Internationaux des États-Unis

C'est la fin pour Serena Williams

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C’est toute une page d’histoire qui s’est tournée vendredi dans le plus grand stade de tennis au monde, où Serena Williams a disputé l’ultime match de son illustre carrière.

Pendant 27 ans, Serena aura révolutionné son sport. Par son talent, sa puissance, son style, son franc-parler, son implication et, aussi, par sa longévité.

Mais même les plus beaux contes ont une fin. Celui qui a fait de Williams la plus grande joueuse de l’histoire s’est conclu hier soir au troisième tour des Internationaux des États-Unis, où elle a été battue 7-5, 6-7 (4) et 6-1 par l’Australienne Ajla Tomljanovic, 46e mondiale.

Devant l’importance du moment, l’Américaine a été incapable de retenir ses émotions dans les derniers points du match, essuyant ses larmes avec sa manche alors qu’elle voyait se refermer tout un pan de sa vie.

L’ancienne numéro 1 mondiale a d’ailleurs tout tenté pour étirer ce moment sur le terrain. Le dernier jeu a duré pas moins de 10 minutes et s’est conclu quand Williams a laissé filer une dernière frappe en dehors des lignes.

«Je veux remercier tout le monde qui est ici, tout le monde qui a été avec moi pendant des années, des décennies. Oh mon dieu! Littéralement des décennies», a dit une Williams émue au micro de Mary Joe Fernandez, dans les minutes qui ont suivi sa défaite.

«Tout a commencé avec mes parents, a-t-elle poursuivi. Ils méritent tout. Je suis tellement reconnaissante de les avoir. Et il n’y aurait pas de Serena s’il n’y avait pas de Venus [son aînée], alors merci Venus. Elle est la seule raison pour laquelle Serena Williams a existé.»

Une carrière imbattable

Pas moins de 319 semaines au premier rang mondial, 73 titres de la WTA en simple et 23 trophées du Grand Chelem. C’est ce que 24 000 spectateurs étaient venus voir en action hier sur le Arthur-Ashe, dans l’espoir un peu fou de voir Williams poursuivre sa légende, malgré le prix un peu fou des billets.

Il y a près d’un mois, l’icône de bientôt 41 ans avait annoncé dans les pages du magazine Vogue que ses prochains tournois seraient ses derniers.

Elle n’a toutefois jamais précisé que le US Open serait l’ultime. Mais devant la grandeur de l’émotion qui l’habitait hier, on peut se douter qu’il s’agissait bien là du lieu choisi pour ces adieux. C’est dans ce stade que la légende a remporté son premier titre du Grand Chelem, il y a 23 ans.

Émotions fortes

Parmi les spectateurs présents se trouvaient un nombre impressionnant de vedettes, comme à ses deux premières sorties à New York. Dont Billie Jean King, ancienne championne et fondatrice de la WTA, qui encourageait la plus grande vedette que son circuit n’ait jamais connu.

Encore vêtue de sa fameuse robe noire ornée de brillants, des diamants ornant à nouveau tant ses cheveux que ses souliers, Williams a fait son entrée vers 19 h sous les acclamations de cette foule, sur ce terrain où elle a brandi le trophée de championne à six reprises.

Et fidèle à son habitude, elle leur a fait vivre des émotions fortes. Comme dans cette première manche, qu’elle aurait pu empocher à 5-4, mais qu’elle a finalement laissée filer.

Car devant elle se trouvait une adversaire qui, clairement, n’était pas intimidée par le grand moment auquel elle prenait part malgré elle. Imparable en défensive, agressive dans les moments clés, Tomljanovic en a fait voir de toutes les couleurs à la légende.

Elle étire le plaisir

Sauf que Serena ne voulait pas dire son dernier mot. Elle a rapidement pris les devants 4-0 en deuxième manche.

Et même si l’Australienne est parvenue à remonter la pente, Williams s’est imposée dans un bris d’égalité durant lequel elle aura montré la volonté de vaincre qui l’a caractérisée pendant toute sa carrière.

Williams a aussi brisé Tomljanovic d’entrée de jeu dans le set ultime. Mais après être restée loin des terrains pendant un an, en raison d’une blessure à la jambe, et n’avoir disputé que quatre matchs avant ce US Open, l’Américaine n’avait plus les armes pour se battre.