Meilleurs espoirs de la LHJMQ

Photo : Tristan Luneau, des Olympiques de Gatineau, Maveric Lamoureux, des Voltigeurs de Drummondville, Noah Warren, des Olympiques, et Nathan Gaucher, des Remparts de Québec, pourraient être repêchés tôt par une équipe de la LNH, jeudi ou vendredi. Crédit : Photo Martin Chevalier

Repêchage de la LNH

Un stress du début à la fin

Publié | Mis à jour

Le repêchage de la LNH. La journée dont rêvent les principaux espoirs depuis leur tendre enfance. Cette journée qui se veut la porte d’entrée d’un objectif encore plus grand : celui de jouer dans la plus grande ligue de hockey au monde. Il y a de quoi donner le vertige.

« Plus la journée approche, plus j’ai de la misère à dormir. Il y a quelques jours, je me suis endormi à 3 h du matin. Je pensais juste à ça. »

Maveric Lamoureux
Crédit photo : Photo courtoisie, Dan Hickling

Répertorié au 20e rang par la Centrale de recrutement de la LNH au sein des patineurs nord-américains, Maveric Lamoureux pourrait être l’un des quatre Québécois de la LHJMQ à entendre son nom au premier tour, demain.

« C’est un stress à cause du néant. Je n’ai aucune idée où je vais sortir, où je vais atterrir. C’est mon rêve de petit gars depuis toujours. Maintenant, je sais que ça va arriver. Alors, c’est un mélange de stress, d’excitation et de bonheur », a expliqué le défenseur des Voltigeurs de Drummondville.

Tristan Luneau
Crédit photo : Photo courtoisie, Dan Hickling

Pour Tristan Luneau, 24e sur cette même liste, l’incertitude quant à la prochaine destination est un nouveau sentiment. 

En 2020, il avait été le premier choix de l’encan de la LHJMQ. Bien que l’événement eût été présenté de façon virtuelle, le défenseur avait été invité dans les bureaux des Olympiques de Gatineau, question d’être sur place pour l’annonce officielle de sa sélection. 

Un suspense

Cette fois, l’histoire sera différente pour le jeune homme de Victoriaville.

« Sortir premier au total procure un sentiment de mission accomplie. Quand tu es un compétiteur, tu veux être le meilleur, a-t-il indiqué. Maintenant, ne pas savoir où je m’en vais, c’est un peu un thrill. Vivre ce suspense jusqu’à la fin, c’est une autre sorte d’expérience. Mais ce sera aussi agréable. »

Crédit photo : Photo d'archives

Son coéquipier à Gatineau, l’arrière montréalais Noah Warren est quant à lui classé 33e chez les Nord-Américains.

Chasser les pensées négatives

Ce qu’il y a de bien pour tous ces jeunes, dont la grande majorité a vu le jour en 2004, c’est que le travail est effectué. Comme un étudiant en fin de session, il ne leur reste plus qu’à attendre la note finale. 

Sauf que pour les hockeyeurs, la saison, les séries éliminatoires, les matchs mettant en vedette les meilleurs espoirs, le week-end d’évaluation à Buffalo, ce fut du gros stock à gérer.

Crédit photo : Photo Agence QMI, Andréanne Lemire

« Une année de repêchage, ce n’est pas une année comme les autres. Il y a beaucoup de choses qui se passent en dehors de la patinoire », a admis Nathan Gaucher, dont le nom apparaît au 16e rang.

« Quand tu traverses des périodes où ça va moins bien, que c’est ton année de repêchage, tu as plus de pensées négatives. Tu te mets de la pression, a poursuivi le centre des Remparts de Québec. Il faut que tu effaces ces pensées-là, que tu te souviennes que tu joues au hockey parce que c’est le fun. »

Récompensé du trophée Mike-Bossy, remis au meilleur espoir de la LHJMQ, Gaucher n’a pas connu trop de creux de vague au cours de la dernière saison.  

Psychologue sportif à la rescousse 

Vincent Lecavalier l’a mentionné lors du point de presse qu’il a tenu conjointement avec Kent Hughes, du Canadien, plus tôt cette semaine. Être étiqueté comme premier choix d’un repêchage vient avec son lot de distractions. 

Évidemment, à 17 ans, un jeune n’est pas outillé pour faire face à ce genre de situation. Pour parvenir à gérer cela adéquatement, il faut obtenir de l’aide. 

Bien sûr, aucun des quatre joueurs québécois rencontrés au cours des derniers jours n’entendra son nom être appelé dès le départ. Ce qui ne les a pas empêchés de vivre quelques remises en question et de partir à la quête d’importants soutiens.

« J’ai eu la chance de travailler avec un psychologue sportif pour aller chercher d’autres trucs et juste jaser. Le mental est un peu laissé de côté. Tu travailles tes muscles, mais tu dois également travailler ton cerveau », a déclaré Nathan Gaucher.

Adaptation

De son côté, Maveric Lamoureux soutient avoir eu besoin d’une période d’adaptation pour être en mesure d’assimiler et de digérer toute l’attention dont il faisait l’objet.

« Ça m’a pris environ un mois et demi pour comprendre que je devais me concentrer uniquement sur moi et sur ce que je devais faire. À partir du moment où j’ai arrêté de m’en faire avec les classements et avec ce qui se disait dans les estrades ou sur les médias sociaux, ça a bien été. »

Pour y parvenir, il a fallu un travail d’équipe incluant l’agent, l’entraîneur, le directeur général ainsi qu’un psychologue sportif.

« Ça prend un entourage solide. Maintenant, je peux dire que la préparation mentale, c’est un volet très important dans le sport », a soutenu Lamoureux.

C’est encore plus vrai dans un monde où il faut livrer la marchandise chaque jour et dans lequel on ne domine plus autant la scène.