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Un Québécois en voie d’être repêché

Publié | Mis à jour

La situation du lanceur québécois Cédric De Grandpré illustre bien la complexité entourant le repêchage du baseball majeur qui, de dimanche à mardi, verra plusieurs jeunes atteindre leur rêve de passer chez les professionnels.

Pour vulgariser, en comparant au hockey, il ne suffit pas pour les équipes de sélectionner uniquement les joueurs les plus prometteurs. C’est encore plus compliqué que de choisir entre Juraj Slafkovsky et Shane Wright... Au baseball, il y a tout un jeu de coulisses qui se dresse avant, pendant et après le repêchage, car les jeunes joueurs ont toujours l’option de signer ou non, selon le montant d’argent promis comme boni de signature.

Âgé de 20 ans, De Grandpré vient de connaître une excellente saison avec la formation du réputé collège Chipola, en Floride, et se retrouve ainsi en très bonne position pour être repêché, mais encore faut-il qu’il choisisse de s’entendre avec une organisation du baseball majeur.

«Ça va beaucoup dépendre de moi, convient-il, lors d’une entrevue téléphonique. La réalité, c’est que j’ai une bourse d’études sur la table pour aller à l’université Arizona State [dans la NCAA]. C’est sûr que le baseball professionnel demeure un rêve, mais en même temps, je ne suis pas prêt à sacrifier cette bourse d’études pour absolument rien. Ça va me prendre un petit quelque chose pour me convaincre d’aller chez les professionnels. Sinon, j’aurais toujours une chance d’être repêché en 2023.»

Aux yeux de plusieurs amateurs, De Grandpré pourrait passer pour un jeune qui semble au-dessus de ses affaires. Or, il connaît simplement la réalité du repêchage dans le baseball majeur. Conseillé par Matt Colleran, qui a été l’agent de Russell Martin, il joue le jeu en attendant les prochains jours.

Près du téléphone

Selon les échos reçus, De Grandpré aurait le profil pour être sélectionné dès la deuxième journée du prochain repêchage, soit lundi, entre les rondes 2 à 10. Celui qui est originaire de Saint-Simon, non loin de Saint-Hyacinthe, pourrait aussi entendre son nom au troisième jour à l’issue de laquelle les 20 rondes seront complétées.

«Je serai chez moi, près du téléphone, avec mes parents, a projeté De Grandpré. Ma mère [Chantal Rodrigue] est enseignante et mon père [Bertrand] sera en vacances. On va être ensemble pour vivre ça. On m’a dit que j’étais un gars de deuxième journée, mais je ne veux pas non plus avoir trop d’attentes.»

Au cours de la dernière saison à Chipola, De Grandpré a montré une fiche de 8-4 et une excellente moyenne de points mérités de 2,80 en 70 manches et deux tiers passées au monticule. Avec une balle rapide pouvant atteindre à l’occasion les 96 milles à l’heure, le droitier a aussi réalisé 89 retraits sur des prises. Il sera intéressant de voir combien une équipe sera prête à débourser pour un tel joueur. Sans quoi, De Grandpré ira visiter l’Arizona.

Quelques Québécois suscitent de l’intérêt en marge du repêchage du baseball majeur, prévu du 17 au 19 juillet :

Celui qui devrait être sélectionné :

Cédric De Grandpré (lanceur droitier)

À surveiller :

Pier-Olivier Boucher (voltigeur)

Nathan Landry (lanceur gaucher)

Jérémy Pilon (lanceur gaucher)

Des cartes cachées :

Antoine Jean (lanceur gaucher)

Joshua Jones (voltigeur)

Deiten Lachance (receveur, 3e but)

Elliot Cadieux-Lanoue (lanceur gaucher)

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Un repêchage ruiné?

Benoît Rioux / Agence QMI

Multipliant les heures passées au bureau, le Québécois Alex Agostino, qui œuvre pour les Phillies, est à Philadelphie depuis plus d’une semaine afin de préparer le repêchage.

Dans l’antre des Phillies, le tableau des espoirs ciblés est sur le point d’être finalisé. Ceci dit, chaque repêchage dans le baseball majeur comporte son lot de particularités. Cette fois, les nouvelles règles NIL permettant aux joueurs universitaires d’obtenir des contrats publicitaires aux États-Unis, depuis le 1er juillet, viennent embêter grandement les recruteurs.

«On va ruiner le sport avec ça, a laissé tomber Agostino, qui occupe un rôle de superviseur des recruteurs chez les Phillies. Une chose est sûre, il y a moins de gars issus du high school aux États-Unis [NDLR : école secondaire] qui vont être repêchés, car il y a des agents qui veulent en profiter et leurs demandes deviennent absurdes concernant un boni de signature.»

Appelé à identifier les jeunes Québécois qui pourraient être sélectionnés durant le prochain repêchage, Agostino a sa petite idée, mais son travail ne l’amène pas à scruter directement les joueurs d’ici. Le nom de Cédric De Grandpré est mentionné, tout comme celui du voltigeur Pier-Olivier Boucher, un produit de l’université Southern Illinois, dans la NCAA.

«Ce serait magique»

Chez les plus jeunes, le lanceur gaucher Jérémy Pilon, qui n’a pas encore 17 ans, pourrait être à surveiller. Évoluant avec l’Académie du baseball du Canada, qui regroupe les meilleurs joueurs au Québec, Pilon a également percé la formation de l’équipe canadienne junior.

«Je me sens excité et choyé d'être considéré par plusieurs équipes en vue du repêchage malgré mon jeune âge, a noté Pilon, un athlète de Salaberry-de-Valleyfield. C'est mon but ultime depuis que j'ai pris une balle de baseball pour la première fois [dans mes mains] et si ça peut se réaliser, ce serait magique.»

Autre particularité de l’actuel repêchage du baseball majeur : la règle «draft and follow» est de retour alors qu’elle avait été abandonnée depuis de nombreuses années. Celle-ci permet aux équipes de sélectionner un joueur et suivre sa progression durant les mois suivants avant de lui offrir un contrat. Concrètement, un joueur comme Pilon pourrait notamment en tirer profit, mais il risque de devoir attendre au troisième jour, soit mardi, pour possiblement entendre son nom près de la 20e et dernière ronde.

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Il se prénomme Joshua...

Le Québécois Joshua Jones est un très bon joueur de baseball. Maintenant âgé de 18 ans, il fait d’ailleurs partie de l’équipe canadienne junior.

Jones, qui a grandi à Blainville, vit toutefois une situation particulière en marge du repêchage du baseball majeur. S’il multiplie les efforts afin de poursuivre son propre développement, il y a son demi-frère Druw, un produit de l’école secondaire Wesleyan, dans l’État de la Géorgie, qui est considéré comme l’un des principaux espoirs pour l’encan 2022.

Les deux garçons ont le même père biologique, soit l’ancienne vedette du baseball majeur Andruw Jones. Ils n’ont toutefois jamais grandi ensemble, Joshua étant élevé au Québec par sa mère Melissa Vaillancourt.

Le défi pour Joshua Jones est maintenant d’être reconnu à part entière comme athlète, au-delà du fait d’être le fils d’Andruw ou... le demi-frère de Druw.

Crédit photo : BENOÎT RIOUX/AGENCE QMI

Aucune attente pour Archer Brookman

Le receveur Archer Brookman, originaire de Pointe-Claire, vient de compléter son séjour à l’université Ohio State, dans l’uniforme des Buckeyes. Âgé de 23 ans, il n’a pas complètement mis de côté son rêve d’accéder au baseball professionnel, mais le Québécois ne fonde que très peu d’espoir en vue du repêchage.

«Je n’ai aucune attente, il est peut-être le temps pour moi de commencer ma vraie vie, a-t-il mentionné, en entrevue. Pour moi, à ce repêchage, ce n’est pas une question d’argent, mais une question d’opportunité.»

Gradué de l’université de l’Ohio, avec notamment un diplôme en communication, Brookman oeuvre déjà là-bas au sein d’une entreprise reliée aux ressources humaines, Group Management Services. Qui sait si une équipe du baseball majeur ne voudra pas tenter sa chance, en fin de repêchage, avec un receveur ayant conservé une moyenne au bâton de ,299 lors de la récente saison? Chose certaine, Brookman ne demanderait pas une fortune comme boni de signature.

Crédit photo : Dominick Gravel/Agence QMI