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Tennis

La plus grande tire sa révérence

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Elle aura été à la fois reine et révolutionnaire. Mais l’heure est venue pour Serena Williams de remettre en jeu sa couronne. La plus grande joueuse de tous les temps prendra sa retraite dans les prochaines semaines, a-t-elle annoncé mardi.

«Ce sujet ne me rend pas heureuse. Ce n’est pas ce qu’on dit habituellement, mais je ressens beaucoup de douleur. [...] Je suis déchirée, mais en même temps, je suis prête pour la prochaine étape», a souligné l’Américaine, dans un article qui sera publié dans le magazine Vogue en septembre.

L’icône veut maintenant se concentrer sur son rôle de mère. Elle rêve d’un second enfant, elle qui a mis au monde Olympia il y a cinq ans. Elle souhaite également mettre l’accent sur «ses buts spirituels et finalement découvrir une Serena différente, mais tout aussi excitante».

À bientôt 41 ans, l’ancienne numéro 1 ne mentionne pas pour l’instant à quel moment elle accrochera sa raquette.

Un dernier US Open ?

Mais les Internationaux des États-Unis débutent le 29 août, et la grande scène de Flushing Meadows semble être l’endroit tout indiqué pour ses adieux.

Après tout, c’est là que la cadette des sœurs Williams a commencé à écrire sa légende il y a plus de deux décennies. En 1999, âgée de 17 ans, elle remportait au US Open le premier de ses 23 titres majeurs en simple.

Un record de l’ère moderne en simple, à une longueur de l’Australienne Margaret Court, qui a gagné une partie des siens alors que les professionnels n’étaient pas admis dans les tournois du Grand Chelem.

Cette quête du 24e trophée aura hanté Serena dans les dernières années. Quatre fois depuis 2017, elle sera passée à côté de ce sacre qui aurait scellé encore davantage sa place dans l’histoire.

Palmarès imbattable

Mercredi, Williams se dit sereine.

«Certains affirment que je ne suis pas la plus grande de tous les temps parce que je n’ai pas dépassé la marque de Margaret Court. [...] Je mentirais si je disais que je ne veux pas ce record. Mais au quotidien, je n’y pense pas.»

Parmi ses contemporains, son statut de plus grande ne fait pas de doute. Même en dehors des courts.

«Je crois qu’elle est non seulement la meilleure joueuse de tennis de tous les temps, mais aussi la plus grande athlète féminine», a affirmé la Grecque Maria Sakkari, quatrième mondiale, en début de semaine.

Son palmarès ne laisse aucun doute. Elle aura passé 319 semaines au premier rang, dont 186 consécutives. Elle aura remporté 73 titres de la WTA, des médailles d’or olympiques et elle aura excellé tant en simple qu’en double.

Controverse et legs

Sa carrière n’aura toutefois pas été exempte de controverses. En demi-finale du US Open de 2009, Williams a écopé d’une amende de 13 500 $ US pour avoir menacé une juge de ligne de lui «enfoncer une balle dans la gorge».

Elle aura aussi été marquée par ce long boycottage d’Indian Wells – 13 ans, précisément –, après que sa sœur et elle eurent été victimes de racisme, en 2001.

«Le tennis étant un sport principalement pratiqué par les Blancs, ça m’a aidée de la voir jouer. Parce que j’ai pu observer quelqu’un qui me ressemblait et qui dominait. Ça m’a fait croire que je pouvais dominer aussi», a pointé l’Américaine Coco Gauff, 11e mondiale, mardi.

Mais mercredi, au crépuscule de sa carrière, Serena se réjouit du legs qu’elle laissera aux athlètes de demain. Par son tennis agressif, sa flamboyance, sa passion et son engagement.

«J’aime penser que grâce aux occasions qui m’ont été offertes, les athlètes peuvent maintenant être elles-mêmes. Qu’elles peuvent jouer de façon agressive et brandir leur poing. Qu’elles peuvent être fortes et belles. Qu’elles peuvent porter ce qu’elles veulent, dire ce qu’elles veulent, botter des derrières et en être fières.»