Football universitaire RSEQ

Deux plaqueurs dérangeants

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À quelques heures du premier duel de la saison entre les deux grands rivaux qui se déroulera au Complexe Claude-Robillard samedi après-midi, les deux plaqueurs des Carabins de l’Université de Montréal représentent la plus grande préoccupation du front offensif du Rouge et Or de l’Université Laval.

Le match sera présenté samedi dès 14h à TVA Sports.

Joueur de ligne par excellence dans le RSEQ, l’ailier défensif Philippe Lemieux-Cardinal, qui est de retour pour une dernière saison, peut assurément causer des dommages, mais l’attention est davantage portée sur Christopher Fontenard et Tommy Mercier.

«Lemieux-Cardinal est un très bon joueur de cinquième année, qui est bon en situation de passe, mais ce n’est pas Mathieu Betts [le joueur de ligne par excellence au pays, de 2016 à 2018], a souligné l’entraîneur-chef, Glen Constantin, en traçant une comparaison avec son ancien protégé, mais les deux plaqueurs font une grosse job contre nous. La qualité de leur front laisse parfois croire que leur ligne tertiaire est meilleure qu’elle ne l’est.»

Nicolas Thibodeau abonde dans le même sens. «Les Carabins misent sur deux excellents plaqueurs, et leur ligne défensive est complète, a mentionné le centre de cinquième année. Lors du premier match l’an dernier, Fontenard était absent, et on a vu la différence quand il était en uniforme lors des deux autres rencontres.»

«Il est à surveiller parce qu’il est aussi capable de jouer comme ailier, poursuit Thibodeau. Les Carabins bougent leur personnel en fonction des fronts [30 ou 40], ce qui les rend imprévisibles.»

Beau défi

À sa première saison comme centre après avoir évolué comme bloqueur à droite à ses quatre premières campagnes, Thibodeau vivra son premier match face aux Bleus à sa nouvelle position. Une tâche importante du centre est d’identifier les fronts adverses.

«C’est un beau défi de reconnaître les fronts des Carabins, a-t-il reconnu, mais je ne ressens pas un stress supplémentaire. J’ai aussi un gars de cinquième année [Nicolas Guay] à mes côtés et qui peut m’aider.»

«On a vu les bandes vidéo et les Carabins aiment mettre de la pression, et ça va prendre une bonne communication pour bien échanger les joueurs, de renchérir Guay. Ça va moins vite pour nos jeunes et ils sont prêts. Antoine [Dean-Rios] a été partant toute l’année dernière ; Samuel [Quevillon] a obtenu le départ à la Coupe Dunsmore, et Nathaniel [Dumoulin-Duguay] a disputé plusieurs parties.»

Constantin croit lui aussi que son front offensif est prêt à braver la tempête. «Nous sommes mieux outillés qu’en 2021, a-t-il affirmé. Il y a une bonne chimie et c’est l’un des bons groupes que nous avons eus à Laval.»

Attaque terrestre

Avec la qualité des porteurs en poste, le Rouge et Or pourrait-il être tenté de courir davantage qu’il ne l’a fait depuis le début de la saison? «J’aimerais présenter une offensive plus équilibrée et j’en ai parlé à Justin [Éthier], mais il faut tenir compte des formations qu’on nous présente, a-t-il expliqué. Sherbrooke et McGill ont mis beaucoup de pression, et on se retrouvait souvent avec des couvertures zéro et neuf joueurs dans la boîte défensive. Montréal n’aura pas besoin d’agir de cette façon pour mettre de la pression.»

«Comme joueur de ligne offensive, on aime courir, ajoute Guay, mais l’important est de marquer des points. Ce n’est pas nous qui appelons les jeux.»

Premier départ pour Antoine

Réserviste lors des deux premières rencontres, Frederik Antoine obtiendra son premier départ. «Je suis prêt à assumer un plus grand rôle, et c’était mon objectif dès le jour un d’être partant, a souligné l’ailier espacé, qui a passé trois saisons dans la NCAA avec Old Dominion. J’ai pu découvrir le RSEQ à mes deux premières parties, et je suis prêt. Ma blessure à un ischiojambier est aussi guérie à 100 %. Je suis content d’être partant chez moi, à Montréal.»

Blessé à McGill, le demi-inséré Antoine Dansereau-Leclerc ne sera pas en uniforme et Édouard Arsenault a été déplacé à l’intérieur, alors que l’ailier défensif Charles-Lee Alarie-Tardif disputera son premier match de la saison.

UNE RECETTE QUI A FAIT SES PREUVES

Le front défensif des Carabins n’entend pas changer une recette qui lui a permis de connaître du succès au fil des ans.

Malgré les changements à la position de coordonnateur défensif, l’ADN du front défensif est demeuré le même. Noel Thorpe, Danny Maciocia et maintenant Denis Touchette depuis deux saisons ont une approche similaire.

«Exercer de la pression est la base de notre défensive, a souligné le secondeur intérieur Nicky Farinaccio. C’est le mot d’ordre de toujours mettre de la pression. Cette année, nous avons une belle profondeur sur la ligne défensive qui permet de faire des rotations. Tout le monde peut contribuer. Nous avons connu un bon premier match et ça annonce bien pour la suite.»

Jeux truqués

Le produit du Phénix d’André-Grasset croit que le Rouge et Or ne tentera pas trop d’établir son attaque au sol.

«Parce que notre front est très fort, je ne pense pas que Laval roule trop sur la course, a-t-il indiqué. Ils vont passer beaucoup et on peut s’attendre à des jeux truqués. Comme toujours, ils misent sur de gros bonshommes sur la ligne offensive.»

«Il faudra avoir Kevin Mital à l’œil comme toujours, a ajouté le secondeur intérieur. Ça ne change pas. On voit aussi beaucoup le 39 [David Dallaire]. C’est un joueur clé de leur offensive autant au sol que par la passe.» Le Rouge et Or utilise le centre arrière beauceron à toutes les sauces.

Farinaccio retrouvera Kalenga Muganda avec qui il a croisé le fer dans les rangs collégiaux. «On a seulement un film de lui, mais c’est un joueur incroyable avec de bonnes habiletés, a-t-il mentionné au sujet du porteur de ballon lavallois. Ça va être un bon défi de l’affronter et j’aime les défis. Je ne sais pas quel impact il aura dans les rangs universitaires.»

Au cœur de l’action

Muté au poste de secondeur intérieur, Farinaccio se retrouve au cœur de l’action plus que jamais.

«Parce que je pensais me retrouver plus dans la boîte défensive, j’ai pris 15 livres pendant la saison morte, a-t-il expliqué. J’ai joué à l’intérieur contre Concordia à notre premier match. Je peux jouer à toutes les positions de secondeur. Même si je suis plus lourd, ça n’a rien changé à ma vitesse.»

Farinaccio est très heureux de retrouver le terrain d’André-Grasset au Complexe sportif Claude-Robillard. Il ne s’inquiète pas du fait que le bruit sera moindre en raison de la configuration des lieux qui est fort différente. «J’ai joué là trois ans et j’ai vraiment hâte. Même si c’est moins bruyant, ça n’affectera pas notre défensive. On mise sur nos capacités et non [sur] le bruit pour connaître du succès.»

UN SPECTATEUR ATTENTIF AU MATCH DU ROUGE ET OR

Présent au stade Percival-Molson, samedi dernier, pour le match Laval-McGill, Jonathan Sénécal a pu constater de près les prouesses du quart-arrière Éloa Latendresse-Régimbald qui a causé des maux de tête à la défensive du Rouge et Or.

Le pivot des Carabins de l’Université de Montréal entend-il s’inspirer de Latendresse-Régimbald pour attaquer la défensive lavalloise ? «Éloa a bien couru et c’est un aspect très important, a indiqué Sénécal. Ça ouvre des choses par la passe par la suite. Je vais moi aussi utiliser mes jambes, à la différence que je vais glisser. Avec l’expérience et une meilleure connaissance du livre de jeux, je suis plus patient dans la pochette.»

Pour sa deuxième saison dans les rangs universitaires, Sénécal a pris du coffre.

«J’ai gagné une dizaine de livres, a-t-il indiqué. C’était nécessaire et ça fait du bien. Je suis content de mon début de saison. Ça s’est bien passé contre Concordia et la semaine de congé est toujours appréciée avant un match contre Laval. On a obtenu un film de plus.»

Sénécal assure qu’il se prépare de la même façon pour cette première bataille de l’autoroute 20 de la saison.

«J’aborde chaque match de la même façon même si nous allons rencontrer notre plus grande adversité, a-t-il indiqué. C’est le mot d’ordre de notre entraîneur-chef et c’est ce que je fais.»

Marco Iadeluca aime ce qu’il voit de son pivot. «Jonathan a pu profiter d’une vraie saison morte et il est plus fort et plus rapide, a indiqué l’entraîneur-chef des Bleus. Il a progressé, et on aurait un problème si ce n’était pas le cas.»

Deux parties de 300 verges

Du côté de Laval, Arnaud Desjardins connaît un bon départ avec deux parties de plus 300 verges derrière la cravate. À chaque match, l’offensive du Rouge et Or a toutefois connu une baisse de régime importante en deuxième demie. Limité à quatre petits points contre Sherbrooke dans les 30 dernières minutes, Laval a inscrit un touché et un total de neuf points contre McGill dans un gain de 37-20.

«On a connu des creux de vague et on doit apprendre à gérer l’adversité, mais il n’y a rien d’alarmant, a assuré l’étudiant en droit. On ne peut pas marquer à chaque possession.»

Mieux outillé

Desjardins estime qu’il est mieux outillé qu’à la Coupe Dunsmore pour gérer la pression que le front défensif montréalais exercera sur lui.

«Tout le monde nous amène de la pression et on a pu apporter quelques ajustements, a-t-il expliqué. Je suis mieux en mesure de faire ma lecture rapide quand la pression est forte et je garde la tête froide. Montréal va nous présenter plusieurs formations de pression et je dois bien réagir.»

Desjardins a très peu couru en deux parties. «Je n’ai pas eu vraiment l’occasion, a-t-il précisé, mais j’aime courir et je n’hésiterai pas à le faire si l’occasion se présente.»