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«Je dédie cette victoire à mon pays»

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L'Ukrainien Oleksandr Usyk a conservé les titres WBA, IBF et WBO des lourds en battant le Britannique Anthony Joshua sur décision partagée des juges (113-115, 115-113, 116-112) dans la nuit de samedi à dimanche à Jeddah, en Arabie saoudite.

Il s'agissait de la revanche entre les deux hommes: Usyk, invaincu à 35 ans (20- 0, 13 K.-O.) avait déjà battu Joshua, 32 ans (24-3-22 K.-O.), aux points et à l'unanimité en septembre à Londres.

Cette fois, le grand «AJ» (1,98 m contre 1,91 m) a élevé son niveau et s'est porté à l'attaque dès le deuxième round. Cela n'a toutefois pas suffi pour l'emporter face à son rival ukrainien, favori des parieurs pour son quatrième combat seulement dans la catégorie et porté par son pays envahi par la Russie.

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«Je dédie cette victoire à mon pays, à ma famille, à mon équipe et à tous les militaires qui défendent le pays», a réagi Usyk, le plus solide dans les derniers rounds, face au public de la King Abdullah Sports City Arena, qui accueille 12 000 personnes.

Le boxeur portait les couleurs de l'Ukraine et les mots «colors of freedom» (couleurs de la liberté) sur sa tenue. Dans les jours précédant le combat, il avait entonné devant les médias un chant patriotique vêtu d'un costume traditionnel, le crâne rasé à l'exception d'une mèche à la mode cosaque.

L'affrontement était exceptionnellement diffusé gratuitement en Ukraine, où Usyk a servi comme volontaire dans l'armée en février, avant d'accepter cette revanche.

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«Fury n'est pas encore retraité»

Il peut désormais envisager un éventuel combat d'unification contre le Britannique Tyson Fury, 34 ans (32 v., 1 nul), qui détient la ceinture WBC des lourds, si celui-ci décide de remonter sur le ring après avoir une fois de plus annoncé sa retraite le 12 août. 

«Je suis sûr que Tyson Fury n'est pas encore retraité. Je suis sûr qu'il veut combattre contre moi, a d'ailleurs lancé Usyk. Je veux le combattre et, si je ne combats pas Tyson Fury, je ne combattrais pas du tout.»

Après l'affrontement, Joshua a ponctué son discours de jurons, malgré la présence du prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto de la très conservatrice Arabie saoudite.

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«J'ai juste parlé avec mon cœur. Ça a été tellement dur», a déclaré le Britannique, ajoutant: «il faut être très fort et ce soir, il y a une petite fissure dans l'armure».

«Vous avez vu la réaction d'’AJ’, c'était celle d'un être humain qui voulait tellement gagner, avec tant de pression sur les épaules. Je pense qu'il a juste explosé parce qu'il a perdu et qu'il était dévasté», a renchéri son agent, Eddie Hearn.

Moins étincelant depuis sa défaite surprise en 2019 face au Mexicain Andy Ruiz Jr, le champion olympique de Londres en 2012 avait rejeté avant le combat les rumeurs de retraite en cas de défaite.

La soirée a également vu le premier combat de boxe professionnelle féminine dans le royaume, remporté par la Britannique d'origine somalienne Ramla Ali grâce à un K.-O. au premier round contre la Dominicaine Crystal Garcia Nova.

À l'instar du Grand Prix de Formule 1 d'Arabie saoudite, ce combat est l'un des événements pour lesquels Ryad - qui cherche à diversifier son économie pétrolière - est accusée de «sportswashing» (une façon de redorer le blason international du pays, régulièrement accusé de violations des droits de la personne, à travers des manifestations sportives).