Crédit : PASCAL HUOT/AGENCE QMI

Football universitaire RSEQ

Le Rouge et Or en meilleure posture

Publié | Mis à jour

Au terme d’un camp d’entraînement plus court qu’à l’habitude et de l’absence d’une partie présaison, Glen Constantin estime que le Rouge et Or de l’Université Laval est néanmoins prêt à amorcer sa saison, samedi, alors que le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke sera en visite au PEPS.

Le camp d’entraînement s’est conclu et la préparation pour le Vert & Or s’est amorcée, jeudi, après une journée de congé.

«Avec un camp d’une semaine et sans match préparatoire, c’était un bon défi de tenir un camp productif et efficace tout en s’assurant que les joueurs auraient les jambes fraîches pour la première rencontre de la saison, a expliqué l’entraîneur-chef du Rouge et Or. On voulait que les gars aient assez de volume, mais on voulait aussi éviter les blessures.»

Constantin considère que le Rouge et Or se retrouve en meilleure posture qu’à pareille date l’an dernier.

«Nous n’avons pas joué un match présaison pour valider la réaction des joueurs, mais nous sommes en meilleure position principalement en défensive où nous avons grandi comme unité et gagné en maturité, a-t-il raconté. La cohésion est bien meilleure et ça paraît beaucoup sur la ligne tertiaire.»

«En offensive, nous avons de la profondeur aux positions de porteur de ballon et de receveurs et le jeu d’ensemble sur la ligne est meilleur même si nous avons perdu deux bons joueurs, poursuit le pilote lavallois. À la position de quart-arrière, Arnaud [Desjardins] a obtenu plus de volume que l’an dernier alors qu’il y avait une bataille pour le poste de partant et qu’on divisait le temps de jeu.»

Le Rouge et Or retrouvera le Vert & Or, qui a défait Laval pour la première fois de son histoire l’an dernier en Estrie dans un gain de 23 à 17.

«Sherbrooke nous a battus pour une première fois et ils vont croire plus que jamais à leurs chances de gagner de nouveau, a souligné Constantin. Ce fut une bonne leçon qui démontre qu’on doit jouer notre meilleur football à toutes les parties et non le garder pour les matchs contre Montréal. Cette défaite nous a permis de progresser et de devenir meilleurs.»

Signal d’alarme

Nicolas Guay abonde dans le même sens. «Cette défaite contre Sherbrooke a été le signal d’alarme qu’il y a cinq bonnes équipes dans le RSEQ, a souligné le vétéran garde. On a tous vu ce qui se passe à Penn State et nous sommes excités de disputer ce premier match en blanc. Ça va être le fun quand on va entrer dans le stade, mais ça va devenir un match comme un autre dès le premier coup de sifflet.»

De son côté, Mathieu Lecompte ne croit pas que cette victoire historique aura un impact, samedi soir.

«Ce fut plaisant de gagner ce premier match, mais le passé n’a pas d’avenir, a-t-il indiqué. On ne regarde plus en arrière parce que ça ne donne rien. On ne parle pas de l’an dernier et on se concentre sur le moment présent.»

Élément de confiance

Lecompte sait toutefois ce qu’il veut pour le futur. «Gagner un premier match à Laval est un objectif à côté de ma table de chevet.»

Au match retour, le Vert & Or n’avait pas fait le poids en s’inclinant au pointage de 45-2, mais il avait perdu son quart-arrière Anthony Robichaud, qui était 7 en 7 au moment de se blesser, et le receveur William Marchand.

«Peu importe l’équipe, c’est difficile quand tu évolues dans un environnement hostile comme à Laval et que tu perds ton quart-arrière numéro un.»

UN RECORD À LA PORTÉE DE CONSTANTIN

Glen Constantin n’a besoin que de cinq victoires pour égaler le record du plus grand nombre de gains en carrière par un entraîneur du réseau universitaire canadien.

À sa 21e saison à la barre du Rouge et Or, le pilote lavallois compte 191 victoires au compteur en incluant les séries éliminatoires comparativement à 196 pour Brian Towriss, qui a dirigé les Huskies de la Saskatchewan pendant 33 ans.

«C’est un privilège d’être en poste depuis aussi longtemps et d’avoir pu compter en grande partie sur le même personnel d’entraîneurs, a-t-il souligné. Ça va être mon nom qui sera reconnu, mais c’est un honneur pour le programme et un effort d’équipe. Peu importe notre fiche cette saison, l’objectif est de gagner le dernier match de l’année. Pour gagner, on doit se concentrer sur la tâche à accomplir et bien se préparer. On n’en parle pas, et je vais m’assurer que ça ne devienne pas une distraction.»

Bouleverser l’ordre

Constantin et le Rouge et Or ont bouleversé l’ordre établi au fil des ans. «À mes débuts, les autres équipes n’avaient qu’un entraîneur à temps plein et on a réussi à professionnaliser le boulot de coach même s’il y a encore du travail à faire. Je pense qu’on a contribué à ce changement.»

«Quand je suis revenu de Houston en 1996, je me souviens de t’avoir dit dans le sous-sol du PEPS que je voulais faire du Québec le Texas du Canada, de poursuivre le pilote lavallois. Le Québec est en bonne position. En revenant au Québec, j’avais fait une croix sur la NCAA.»

Au terme de la saison 2000, Constantin avait toutefois accepté une offre pour devenir entraîneur des secondeurs extérieurs avec les Wolverines du Michigan de son mentor Lloyd Carr.

Un appel du président de l’équipe, Jacques Tanguay, a modifié son parcours. «Avec les couleurs de Michigan, j’étais à Trois-Rivières pour recruter quand Jacques m’a appelé. Il m’a offert le poste d’entraîneur-chef.»

Alex Poirier est prêt

Blessé dès le premier jeu de la Coupe Dunsmore, Alex Poirier assure qu’il est fin prêt à reprendre le collier.

Joueur défensif par excellence du RSEQ en 2021, le secondeur intérieur du Rouge et Or de l’Université Laval s’est disloqué une épaule lors du botté d’envoi du duel face aux Carabins de l’Université de Montréal. Après une chute au sol, un adversaire lui est tombé dessus.

Poirier était passé sous le bistouri à son arrivée à Laval en 2019 pour corriger un problème analogue à son autre épaule. «Ce fut le jour et la nuit, a-t-il imagé au sujet des deux opérations. Cette fois-ci, j’ai récupéré un mois et demi plus rapidement. Je n’ai pas eu de problèmes pendant le camp. Je suis à 100 % et prêt pour le début de la saison.»

Compte tenu de l’enjeu, le produit des Cougars du Collège Champlain-Lennoxville avait tenté de poursuivre avant de devoir abdiquer. «Après quelques jeux, je ne sentais plus mon bras, a-t-il raconté. Je n’aidais plus l’équipe.» Les Carabins ont tiré profit de son absence pour connaître un très bon après-midi par la voie terrestre avec des gains de 206 verges et trois touchés de Bertrand Beaulieu en route vers un gain de 28 à 19.

S’il est de retour au sommet de son art, cette blessure a toutefois changé ses plans. «J’étais admissible au repêchage de la LCF, mais j’ai retiré mon nom, a-t-il expliqué. Je n’aurais pas pu participer au camp d’évaluation national à Toronto et je n’aurais pas été prêt pour les camps d’entraînement en juin. J’ai reçu le feu vert seulement deux ou trois jours avant le début de notre camp à Laval.»

Solides gaillards

Pendant sa convalescence, Poirier a pris du poids, mais il n’est pas inquiet. «J’ai pris une dizaine de livres, mais je suis capable de bouger et je n’ai pas perdu de vitesse, a indiqué le secondeur de 260 livres. Nous sommes tous de solides gaillards dans la famille. Je veux perdre cinq livres en début de saison.»

Le secondeur de 4e année a bon espoir que l’unité défensive sera à la hauteur. «Nous avions plusieurs recrues l’an dernier et les gars sont maintenant plus habitués au système. Marc [Fortier] pourra rentrer tous les jeux et son cahier sera ouvert au complet.»

Charles-Lee Alarie Tardif est lui aussi passé sous le bistouri et il aborde sa deuxième saison avec confiance. «Je n’ai jamais été aussi en forme depuis ma première année collégiale, a affirmé l’ailier défensif. J’ai hâte de transmettre ça sur le terrain. Ma hanche est guérie et je suis plus mobile. Mon départ est meilleur et les joueurs de ligne offensive devront respecter ma verticalité. L’an dernier, j’utilisais souvent la technique du bull rush en raison d’une mobilité réduite et ce n’est pas ma spécialité.»

Une décision qui a fait mal

Alarie Tardif dit avoir appris l’an dernier. «Mon orgueil a été beaucoup touché quand je n’ai pas été habillé lors du premier match, a-t-il confié. Cette décision m’a fait mal, mais m’a fait beaucoup travailler sur moi-même. L’écart entre le collégial et l’universitaire est énorme et j’ai été chanceux d’affronter la meilleure ligne offensive de notre conférence pour m’améliorer.»

«J’ai été partant dans les séries, mais mon poste n’est pas assuré, ajoute Alarie Tardif. Je devrai me battre tous les jours et ça va me permettre de devenir meilleur.»