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CF Montréal

L’effet Kei Kamara

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Kei Kamara a joué pour sept équipes de la MLS avant d’enfin arriver à Montréal à l’aube de ses 38 ans, mais son impact sur le CF Montréal incommensurable.

Il y a les statistiques. L’attaquant originaire de la Sierra Leone a produit six buts et autant de passes décisives en 27 présences, même s’il n’a été partant que 11 fois.

Mais il y a surtout ce qu’il apporte à l’extérieur du terrain. C’est le grand frère dont avait besoin cette équipe jeune, l’une des plus jeunes de la MLS.

«Il nous amène son énergie positive et son expérience, mais ce qui m’intéresse, c’est qu’il se fond dans le groupe», a fait remarquer Wilfried Nancy, mercredi.

Camaraderie

Comme Kamara a porté les couleurs de sept autres formations, une impression de joueur difficile le précédait malgré sa bonne humeur évidente. Mais on a vite compris qu’il n’en était rien, il est même très sain pour l’esprit d’équipe.

«Plusieurs joueurs amènent leur lot de leadership, Kei amène le sien et son expérience, a commencé Samuel Piette. Malgré son âge, c’est quelqu’un capable de s’amuser dans le vestiaire et d’être immature dans le bon sens afin de rejoindre tout le monde. Il amène une joie de vivre.»

«Je ne sais pas combien d’années il lui reste à jouer, mais tu vois que c’est quelqu’un qui profite au maximum du temps lui restant. Avoir un gars comme ça qui est toujours de bonne humeur et sérieux quand c’est le temps, ça fait beaucoup de bien», a ajouté le milieu de terrain québécois.

Kamara, lui, refuse de prendre tout le mérite qui lui revient et préfère parler du collectif.

«Ce n’est pas un spectacle en solo. J’aurais pu aller à n’importe quel autre endroit et peut-être que personne n’aurait écouté ce que j’avais à dire.»

«Ici, les gars sont réceptifs et s’immergent dans le collectif, nous faisons tout ça ensemble.»

Tradition

N’empêche que si vous avez déjà une vidéo d’après-match tournée dans le vestiaire du club, vous avez vu les joueurs chanter le classique de Neil Diamond, «Sweet Caroline», après une victoire.

«C’est un projet que j’avais depuis l’année dernière afin qu’on crée quelque chose et qu’on soit unis tous ensemble. J’ai "titillé" les capitaines par rapport à cela et il a fallu un peu de temps. Kei est arrivé et il l’a fait naturellement», a raconté Nancy.

Kamara espère maintenant que ça devienne une tradition qui va perdurer. Une façon pour lui de laisser sa trace sur une équipe et une ville qu’il aime encore plus, maintenant qu’il y a vécu quelques mois.

«Ça faisait plusieurs années que je sentais l’amour des gens d’ici à mon endroit, a avoué le principal intéressé. J’ai dit à ma femme et mes enfants que je voulais passer l’année ici et j’en suis heureux.»

«J’aime la diversité de la ville qui est très accueillante. J’ai passé l’été avec ma famille et nous habitons le Vieux-Port. Il y a des gens de partout dans le monde avec des visages différents et c’est ce que j’aime.»

Année prochaine

Le CF Montréal détient une option pour la saison 2023 et on se demande comment le club pourrait ne pas ramener le vétéran pour un dernier tour de piste, surtout qu’il commande un salaire garanti de 94 000 $ cette saison.

En parlant avec Nancy, on comprend vite qu’il aime beaucoup Kamara et son apport.

«On sait tous que c’est un joueur capable de marquer des buts, mais c’est un "putain" de compétiteur et selon nous, il prend son rôle comme il faut et les tâches sont bien définies.»

«Il sait ce que j’attends de lui. Que je lui donne 2 ou 96 minutes, le gars est présent et il s’éclate vraiment. Du coup, ça rejaillit sur l’équipe.»