GEN - TOURNOI DE GOLF SERGE SAVARD

Crédit : MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTR�AL

Canadiens de Montréal

Guy Lafleur toujours dans les pensées et les cœurs de tous

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TERREBONNE – Les visages connus du monde du hockey étaient nombreux mardi au club de golf Le Mirage à l’occasion de la troisième Invitation Serge Savard, mais un grand brillait par son absence: Guy Lafleur.

L’événement tenu en présence de plusieurs anciens joueurs du Canadien de Montréal avait pour l’occasion quelques objectifs : amasser des fonds pour soutenir les étudiants-athlètes de l’Université de Sherbrooke et souligner le 50e anniversaire de la Série du siècle, mais aussi rendre hommage au Démon blond, décédé le 22 avril des suites du cancer du poumon.

Ainsi, le célèbre Robert Charlebois, fervent partisan de hockey, a défié les allées et a proposé à Savard d’honorer en chanson Lafleur dans le cadre d’une cérémonie organisée en marge du tournoi en soirée. Pour l’hôte de la journée, il allait de soi de garder une grande place au numéro 10, qui aurait accompagné ses ex-partenaires d’armes sur les verts s’il avait été vivant et en santé.

«Avec son départ, on a perdu un membre de la famille, l’un des plus grands. Quand on parle d’eux, ce sont toujours les Jean Béliveau, Maurice Richard et Guy Lafleur qu'on mentionne. C’est important et tout le monde est fier d’être ici», a affirmé l’ancien directeur général et défenseur du Bleu-Blanc-Rouge.

Précisant que son ex-coéquipier lui avait demandé peu avant sa mort de devenir coprésident de la campagne de financement du CHUM visant à aider la recherche contre le cancer, le «Sénateur» a évoqué les qualités humaines de Lafleur, resté le même jusqu’à la toute fin.

«Même à la fin de sa vie, il a continué à faire la différence chez les gens. Deux semaines avant sa mort, on s’échangeait encore des messages textes. Guy appelait personnellement chaque personne ayant donné 5000 $ et plus pour la remercier. C’était assez spécial, a-t-il indiqué. Ce que je retiens, c’est son humilité. Il parlait à tout le monde, que ce soit une vedette ou un joueur de quatrième trio, et ne refusait jamais un autographe, comme les Béliveau et les Richard, nos modèles, l’ont fait avant lui. Il avait le caractère des grands joueurs.»

Comme des frères

Pour sa part, Marcel Dionne n’a pas eu la chance de côtoyer Lafleur à l’époque de la dynastie des années 1970 du Canadien, étant dans le giron d’abord des Red Wings de Detroit et ensuite, des Kings de Los Angeles. Néanmoins, ils se sont liés d’amitié hors de la patinoire, relation qui est demeurée aussi solide que leur jeu respectif. D’après celui résidant en Ontario, il n’y en avait pas comme Lafleur, particulièrement sur la glace.

«Guy n’a pas changé la "game". Au début, dans le midget et le junior, il a eu des hauts et des bas. Par contre, il possédait le lancer, la vitesse. Ce n’était pas un "zigzagueux". Était-ce un [Sidney] Crosby ou un [Connor] McDavid? Probablement pas, mais on savait qu’il était là», a-t-il considéré.

Et la chimie que «Flower» entretenait avec ses coéquipiers était inégalable, selon le double vainqueur du trophée Hart.

«Yvan Cournoyer disait qu’il y avait beaucoup de francophones dans sa formation. C’était à l’époque où des gars jouaient ensemble 10-15 ans. Ils étaient comme des frères. Ce n’est plus comme ça aujourd’hui. C’est devenu une grosse "business" avec des agents à proximité», a estimé Dionne.

Peu importe que ce soit sur une surface glacée ou à l’extérieur de celle-ci, Lafleur manque à tous et ce sera ainsi pour longtemps. «C’est difficile de s’y faire, a dit l’ancien membre du Big Three Guy Lapointe. On s’ennuie de lui et sa mort a créé un grand vide.»