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Crédit : Photo d'archives Agence QMI

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Hockey Canada: 7,6 millions $ en paiements

Publié | Mis à jour

Le fonds spécial de Hockey Canada dédié notamment aux règlements à l’amiable a servi, depuis sa mise en place en 1989, à faire neuf paiements pour des cas d’abus sexuels, totalisant 7,6 millions $.

L’assureur de Hockey Canada a de son côté déboursé 1,3 million $ en dédommagements pour 12 autres cas liés à des agressions ou inconduites sexuelles.

L’information est venue de la bouche du dirigeant financier de l’organisation, Brian Cairo, appelé à témoigner à un comité parlementaire, mercredi, en compagnie du président-directeur général Scott Smith et des présidents de différentes ligues juniors au pays.

M. Cairo a affirmé que le fonds servait comme une police d’«autoassurance»: en évitant d’avoir recours à un assureur externe, Hockey Canada pouvait éviter les enquêtes qui précèdent généralement les demandes d’indemnisation.

L’écrasante majorité de ce montant, soit 6,8 millions $, a servi à régler les dossiers liés à Graham James, un entraîneur de hockey junior ayant agressé une multitude de jeunes joueurs, dont Sheldon Kennedy, ancien joueur professionnel reconnu pour avoir été l’un des premiers à avoir dénoncé la culture du silence au sein du sport professionnel.

C’est aussi à partir de ce fonds qu’est payée la firme externe Henein Hutchison, chargée par Hockey Canada d’enquêter sur le présumé viol collectif survenu à London, en Ontario, en 2018.

La firme a touché 287 000 $ pour ce travail en quatre ans, mais l’entente confidentielle conclue avec la victime de cette affaire n’a pas été comptabilisée dans le 7,6 millions $. Le montant du règlement n’est pas connu, mais les dirigeants de l’organisation ont conclu de lui fournir la somme «maximale».

Le fonds spécial, baptisé «fonds national d’équité», est en grande partie financé à travers une surprime sur les frais d’adhésion aux activités de Hockey Canada par les familles des jeunes joueurs.

La tête du PDG réclamée

L’ensemble des députés qui ont pris part à l’audience de mercredi se sont fait l’écho de Sheldon Kennedy en réclamant la démission de Scott Smith, qui s’est retrouvé sur le grill pendant trois heures.

À chaque fois que l’occasion s’est présentée, M. Smith a répondu que la démission n’était pas dans ses plans, sans toutefois y fermer la porte de manière définitive.

«Je suis prêt à prendre la responsabilité d’agir pour le changement dans notre sport. Je crois que j’ai l’expérience requise pour le faire. Si notre conseil d’administration ou les dirigeants estiment que je ne suis pas la bonne personne, alors je serai prêt à accepter [de démissionner]», a-t-il martelé.

Reconnaissant que Hockey Canada «peut et doit faire mieux», M. Smith, qui a hérité du poste de PDG au début du mois, s’est présenté comme l’homme de la situation, prêt à mettre fin à la «culture du silence qui permet les comportements toxiques et le sexisme d’envenimer les racoins de notre sport».

Sport Canada doit partager l’opprobre

Alors que tous les regards sont tournés vers Hockey Canada, les partis d’opposition à Ottawa ont voulu tourner les projecteurs vers Sport Canada, une direction du ministère du Patrimoine canadien.

En comité mardi, un directeur de Sport Canada a affirmé que l’organisation avait été mise au courant de l’allégation de viol collectif de 2018, mais n’en avait pas avisé la ministre et n’avait pas effectué de suivi.

«Le fait est que le gouvernement a abandonné les Canadiens en ne donnant pas suite aux allégations, et en continuant à financer Hockey Canada alors qu’il connaissait la gravité de ces allégations», a déploré le Parti conservateur du Canada (PCC) par communiqué.

Dans la même veine, le Nouveau Parti démocratique (NPD) estime qu’«il incombe à la ministre de savoir ce qui se passe dans son propre gouvernement et de réagir lorsqu’il finance des abus».

«Malheureusement, beaucoup de personnes ont perdu confiance dans la capacité des libéraux, de Sport Canada et de Hockey Canada à faire preuve de transparence au sujet de cette culture propice à la violence et aux abus sexuels et à prendre des mesures concrètes pour éradiquer ces agissements», a affirmé le néodémocrate Peter Julian, membre du comité du Patrimoine.