Internationaux des États-Unis

La légende continue de s’écrire

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Même les plus belles histoires ont une fin. Mais le dernier chapitre de la légende de Serena Williams n’est pas encore écrit.

La plus grande championne de tennis disputera encore au moins un match au US Open, après avoir battu au terme d’une âpre bataille la numéro 2 mondiale, l’Estonienne Anett Kontaveit, 7-6 (4), 2-6 et 6-2, mercredi soir.

«Je suis une assez bonne joueuse! a lancé Serena en riant, sur le terrain, lorsqu’interrogée par Mary Joe Fernandez sur sa victoire contre la deuxième favorite. C’est ce que je fais le mieux. J’aime les défis. Mon niveau ne me surprend pas.»

Pour cette rencontre qui avait le potentiel d’être la dernière de son inégalable carrière, Serena a fait son entrée sur le terrain sous les applaudissements nourris de la foule, vêtue de la même façon qu’à son premier match.

La gagnante de 23 titres majeurs revêtait sa robe noire inspirée par celles des patineuses artistiques, ornée de diamants qui scintillaient de façon à rappeler les nuits de New York. À l’instar de ses cheveux et de ses souliers, que l’on voyait briller jusque dans les hauteurs du plus grand stade de tennis au monde.

Car Serena Williams n’est pas qu’une icône de tennis. Elle est aussi une icône de style, et clairement, elle veut le rester jusqu’à la fin.

Tiger et des billets chers

Le Arthur-Ashe était alors à moitié rempli, mais déjà, on pouvait repérer dans la foule des visages connus, comme celui du golfeur Tiger Woods, un bon ami de la championne.

Sa sœur Venus, l’ancienne skieuse Lindsey Vonn, la rédactrice en chef du magazine Vogue Anna Wintour et l’actrice Zendaya avaient aussi pris place dans l’immense arène.

Peu à peu, les 24 000 spectateurs attendus les ont rejoints pour cette soirée au potentiel historique. Ils avaient chèrement payé leurs billets. Quelques minutes avant le début de la rencontre, certains étaient toujours disponibles, mais se détaillaient à pas moins de 345 $ l’unité.

D’autres partisans suivaient avec attention la rencontre aux abords du stade, où l’on pouvait aussi entendre des «let’s go Serena!».

Serena plus relâchée

Clairement plus relâchée qu’à Toronto ou à Cincinnati, l’ancienne numéro 1 mondiale a laissé aller ses frappes durant le premier set.

Ses coups d’éclat – nombreux au cours de cette manche – ont tous été acclamés par les amateurs. À l’instar des fautes de Kontaveit, qui était devenue, le temps d’une soirée, l’ennemie publique numéro 1.

Les encouragements fusaient d’un peu partout. Surtout quand l’Américaine s’offrait une balle de bris sur le service de l’Estonienne.

Par moment, le temps semblait d’ailleurs s’être figé. Williams n’avait plus 40 ans, elle dictait le jeu comme dans ses plus belles années. Ses frappes ratées la décourageaient comme lors de ses saisons les plus dominantes.

La légende s’est même offert une chance de servir pour la première manche, mais Kontaveit l’en a privée.

Serena s’est toutefois reprise au bris d’égalité, bouclant la manche d’un as, dans un scénario que les amateurs de tennis ont vu si souvent au cours des deux dernières décennies.

Kontaveit trouve la clé

La numéro 2 mondiale a cependant vite rebondi. L’Estonienne avait trouvé la clé : il fallait faire bouger la championne. Elle devait la déplacer de droite à gauche.

Car avec tant de tennis dans le corps, ce sont surtout les déplacements de Williams qui font défaut depuis quelques années. Et particulièrement depuis cette pause forcée d’un an, résultat d’une blessure à la jambe subie à Wimbledon, en 2021.

Aidée par cette stratégie, Kontaveit a facilement forcé la tenue d’une manche ultime.

Mais portée par la foule euphorique, la cadette des Williams a toutefois repris ses bonnes habitudes au troisième set.

L’Américaine a recommencé à prendre les commandes des échanges. Dont un de 19 points, qu’elle a remporté en variant aisément le jeu.

Et cette fois, Serena n’aura même pas eu à servir pour le match. C’est sa rivale qui lui a offert la victoire sur un plateau d’argent, lui permettant du même coup de continuer à écrire sa légende.

La reine du Queen’s

Comme ce fut le cas lundi, une vidéo narrée dans laquelle la rappeuse Queen Latifah a fait l’éloge de la «Queen of the Queen’s» (la reine du Queen’s), a été présentée avant le match.

Un hommage livré par Oprah Winfrey a aussi été offert à la gagnante après la traditionnelle poignée de main au filet. Williams sera maintenant de retour sur le terrain vendredi face à l’Australienne Ajla Tomljanovic, 46e mondiale.

«J’aime cette foule. C’est incroyable. Tout ceci est vraiment excitant. Je n’ai plus rien à prouver, plus rien à gagner, mais je n’ai aussi rien à perdre», s’est réjouie Serena, tout sourire.