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Tennis

Là où le rêve de Leylah Fernandez s’est réalisé

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Leylah Fernandez était tout sourire vendredi, assise dans la grande salle de conférence située sous le stade Arthur-Ashe. La dernière fois qu’elle y avait mis les pieds, c’était il y a un an, après cette fameuse finale à New York. Au moment où elle a compris que «les rêves peuvent devenir réalité».

«Je pense que ce que j’ai retenu de cette finale, c’est que rien n’est impossible. Et disputer la finale ici, à New York, c’était encore plus incroyable, parce que New York est l’endroit où les rêves se réalisent, où vous sentez que de grandes choses peuvent se produire», a imagé la jeune Québécoise devant les journalistes vendredi.

Mais ce n’est pas le seul apprentissage qu’aura fait Fernandez au cours des 12 derniers mois. Après ce match ultime inattendu — elle était alors 73e mondiale —, la Lavalloise d’origine a cru «que tout serait parfait».

Plusieurs moments l’ont été. Il y a eu ce second titre à Monterrey, en mars. Ce quart de finale à Roland-Garros, en mai. Ce bond prodigieux au classement.

Apprendre à se connaître

Mais il y a aussi eu des sorties expéditives. Et, surtout, cette fracture de stress au pied droit, qui a tenu Leylah loin des terrains pendant deux mois, la privant de Wimbledon.

«En même temps, je savais qu’il y aurait quelques accidents de parcours. Je savais que j’aurais à trouver des solutions, à traverser ces moments difficiles», a pointé la raquette de 19 ans.

«Je pense que ce fut un excellent apprentissage, a poursuivi la 14e favorite de ce US Open. Pas seulement par rapport à mon tennis, que je tente toujours d’améliorer. Mais aussi à propos de moi. Des choses que j’aime faire, celles qui m’aident dans les épreuves.»

Penser au présent

Ce grand moment vécu à Flushing Meadows, Fernandez l’a partagé avec la jeune Britannique Emma Raducanu, qui aura finalement raflé le prestigieux trophée.

Et même si leurs carrières sont maintenant liées à jamais par cette finale, Leylah assure que les deux filles n’en parlent jamais lorsqu’elles se croisent dans le vestiaire.

Parce que, dit-elle, «nous sommes dans le même état d’esprit».

«Nous pensons au présent et non au passé», a-t-elle précisé.

Contre Dodin

Ce présent, il commencera lundi vers 21 h par un match contre la Française Océane Dodin, qui occupe le 99e rang mondial. Certes, ce retour à New York revêt une importance particulière pour la Québécoise. La finaliste aura de précieux points au classement à défendre.

Il n’en fut toutefois jamais question vendredi, malgré la pression supplémentaire qui pèse sur ses épaules. Après une blessure sérieuse et un retour au jeu récent (il y a trois semaines à Toronto), Leylah «veut avoir du plaisir sur le terrain».

«J’espère que je serai ici pour la totalité du tournoi, mais pour l’instant, j’y vais un match à la fois», a-t-elle ajouté.

Peut-être face à une légende ?

Avant de songer à une autre finale dans le plus grand stade de tennis au monde, il pourrait y avoir, si les dieux de ce sport le veulent bien, un affrontement de quatrième tour face à une certaine Serena Williams.

Le nom de la légende est sur toutes les lèvres à ces Internationaux des États-Unis. Ce fut toujours un peu le cas, mais l’annonce de sa retraite imminente ne fait qu’accentuer le phénomène.

La jeune joueuse n’était pas au courant de cette potentielle rencontre avec la grande vedette, qui devrait disputer dans la Grosse Pomme le dernier tournoi de sa carrière. C’est son entraîneur, son père Jorge, qui regarde son tableau lorsqu’il est dévoilé.

Qu’importe le résultat

Si Williams et Fernandez devaient s’affronter à New York, ce serait une première. Et cette possibilité a semblé réjouir la petite joueuse.

«Vous rêvez toujours d’affronter des légendes, ces filles que vous admirez, a souligné Fernandez. Peu importe le résultat. Vous voulez obtenir ce temps [avec elles] sur le terrain. Pas juste à l’entraînement, mais dans un match.»

«Ce serait un rêve devenu réalité.»

Un autre, dans cette ville où de grandes choses se produisent.

Surtout pour Leylah.

Ravie d'être aux côtés de Nadal

Leylah Fernandez fait partie des athlètes qui figurent sur le carton promotionnel d’une nouvelle raquette de la compagnie Babolat, son équipementier.

Un privilège qui revient aux têtes d’affiche du circuit et qui était, pour la Québécoise, « un rêve de petite fille ».

«C’est un grand honneur d’y figurer, non seulement avec Félix [Auger-Aliassime] et [Carlos] Alcaraz, qui représentent la génération montante, mais aussi avec [Rafael] Nadal», s’est réjouie la joueuse de 19 ans, vendredi.

«Quand j’étais jeune et que je voyais toutes les photos de Nadal sur des raquettes, je rêvais qu’un jour, je serais là avec lui, ma photo à côté de la sienne. C’est un rêve devenu réalité», a ajouté la gauchère, le sourire aux lèvres.

Avec des jeunes

La Pure Aero 2023 de Babolat a été lancée jeudi dans le Queen’s, en présence de Leylah, de Félix et d’Alcaraz.

Durant l’activité promotionnelle, les trois athlètes ont frappé des balles avec de jeunes joueurs du quartier.

Fernandez joue avec ce type de raquette, adapté à son style, depuis qu’elle a 12 ans, peut-on lire dans un communiqué de la compagnie. Elle a contribué à développer la nouvelle mouture.

Motiver la relève

Elle est elle-même encore très jeune, mais Fernandez évoque souvent l’importance d’inspirer une nouvelle génération d’athlètes par son tennis et ses résultats. Elle souhaite maintenant que cette photo ait le même impact sur la relève.

Un peu comme ce fut le cas pour elle, avec ces images de Nadal.

«C’est tellement beau [cette photo], a-t-elle souligné. J’étais tellement heureuse. J’espère maintenant que les jeunes regarderont ce carton et qu’en voyant les joueurs qui y figurent, cela les motivera à continuer. J’espère qu’un jour peut-être, ils se projetteront dans cette image.»