Canadiens de Montréal

«Des joueurs comme Juraj, il n’y en a pas beaucoup» - Kent Hughes

Jonathan Bernier et Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

MONTRÉAL - Obtenir le premier choix à son premier repêchage dans les souliers d’un directeur général n’est pas une tâche qui peut être prise à la légère. Surtout quand la course entre les trois principaux candidats est serrée comme c’était le cas cette année.

C’est après avoir longuement pesé les pour et les contre avec sa garde rapprochée que Kent Hughes a finalement pris la décision de repêcher Juraj Slafkovsky.

«On a commencé à pencher vers Slafkovsky, mercredi matin. On a eu des débats, on a procédé à des évaluations», a expliqué le directeur général du Canadien au terme du premier tour, jeudi.

À l’époque où il occupait le poste de Hughes, Marc Bergevin ne cessait de marteler que les bons joueurs de centre étaient une denrée rare. Que pour mettre la main sur l’un d’entre eux, il fallait le repêcher. Puisqu’il a levé le nez sur Shane Wright et Logan Cooley, il semble que la théorie de Hughes diffère quelque peu.

«Des joueurs qui patinent, qui amènent un aspect physique et qui sont capables de marquer, comme Juraj, il n’y en a pas beaucoup. D’ailleurs, je reçois un nombre d’appels incroyable pour Josh Anderson. Donc, il y aussi de la demande pour ce type de joueur», a expliqué Hughes.

Cela dit, l’ancien agent a indiqué que la transaction visant à amener Kirby Dach, un grand joueur de centre, à Montréal s’était concrétisée avant qu’il ne monte sur la scène pour annoncer sa première sélection.

Hughes et ses acolytes sont tombés sous le charme du Slovaque lors du Championnat mondial alors que «même en jouant contre des hommes, il voulait tout le temps la rondelle».

Hughes a également été séduit par la réponse qu’a offerte Slafkovsky à la question : «Qu’est-ce que tu aimes le plus dans le hockey?».

«Il a répondu qu’il aimait être sur la patinoire, en fin de match, quand son équipe menait 4 à 3 ou tirait de l’arrière 4 à 3. Cette réponse, c’est ce qu’on a vu de lui comme joueur.»

Triste pour Romanov

Toujours au podium après une conférence de près de 20 minutes, Hughes a poursuivi la conversation avec une poignée de journalistes. Le DG du CH a confirmé qu’il n’avait pas encore eu le temps de parler de vive voix avec Alexander Romanov.

«Je croyais qu’il était déjà en Amérique du Nord, mais quand j’ai tenté de le joindre il y avait la sonnerie européenne, a-t-il précisé. Je n’ai pas réussi à lui parler. Je le ferai. Je sais que Romy adorait Montréal et les partisans l’aimaient beaucoup.»

L’aspect sentimental n’a toutefois pas eu le dessus sur le côté hockey. Hughes a perdu un morceau de son casse-tête avec le départ de Romanov, mais c’était aussi la pièce nécessaire à bouger afin de recevoir un choix de premier tour des Islanders (13e) pour ensuite conclure une autre transaction avec les Blackhawks et obtenir Kirby Dach.

«Nous avons aussi de bons jeunes défenseurs gauchers dans notre système avec Kaiden Guhle, Jordan Harris, Arber Xhekaj et Jayden Struble, a précisé Hughes. Il y a de la profondeur à cette position.»

«J’ai trouvé ça très difficile d’échanger Romy. On parlait à Chicago pour Kirby Dach depuis deux ou trois semaines. On voulait offrir plusieurs choix au repêchage, mais on n’était pas capable de les convaincre avec les choix que nous avions déjà. Romanov avait une très bonne valeur sur le marché. Je suis déçu de perdre Romy, je lui souhaite bonne chance avec les Islanders. Mais pour obtenir ce qu’on veut, on doit faire des sacrifices.»

Croire en Dach

Hughes a ajouté du centre rapide, mais aussi doté d’un physique imposant (6 pi et 4 po) avec l’arrivée de Dach.

«On croit en Kirby Dach», a souligné l’ancien agent de joueurs.

À ses trois premières saisons avec les Hawks, Dach n’a pas encore atteint le statut d’un joueur d’impact dans la LNH. Loin de là. Mais il reste un jeune joueur de centre de 21 ans qui a aussi été ralenti par des blessures.

«Je ne dirais pas qu’il n’a pas réussi à Chicago. Il est un jeune homme né en 2001, comme Cole Caufield. Ils proviennent du même repêchage. Il est déjà dans la LNH depuis trois ans. Si on regarde Caufield au mois de janvier, on trouvait qu’il ne réussissait pas. On croit que Kirby est un jeune avec du potentiel.»