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Cyclisme

Hugo Houle sera au Québec en septembre

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Les amateurs de cyclisme de la province auront l’occasion d’applaudir Hugo Houle en septembre lors des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal.

Il s’agira de la première présence en sol québécois depuis environ un an pour la nouvelle star du peloton. Exilé à Monaco avec sa conjointe, Houle n’a pas vu ses parents depuis très longtemps et l’éloignement n’est pas toujours facile à gérer.

Après cette incroyable victoire au Tour de France qui changera assurément la suite de sa carrière, le cycliste reviendra à la maison avec un statut différent et une popularité grandissante.

Avec plaisir

«Je vais avoir le temps de décanter ça. Je n’ai pas prévu revenir avant. Ça va me faire plaisir d’être là. Si je peux aider, tant mieux. Mes convictions personnelles m’ont aidé à me surpasser», a expliqué le vainqueur de la 16e étape, toujours humble devant l’exploit.

Pour les Grands Prix cyclistes en pause forcée depuis deux ans, la carte de visite est exceptionnelle. Le PDG Sébastien Arsenault ne pouvait demander mieux afin de relancer son événement de classe mondiale. Il souhaite même voir Hugo porter le dossard numéro 1.

«On ne peut pas avoir un meilleur ambassadeur. Ce sont des victoires qu’on voit une fois par génération. Il faut s’assurer que la prochaine ne soit pas dans 35 ans. Le cyclisme canadien a mangé une débarque à cause de la fédération nationale il y a quelques années. J’espère que les gens vont réaliser l’immense opportunité que nous avons d’avoir ces deux courses ici.»

Sébastien Arsenault veut éviter de revivre le phénomène des Olympiques où des athlètes sont au cœur de l’action pendant deux semaines et trop vite oubliés pendant quatre ans ensuite.

«N’eût été certains mécènes qui ont parfois investi leur argent pour les aider, nos cyclistes ne seraient peut-être pas rendus là. Notre rêve, c’est de faire comprendre aux instances gouvernementales, aux partenaires et aux entreprises que nous avions la capacité de devenir une grande nation de vélo comme la Belgique, le Danemark ou la France.»

Honorer le champion

L’organisation des Grands Prix cyclistes va maintenant réfléchir à la façon de souligner la victoire du Québécois.

«C’est évident qu’on va faire quelque chose. Nous allons travailler avec l’équipe de Jean Bélanger de Premier Tech.

«Avec la qualité de l’homme. C’est une perle. Un gars intelligent et lucide. Les jeunes vont pouvoir rêver d’être le prochain Hugo Houle et on va s’assurer que ça ne sera pas éphémère. Pas juste les trompettes et les balounes», ajoute le patron.

Ce dernier estime aussi qu’il a un rôle à jouer afin que nos jeunes puissent voir la lumière au bout du tunnel en cyclisme. Des coups de fil seront faits pour que certains espoirs se trouvent un guidon en Europe.

«Faut se donner les moyens de nos ambitions pour y arriver. Le vélo n’a jamais été aussi privilégié», termine M. Arsenault.

Encore d'autres victoires à venir

Tous les artisans de la réussite de Hugo Houle semblent convaincus qu’il y aura d’autres grandes occasions de célébrer dans les mois et les années à venir.

«C’est la seule course à laquelle j’assiste. C’est agréable de les voir plusieurs tours, et cette année c’était encore plus excitant de l’attendre à l’arrivée», a commenté sa compagne depuis plus de dix ans, Stéphanie Matteau.

Bien sûr, cette dernière aurait aimé être présente le 19 juillet pour le voir lever les bras au ciel.

«J’aurais aimé ça être là pour ressentir un peu la joie qu’il avait, mais même à distance j’ai pu vivre un peu sa victoire avec lui. Je suis convaincue qu’il va y en avoir d’autres comme la 16e étape», dit-elle.

Pour le partenaire Premier Tech, l’association n’est pas sur le point de prendre fin, au contraire.

«On est là à long terme. Il y a des mécènes, dans l’ombre ou non. Notre entreprise va célébrer ses 100 ans l’année prochaine et le fait d’accompagner ces jeunes est au cœur de nos valeurs», a précisé le PDG, Jean Bélanger.

«C’est incroyable et ce n’est pas calculable. Il faut créer et saisir ses opportunités. De partir avec panache à 40 kilomètres comme Houle a fait, ça va prendre des mois et des années à mesurer ce qu’il a fait et son impact», a-t-il ajouté.

Belle complicité

À travers leur collaboration, les deux hommes ont développé une relation d’amitié évidente. «Juste de parler de ce qu’il a fait au Tour, j’ai encore des frissons.» Le copropriétaire Sylvan Adams déplore quand même un peu de malchance. «Notre capitaine Daryl Impey a eu le COVID juste avant la course. C’est un peu un magicien de la route. Il y a eu la chute de Mike et de Jakob aussi. Ça reste la meilleure course de l’histoire de notre équipe et j’en suis très fier.» Ce dernier s’est dit convaincu que Hugo Houle atteindra de nouveaux sommets.

Nous allons connaître beaucoup de gloire avec ce jeune homme. Mike et Guillaume pleuraient. On a plus que le hockey chez nous ! C’est bien que le public le sache.

De son côté, l’homme d’affaires Louis Garneau a traversé l’Atlantique pour une seule raison. «J’ai fait 5000 kilomètres pour féliciter Hugo, lui dire bravo et lui rendre hommage. Je voulais une photo avec lui. Sa croix et la mienne ensemble. Plusieurs équipes m’ont parlé de ça. C’est un beau moment de ma vie et je repars travailler.»

Quelques souvenirs ont aussi refait surface. «J’ai fait les Jeux olympiques 1984 avec Steve Bauer et on s’est pris dans nos bras tantôt. Ce sont de vieux souvenirs.»

Garneau invite d’ailleurs la population à venir accueillir Hugo à Québec le 9 septembre. «Je pense que la foule va doubler cette année parce que Hugo est une idole du Québec. On a besoin de ça.»