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Internationaux des États-Unis

La révérence ou le début d’un conte de fées pour Serena?

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Le court Arthur-Ashe, plus grand terrain au monde, s’enflammera ce soir pour ce qui pourrait être la révérence d’une de ses plus grandes idoles, Serena Williams.

Oui, il y avait encore des billets disponibles hier pour cette soirée potentiellement historique. Mais les moins chers, situés tout en haut du stade de près de 24 000 places, se détaillaient à 335 $ l’unité sur le site officiel du tournoi.

Six fois championne à New York, 23 fois titrée en Grand Chelem, Williams devrait faire son entrée sur le terrain vers 19 h pour y affronter la Monténégrine Danka Kovinic, 80e mondiale.

À 40 ans, l’Américaine a annoncé il y a trois semaines dans les pages du magazine Vogue que les prochains tournois seraient les derniers de sa longue et prestigieuse carrière, auréolée de 73 sacres en simple.

«Je n’ai jamais aimé le mot “retraite”, avait-elle alors écrit. Je suis ici pour vous dire que je vais évoluer hors du tennis, vers d’autres choses qui sont importantes pour moi.»

Parmi celles-ci, il y a l’envie d’avoir un second enfant, cinq ans après la naissance d’Olympia, de qui elle était enceinte lorsqu’elle a remporté les Internationaux d’Australie en 2017.

Son aura restera

Son 23e titre majeur est son dernier à ce jour et sans doute l’ultime. Car depuis son retour au jeu à Wimbledon après une année de pause forcée par une blessure à une jambe, Serena n’est plus l’ombre de la grande championne qu’elle a déjà été.

En quatre rencontres, elle ne compte qu’une seule victoire. C’était à Toronto, face à l’Espagnole Nuria Parrizas Diaz, actuelle 62e mondiale.

Une fiche qui n’a rien de décevant, compte tenu de son âge et de sa longue pause hors des terrains.

Et qu’importe si ce soir marque le début d’un conte de fées ou la fin d’une carrière inégalable, une chose semble certaine : l’héritage de Williams, lui, ne sera jamais oublié.

«Il est tellement grand qu’aucun mot ne peut le décrire, a dit l’ancienne numéro 1 mondiale Naomi Osaka en conférence de presse, samedi. Elle a tellement changé le sport. Elle a fait découvrir le tennis à des gens qui ne s’y étaient pas intéressés.»

«Je suis le produit de ce qu’elle a réalisé.»

Le coucher de soleil salvateur d’Andreescu

C’est en regardant le soleil se coucher sur l’un des paysages majestueux du Costa Rica, lors d’un voyage cet hiver, que Bianca Andreescu raconte avoir saisi la chance qu’elle a dans la vie.

Alors en pleine pause du tennis, ce sport qui l’a propulsée au rang de vedette alors qu’elle n’avait que 19 ans, la Canadienne dit avoir alors «ressenti des frissons».

«J’ai pris conscience de la chance que j’avais. Pas seulement de jouer au tennis, mais d’être vivante, d’avoir des bras et des jambes qui me permettent de faire ce que j’aime dans la vie», a-t-elle expliqué au «Journal», samedi.

Parce qu’à cette époque pas si lointaine, l’Ontarienne n’allait pas bien.

Blessée à répétition, elle a même, à un moment, pensé accrocher sa raquette, trois ans seulement après avoir remporté les Internationaux des États-Unis.

Remonter au classement

Mais aujourd’hui – elle le répète chaque fois qu’elle est questionnée à ce sujet –, Andreescu est heureuse. Et prête à grimper un à un les échelons du classement pour retrouver une place parmi les 10 premières.

Désormais 48e, elle souligne ne pas y songer souvent, expliquant être consciente qu’il s’agit là «d’un processus qui prendra le temps qu’il faudra».

Sauf qu’il est là en partie, l’objectif de la Canadienne de 22 ans, qui a été à un moment classée quatrième sur la WTA.

Et cela commence par de belles performances à New York au cours des deux prochaines semaines. Un tournoi qu’elle connaît si bien, pour l’avoir gagné.

Sauf qu’être championne en Grand Chelem est une arme à double tranchant, souligne-t-elle.

«J’ai évidemment de bons souvenirs ici, mais en même temps, je me rappelle à quel point c’est difficile de se rendre jusqu’au bout. À chaque match, vous affrontez une adversaire redoutable, a relevé Andreescu. Il y a des journées où vous vous sentez moins bien, et c’est normal, c’est le tennis.»

«Mais en même temps, je sais que si je l’ai fait une fois, je peux le faire encore», a-t-elle ajouté en souriant.

En action aujourd’hui

La jeune raquette se mesurera aujourd’hui, vers midi, à la Française Harmony Tan, 112e mondiale, qui avait battu d’entrée de jeu l’Américaine Serena Williams à Wimbledon.

Un premier tour énigmatique, les deux joueuses ne s’étant jamais affrontées encore. Mais la Canadienne se dit en confiance, aidée par ce troisième tour à Toronto.

En confiance, et heureuse.