Internationaux des États-Unis

La carrière de Serena se poursuit

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Serena Williams a été Serena Williams, hier soir, sur le plus grand terrain de tennis au monde. Montrant sur le Arthur-Ashe bondé des flashs de ce tennis qui en a fait la meilleure joueuse de l’histoire, l’Américaine a repoussé à plus tard ses adieux au sport qu’elle a redéfini au cours des deux dernières décennies.

Icône autant par son jeu que par son style, l’athlète de 40 ans a fait sa rentrée au US Open vêtue d’une robe noire à paillettes composée de six couches, rappelant ses six triomphes à New York. Des brillants ornaient aussi son bandeau, de même que ses cheveux.

Elle a été accueillie par l’immense clameur des 24 000 spectateurs qui attendaient ce grand moment, près de trois semaines après que l’ancienne meilleure joueuse mondiale aux 23 titres majeurs a annoncé que ses prochains tournois allaient être ses derniers.

Serena n’a toutefois jamais affirmé que ce US Open serait l’ultime compétition de son illustre carrière. Elle ne l’a pas non plus confirmé en conférence de presse lundi.

«J’ai été plutôt vague [dans son essai, dans le magazine Vogue], n’est-ce pas? a-t-elle dit en souriant. Et je vais le rester, car on ne sait jamais!»

Mais New York, où elle a remporté son premier titre du Grand Chelem il y a 23 ans, semble cependant l’endroit tout désigné pour la révérence de la championne.

La WTA rend hommage à Serena -

Comme la Serena d’antan

Sauf que clairement, Williams n’avait aucunement envie que la rencontre de lundi soit la dernière de sa carrière.

Le pointage – 6-3 et 6-3 contre la Monténégrine Danka Kovinic, 80e mondiale – en est la meilleure preuve.

Ses partisans ne voulaient pas non plus que ce lundi soit historique. Chaque coup gagnant de la légende a été acclamé comme s’il s’agissait d’une balle de match.

«Je me sens tellement à l’aise sur ce terrain, a-t-elle dit sur le court après l’affrontement. Je tente seulement de faire de mon mieux, et la foule a été complètement folle [lundi] soir. Vous m’avez vraiment aidée.»

Mais elle a tenu les amateurs au bout de leur siège tout le long. Car avec seulement quatre matchs dans le corps en 13 mois, il y avait du très bon, mais aussi du très mauvais dans le jeu de Serena.

Le très mauvais, ce sont ses six doubles fautes et ses 25 fautes directes, dont certaines provenant de frappes complètement bousillées.

Le très bon, ce sont ses neuf as, mais surtout, cette aisance pour dicter les échanges quand elle avait les deux pieds bien ancrés sur la ligne de fond.

Des vedettes et Olympia

De quoi donner des frissons aux fans qui avaient chèrement payé leurs billets. Dimanche, les places encore disponibles, situées dans les hauteurs de l’immense stade, se détaillaient au minimum à 335 $.

Parmi ces partisans, plusieurs vedettes et personnalités de renom, dont l’ancien président Bill Clinton, la skieuse retraitée Lindsay Vonn, la mannequin Bella Hadid et une autre légende du tennis, Martina Navratilova.

Mais aussi, sa fille Olympia, quatre ans, qui était vêtue comme sa mère, les cheveux coiffés des billes blanches que Williams arborait souvent au début de sa carrière.

Une dure décision

Une fois le dernier point du match remporté, Serena a sautillé sur le terrain, puis a brandi le poing à la foule.

«Cette décision [d’annoncer sa retraite] a été dure à prendre, a-t-elle admis. Parfois, il est plus difficile de partir que de rester. Et c’est le cas pour moi.»

Les présentations d’avant-match avaient été ponctuées d’une vidéo narrée par Queen Latifah. Dans le stade, sur les panneaux indicateurs, on pouvait lire «Greatest of all time» ( «la meilleure de tous les temps»).

«Tu es sans peur»

Et celles qui ont suivi la victoire de la détentrice de 73 titres en simple ont été marquées par un discours de Billie Jean King. L’ex-championne et fondatrice de la WTA, vêtue de rose, «la couleur préférée de Serena», a remercié Williams «d’avoir partagé son parcours avec chacun de nous».

«Tu es sans peur», a-t-elle ajouté.

Avant que Serena ne prenne à son tour le micro pour la traditionnelle entrevue sur le terrain, les spectateurs ont brandi des affiches qui formaient les mots «We love Serena» (on aime Serena).

«Oh, mon Dieu, je vous aime aussi», s’est-elle exclamée, visiblement touchée, et qui a dit ne pas savoir que telles attentions lui seraient réservées.

Le parcours de l’Américaine se poursuivra mercredi face à la numéro deux mondiale, l’Estonienne Anett Kontaveit.

«À ce point, honnêtement, j’ai l’impression que [chaque match] est un bonus pour moi, a-t-elle dit au sujet de cette prochaine rencontre. [...] Je n’y pense pas. Je songe seulement au moment présent.»

À New York, Serena sera aussi en lice en double avec sa sœur aînée Venus. Le duo devrait faire sa rentrée mercredi ou jeudi, contre Lucie Hradecka et Linda Noskova.