’amuser avec les copains.

Un peu de panique

Le double tenant du titre, Michael Matthews, a senti une certaine panique en fin d’épreuve alors que les rescapés roulaient très vite.

«Après deux victoires ici, je suis quand même très heureux avec mon sprint», a-t-il affirmé. Après deux ans d’absence, une foule dense et compacte a accueilli avec joie le retour de l’événement.

Encore une fois, la course a été disputée sous un ciel parfait.

«La vie a repris ses droits», a lancé l’animateur Louis Bertrand en donnant le coup d’envoi.

Cinq cyclistes ont animé le début de la journée avec une échappée qui a compté un peu plus de quatre minutes d’avance. Membre de l’équipe nationale, le champion canadien et espoir Carson Miles a montré qu’il faudra le surveiller dans les années à venir, en roulant pendant une centaine de kilomètres avec le groupe de tête.

Avec un peu moins de 50 km à faire, la Jumbo-Visma a mené un train d’enfer pour Wout van Aert mais, pour une rare fois, la puissante formation a raté son coup.

Dans la course aux points UCI, Israel-Premier Tech a connu une mauvaise journée.

Le Grand Prix cycliste de Montréal aura lieu dimanche avec 18 ascensions du mont Royal, pour une distance de 221,4 km. 

Une belle journée pour les passionnés de cyclisme -