Coupe Banque Nationale 2022

Photo : Gabriel Diallo pose avec son trophée après sa victoire au Challenger de Granby dimanche dernier. Crédit : Photo d’archives

Tennis

Challenger de Granby: Gabriel Diallo repéré par papa Aliassime à 12 ans

Publié | Mis à jour

La première fois que Sam Aliassime a repéré Gabriel Diallo, champion du Challenger de Granby dimanche, le puissant serveur n’avait que 12 ans. Mais immédiatement, l’entraîneur a senti qu’il y avait quelque chose de spécial chez ce jeune joueur. 

Diallo était alors en action dans un tournoi junior à Mont-Tremblant. 

Il aura toutefois fallu attendre deux autres années avant que leurs chemins ne se croisent à nouveau. 

Et la suite n’est pas étrangère aux succès que le Québécois a connus la semaine dernière. 

« Un jour, j’ai appris que Tennis Canada l’avait retranché du Centre national d’entraînement, raconte M. Aliassime. Gabriel, c’est un jeune qui vient de loin. Il ne progressait pas beaucoup, mais c’était un garçon qui grandissait rapidement. Ce n’était pas facile pour la coordination, les blessures. »

Mais Sam Aliassime croyait en son talent. Il a donc proposé à ses parents de faire déménager Diallo de Montréal à Québec, pour qu’il puisse l’entraîner. 

L’hébergement – à même la demeure du papa de Félix – était aussi compris. 

C’est ainsi que pendant trois ans, jusqu’à son entrée à l’Université du Kentucky, le géant de 6 pi 7 po a peaufiné son tennis auprès de M. Aliassime.

« Je voyais son potentiel, précise Sam. Il a d’ailleurs beaucoup côtoyé Félix. C’est comme son frère. Alors, j’ai voulu lui donner la même éducation, les mêmes valeurs qu’à mon fils. »

« Dès le départ, Sam a vu qu’il y avait quelque chose à faire avec Gabriel, souligne Jacques Hérisset, que l’on surnomme “Monsieur tennis” à Québec et qui est un bon ami de M. Aliassime. Gabriel a vraiment suivi ses enseignements à la lettre, sur le terrain comme en dehors. » 

L’école de la vie

Et, par la bande, Diallo a profité des succès de Félix pour peaufiner son propre talent. Il l’a accompagné au prestigieux tournoi d’Indian Wells il y a quelques années afin de voir comment les professionnels travaillent. 

Si Sam Aliassime voulait aider le jeune Diallo à améliorer son jeu, il souhaitait aussi lui inculquer l’éducation qui ferait de lui un bon joueur. Ou un bon humain, si ses espoirs de faire du tennis sa carrière en venaient à s’évanouir. 

« Le tennis, ça te prépare pour la vie », croit l’entraîneur, qui cite l’organisation et le professionnalisme nécessaires à la pratique de ce sport. 

Et, ajoute-t-il, « quelqu’un qui est vraiment brouillon dans sa vie sera vraiment brouillon sur le terrain ». 

Lorsqu’il a rencontré Le Journal, Sam Aliassime avait encore en tête cette savoureuse anecdote concernant ses débuts avec Diallo. 

Sans ses bouteilles d’eau

« Quand il vivait avec ses parents, sa maman prenait peut-être trop soin de lui. À un match, il est arrivé sans bouteille d’eau. Je lui ai dit : “Tu as besoin d’eau, ça te prépare pour ton combat.” Il n’a plus jamais oublié d’en apporter. » 

Pour l’instant, les conseils offerts par M. Aliassime semblent porter leurs fruits. À son troisième tournoi Challenger, le jeune de 20 ans a remporté son premier titre chez les professionnels. 

Diallo n’exclut pas d’en disputer d’autres cette saison. Mais fidèle aux valeurs qui le guident, dans les heures qui ont suivi ce premier triomphe, Sam Aliassime a prévenu son protégé. 

« Je lui ai dit : “Demain, tu retournes à l’école, sur les mêmes bancs que les autres. Tu oublies ça et tu te concentres sur ton projet.” À cet âge, on peut facilement perdre la tête. » 

Et Diallo semble bien écouter les conseils de son mentor. « La prochaine étape, c’est de retourner à l’école, a spécifié après sa victoire l’étudiant en finances. Je veux avoir mon diplôme. Si l’ATP, ça ne fonctionne pas, au moins je pourrai travailler dans une banque ! »

Avec l’Agence QMI