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Tennis

Court déplore le manque de respect de Serena

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Margaret Court tient à rappeler au monde entier que c’est bien elle et non Serena Williams qui détient le record du plus grand nombre de titres du Grand Chelem, avec 24, soit un de plus que la nouvelle retraitée. 

En entrevue au Daily Telegraph lundi, l’Australienne a déploré le fait qu’elle ne reçoive pas assez de crédit pour ses exploits, réalisés entre 1960 et 1973. Elle critique à la fois Williams et les médias, qui qualifient toujours Serena de «meilleure joueuse de tous les temps». 

«J’admire Serena, mais je ne pense pas c’est le cas pour elle, soutient Court. Beaucoup de médias ne veulent même pas mentionner mon nom. Je n'ai pas reçu d'honneur pour tout ce que j'ai accompli. On m’a déjà honorée dans mon propre pays, mais les médias préfèrent tout de même ne pas parler de moi.»

Selon elle, c’est à cause de ses croyances religieuses, qui l’ont menée à s’opposer au mariage entre conjoints de même sexe en 2012. Court est actuellement ministre dans une église du mouvement chrétien pentecôtiste à Perth.  

En 2017, elle n’a pas aidé sa cause en décriant l’appui du transporteur aérien australien Qantas pour son appui au mariage gai.

Elle estime être victime de censure simplement parce qu’elle utilise son droit à la liberté d’expression. Une situation qui l’attriste grandement.

«Je pense que c'est en grande partie parce que j’ai défendu mes convictions. J'ai été victime de beaucoup de harcèlement. Mais nous devrions pouvoir dire ce que nous croyons. Je n'ai rien contre personne. Je respecte tout le monde, je sers tout le monde.»

«C'est ce que je crois et ce que dit la Bible», a-t-elle ajouté.

L’Américaine est souvent louangée pour être revenue au plus haut niveau après avoir donné naissance à sa fille Olympia en septembre 2017. Mais cela n’impressionne pas Court. 

«Serena n'a pas gagné de titre du Grand Chelem depuis qu'elle a eu un enfant. De mon côté, je suis revenue au jeu après avoir eu deux enfants. Après mon premier accouchement, j'ai gagné trois des quatre titres du Grand Chelem», a rappelé la femme âgée aujourd’hui de 80 ans. 

Le dernier sacre de Serena dans un tournoi du Grand Chelem remonte effectivement aux Internationaux d’Australie de 2017... alors qu’elle était enceinte de huit semaines. 

«C'est beaucoup plus facile aujourd'hui»

Court a également souligné qu’elle a joué moins longtemps que Williams, ce qui est un signe de sa supériorité, à son avis. 

«Serena a joué sept ans de plus que moi. J'ai arrêté ma carrière dans la trentaine (35 ans). Les gens oublient que j'ai pris une pause de deux ans. Je me suis d'abord retirée lorsque j'avais 25 ans. Je me suis mariée, j'ai eu un enfant, et j'ai ensuite connu l’une de mes meilleures saisons en gagnant 24 des 25 tournois.»

Court a émis une autre opinion qui fera jaser, comme quoi la vie d’une joueuse de tennis est «beaucoup plus facile» de nos jours qu’à son époque.

«J'aurais aimé jouer dans cette ère. Je crois que c'est beaucoup plus facile. J'aurais aimé pouvoir amener ma famille et mes amis avec moi, mais je ne le pouvais pas. 

«De plus, nous n'avions pas de psychologues sportifs ou d'entraîneurs avec nous. C’était un monde complètement différent. Ça me déçoit que les joueuses d'aujourd'hui ne fassent pas honneur à celles du passé.»

Des pointes vers Billie Jean King

Outre Serena, Court a lancé des flèches à l’endroit d’une autre légende américaine du tennis : Billie Jean King. 

«J'entends souvent Billie Jean dire que les meilleures joueuses ne venaient pas en Australie durant les premières années de ma carrière, mais Maria Bueno, la numéro un mondiale, est venue, tout comme Christine Truman, Ann Haydon et Darlene Hard. Il y avait aussi cinq joueuses australiennes dans le top 10.»

Williams s’est inclinée vendredi au troisième tour des Internationaux des États-Unis. Il s’agissait de son dernier match puisqu’elle avait préalablement indiqué qu’elle prenait sa retraite au terme de ce tournoi.