Crédit : Courtoisie CF Montréal

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Jason Di Tullio succombe à un cancer du cerveau

Publié | Mis à jour

La communauté du soccer est en deuil : l'entraîneur adjoint du CF Montréal Jason DiTullio s’est éteint jeudi soir. Le Québécois était âgé de 38 ans.

Jason Di Tullio a perdu son combat contre le cancer. L’entraîneur adjoint du CF Montréal s’est éteint dans la nuit de jeudi à vendredi.

Di Tullio avait appris qu’il souffrait d’un glioblastome en juin 2021. Il s’agit de la forme la plus agressive du cancer du cerveau, le même qui avait emporté l’ancien lanceur Derek Aucoin.

Le Montréalais a subi de multiples chirurgies afin d’enlever toute trace du cancer et s’est prêté à des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie.

L’automne dernier, on avait lancé une campagne de sociofinancement pour lui venir en aide financièrement et pour amasser des fonds pour lutter contre le cancer du cerveau.

Celle-ci a suscité plus de 2000 dons pour un total dépassant les 186 000 $.

Intime

Le club rendra hommage à Di Tullio lors du match de samedi soir contre New York City et au cours des prochains jours.

Une cérémonie intime réunissant sa famille et ses amis sera également organisée.

«C’est avec une immense tristesse que nous pleurons la disparition de notre collègue, coéquipier et ami qui est parti beaucoup trop tôt», a indiqué le président du club Gabriel Gervais.

«Jason a été un grand joueur et un grand homme, poursuit le communiqué. Son énergie bien à lui était présente jusqu’à ses derniers moments. Lui-même comparait symboliquement son combat à un match de soccer.»

«Jason a été extrêmement courageux et s’est battu jusqu’à la fin. Il restera gravé pour toujours dans nos esprits et la mémoire du Club comme un joueur et un mentor emblématique.»

Affaibli

Malgré la maladie, Di Tullio avait l’habitude de se rendre au Stade Saputo afin d’assister aux matchs de l’équipe.

Lors de ses dernières visites, au début de l’été, il était apparu amaigri et affaibli.

Il commençait à avoir du mal à se déplacer par lui-même. Le cancer était en train de gagner du terrain. L’ancien athlète était aux soins palliatifs depuis quelque temps.

«On voyait qu’il voulait être aux entraînements et aux matchs. Mais on voit aussi que cette maladie fait des dommages. Ç’a été foudroyant même si on parle d’un peu plus d’un an entre le diagnostic et aujourd’hui. J’admire son courage, il n’a jamais lâché», s’est souvenu son ancien coéquipier Patrick Leduc.

Du sang bleu

On peut dire que du sang bleu coulait dans les veines de Di Tullio qui a toujours porté le maillot de l’Impact au cours de sa carrière de joueur qui s’est étalée de 2002 à 2007. Il a fait ses débuts à 18 ans et a disputé 81 matchs dans le maillot bleu-blanc-noir. Il a accumulé un but et quatre passes en 5611 minutes.

Victime de plusieurs blessures, dont aux genoux, il a été contraint de prendre sa retraite très jeune. Il a par la suite mené une école de soccer et a rejoint les rangs de l’Académie de l’Impact de Montréal comme entraîneur en 2011.

Il a dirigé les équipes des moins de 16 ans et des moins de 18 ans avant de rejoindre le groupe d’entraîneurs de la première équipe en 2015 quand son ami Mauro Biello a été nommé entraîneur-chef.

Quand on a remercié tout le personnel en 2017, Di Tullio est passé chez Soccer Canada où il a été entraîneur adjoint de la formation des moins de 23 ans en 2018 et 2019. Au cours de cette période, il a aussi été directeur technique du FC Lanaudière.

Il est revenu dans le giron de l’Impact en 2019 pour prendre en charge l’équipe des moins de 17 ans.

Wilfried Nancy en avait fait son adjoint lorsqu’il a succédé à Thierry Henry, au début de la saison 2021. 

La Grinta pour toujours 

 À n’en pas douter, le décès de Jason Di Tullio laisse un trou béant dans la famille du CF Montréal.

Très proche de lui, Nick De Santis était complètement bouleversé. Il a été incapable d’en discuter de vive voix et a préféré rendre hommage à son ami par textos.

«J’ai le cœur gros. Rien n’a jamais été facile pour Jason, il a toujours eu à se battre face à de multiples défis. C’était une personne passionnée, ses amis, sa famille et le soccer étaient tout pour lui», a écrit celui qui a été son coéquipier et entraîneur.

«Il était toujours là pour qui que ce soit qui avait un lien avec lui. Il transmettait une énergie incroyable autour de lui, il est parti vraiment trop tôt. Il habitera toujours mes pensées comme ami, coéquipier et guerrier.»

Passion

Tous ceux qui lui ont rendu hommage vendredi ont parlé de sa passion contagieuse.

«Le soccer québécois et canadien a perdu un peu de sa passion parce que Jason était quelqu’un de vraiment passionné par ce qu’il faisait. Son amour pour le soccer était évident. Il va rejoindre une équipe étoile au paradis», a souligné un John Limniatis ému au bout du fil.

Patrick Leduc a lui aussi vanté, avec beaucoup d’émotion, la flamme qui animait son ancien coéquipier.

«Il incarne les valeurs du club et c’est pour ça qu’il a été marquant. Il a été très loyal, il a joué avec beaucoup de passion et c’est quelque chose qu’on reconnaît dans les succès du club.»

«Jason était l’exemple du courage et de la résilience. Quiconque a eu la chance de croiser le chemin de Jay repartait avec un sourire au visage. Il va nous manquer, mais nous ne l’oublierons jamais», a mentionné l’ancien gardien Greg Sutton dans un gazouillis.

La Grinta

En italien, on utilise souvent l’expression La Grinta pour parler d’un joueur fougueux et combatif qui laisse son cœur sur le terrain.

«Il a toujours tout donné et il a joué avec beaucoup de cœur dès ses débuts, a insisté Leduc. C’était la même chose comme entraîneur. Dans les bureaux, il travaillait très fort et il était humble.»

«C’est la marque qu’il laisse au club. L’expression La Grinta, c’est synonyme de Jason Di Tullio. C’est le souvenir que je garde de lui et c’est ce que je voudrais transmettre à l’Académie.»

L’expression l’a d’ailleurs suivi lorsqu’il a entamé sa lutte contre le cancer.

Talent

Patrick Leduc se souvient très bien du moment où il a croisé Di Tullio pour la première fois.

«La première fois que je l’ai vu, c’était avant qu’il se joigne au club. On s’entraînait l’hiver au Centre national de haute performance.»

«Nick De Santis et Mauro étaient venus s’entraîner avec des jeunes, j’étais déjà avec l’Impact. Le joueur qui était peut-être le plus avancé de ces jeunes, c’était Jason. On a passé l’hiver ensemble et lorsque la saison a commencé, il était dans l’Impact.»

Malgré ses 18 ans, Di Tullio, qui était alors un milieu de terrain, a trouvé le moyen de se faire remarquer.

«Il a été recrue de l’année, il s’est imposé. Il avait tellement la fougue quand il jouait. Il était créatif avec le ballon, il avait un bon tir et il était très bon défensivement.» 

(Avec la collaboration de l’Agence QMI)