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Tant que Leylah a des balles à frapper...

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Les balles utilisées par les joueuses aux Internationaux des États-Unis ne font pas l’unanimité. Plusieurs têtes d’affiche, dont la numéro 1 mondiale Iga Swiatek, militent afin que les femmes puissent jouer avec les mêmes que celles des hommes, qui sont plus lourdes.

Mais Leylah Fernandez, elle, semble n’en avoir que faire de ces revendications, qui étaient l’un des sujets à l’honneur lors de la traditionnelle «journée média», vendredi.

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Interrogée à ce propos, à l’instar de plusieurs autres athlètes, la Québécoise a vite perdu son habituelle candeur et a répondu du tac au tac : «Pour l’instant, je suis seulement contente que nous ayons des balles à frapper. Nous en avons, alors c’est excellent».

Mieux qu’une balle de ping-pong

Les origines modestes de la famille Fernandez ont maintes fois été racontées. À une époque, son père et entraîneur, Jorge, se privait de dîner et de souper durant certaines journées de tournoi, pour permettre à sa jeune athlète de manger à sa faim.

Et cette polémique des balles a semblé replonger la Lavalloise de 19 ans dans ses souvenirs.

«Je me rappelle, il y a quelques années, je ne pouvais même pas avoir une balle de tennis pour m’entraîner, a-t-elle évoqué. Je devais alors jouer avec l’une de ces petites balles de couleurs ou encore, frapper des balles de ping-pong contre le mur.»

Trop légères et introuvables

À Cincinnati, il y a deux semaines, la Polonaise Swiatek et l’Espagnole Paula Badosa, classée quatrième, avaient déploré que le US Open fût le seul tournoi majeur où les hommes et les femmes utilisent des balles différentes.

Non seulement celles qui sont offertes aux joueuses sont plus légères, a pointé la première mondiale, mais elles sont aussi impossibles à trouver en Europe, où elle s’entraîne.

«Il y a 15 ans, les joueuses souffraient peut-être de plus de blessures au coude parce que les balles étaient plus lourdes. C’est sans doute pour ça qu’ils les ont changées pour des balles pour femmes, avait évoqué Swiatek à Cincinnati. Mais maintenant, nous sommes si bien préparées physiquement que je ne crois plus que cela se produirait.»

Raquette, balles et terrain

La Polonaise semble avoir vu juste, car la WTA a elle-même confirmé à ESPN que le US Open optait pour ces balles qualifiées de «régulières» afin de «prévenir de potentielles blessures au bras, aux épaules, aux coudes et aux poignets».

«Nous allons continuer de surveiller la situation. Nous allons aussi discuter avec nos athlètes ainsi que nos équipes spécialisées en science du sport», a ajouté la vice-présidente aux communications Amy Binder.

Leylah, 14e favorite à New York, aimerait également qu’un changement se produise. Mais elle affirme ne pas trop y penser.

«Ce que je me dis, c’est que j’ai une raquette, une balle, un terrain et un filet. C’est tout ce dont nous avons besoin pour jouer. C’est tout ce dont nous avons besoin pour offrir un spectacle et pour avoir du bon temps.»