Repêchage de la LNH

Nathan Gaucher rêve aux Canadiens

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En marchant dans les rues du centre-ville de Montréal, l’attaquant Nathan Gaucher n’a pu s’empêcher de penser à la possibilité de devenir un membre du Canadien dans les prochaines heures. 

La dernière fois que le Canadien de Montréal a repêché un Québécois en première ronde, c’était en 2009 lorsque l’organisation avait fait de Louis Leblanc le 18e choix du repêchage présenté... à Montréal.

Plusieurs se souviennent de la réaction des amateurs dans le Centre Bell qui s’étaient empressés de scander «Louis! Louis! Louis!», pendant que l’attaquant marchait vers la scène afin de recevoir son chandail et sa casquette aux couleurs bleu, blanc et rouge. 

De vivre un moment comme celui-là serait un rêve pour l’attaquant des Remparts de Québec. 

«Je reviens ici à Montréal, je regarde la ville et je trouve ça incroyable. Le jour du repêchage, il y a aura 60 personnes avec moi, il y aura les partisans qui applaudiront un gars du Québec. Je sais que les partisans seraient excités de voir un Québécois avec le Canadien. Ce serait super cool, mais il y a 31 autres équipes aussi.» 

Au 26e rang?

Si le Tricolore sélectionne Gaucher en première ronde, ce sera avec le choix no. 26 qu’ils ont acquis des Flames de Calgary, à moins d’une transaction pour s’avancer comme les rumeurs le veulent. 

Si l’équipe ne bouge pas, plusieurs recruteurs et observateurs estiment que Gaucher sera disponible au 26e échelon tandis que d’autres estiment qu’il sortira plus tôt qu’où le consensus public semble le placer. 

Crédit photo : Joël Lemay / Agence QMI

Le joueur de centre de 6 pi 3 po et 207 lb essaie donc de ne pas se faire de faux espoirs. 

«C’est difficile pour moi je prédire où je vais sortir. C’est le fun parce que je sais qu’il y a plusieurs équipes qui m’aiment et il pourrait y avoir une surprise. Par contre, il y a un grand écart entre les rangs où on prévoit que je vais être repêché. Quand je vais entendre mon nom, je serai juste content.» 

Si c’est à Montréal qu’il débute sa carrière professionnelle, toutefois, la pression du marché ne l’effraie pas du tout. 

«Je pense que je peux endurer la pression et je sauterais les yeux fermés dans ce défi. Je joue au hockey et j’aime ça jouer au hockey. Je ne veux pas me mettre plus de pression.» 

Centre de troisième trio?

L’analyse semble presqu’unanime en lisant et en écoutant ce qui se dit sur Nathan Gaucher : il sera un centre de troisième trio dans la LNH. 

«Si je suis un centre de troisième trio dans la LNH, ce serait exceptionnel. Ceci étant dit, j’aime défier les pronostics et j’aime qu’un entraineur puisse compter sur moi dans toutes les situations. Je ne vois pas ça comme une mauvaise chose d’être un centre de troisième trio dans la Ligue nationale de hockey.» 

Après avoir raté le Combine de la LNH à Buffalo puisque les Remparts étaient toujours en séries dans la LHJMQ, Gaucher a dû faire du rattrapage au cours des dernières semaines en rencontrant les équipes par visioconférence. Mardi, il a eu ses premières rencontres en personne avec certains état-major. 

Le hockey mis de côté chez les Gaucher

Nathan Gaucher a grandi dans le hockey. Son père, Yannick, a joué dans la LHJMQ et est actuellement le directeur-général adjoint et recruteur des Huskies de Rouyn-Noranda tandis que son frère, Jacob, vient de conclure son stage de cinq saisons dans le circuit Courteau. Toutefois, cette saison, les conversations familiales n’ont pas été très centrées sur le hockey. 

L’attaquant des Remparts de Québec l’a mentionné à plusieurs reprises cette saison : il a parfois eu du mal à se concentrer à 100% sur sa saison en raison des nombreuses distractions liées à son année de repêchage. Comme plusieurs autres hockeyeurs, il a fait appel à un psychologue sportif en cours de saison. 

«Cette année, on n’a pas vraiment parlé de son jeu, a raconté le paternel, croisé au Centre des sciences où les principaux espoirs rencontraient les médias à la veille de la première ronde, hier. On est juste resté positif avec lui. Il y a eu une phase où les points ne venaient pas et il a consulté un psychologue sportif et ça l’a aidé. Le match d’après, il a marqué trois buts contre l’Armada de Blainville-Boisbriand. Par la suite, il a connu une très bonne séquence. Il a compris plusieurs choses. Quand la tête va bien, le reste suit.» 

Parce que, le paternel le confirme : peu importe ce que les espoirs répètent à qui veut l’entendre tout au long de leur année de repêchage, ils y pensent constamment. 

«Tu as beau dire que tu n’y penses pas mais, à chaque jour, tu as quelqu’un pour te le rappeler. Tu as des entrevues, des questionnaires à remplir. De plus, tout le monde est fier de ça et t’en parles constamment.» 

Potentiel offensif sous-estimé

Au-delà du rôle de père, Yannick Gaucher observe aussi son fils avec son œil de recruteur. À ses yeux, son potentiel offensif n’est pas reconnu à sa juste valeur. 

«Il a quand même marqué 31 buts cette saison. On présume que parce que c’est un bon joueur sur 200 pieds, il délaisse le côté offensif. C’était la même chose au niveau midget AAA et il a réussi à produire quand même. Ce n’est pas un gars qui va faire 100 points dans la LNH mais il sera capable de produire», prédit le paternel. 

Gaucher a ajouté 26 passes à ses 31 buts la saison dernière pour un total de 57 points en 66 rencontres. Il en a ajouté neuf en 12 parties éliminatoires. 

D’ailleurs, une soixantaine de membres de la famille et des proches de la famille Gaucher seront présents au Centre Bell jeudi soir. 

«On a eu beaucoup de demandes, a rigolé Yannick Gaucher. On a dû trancher et faire des choix. Je pense que les gens les plus importants et ceux qui ont suivi Nathan au fil de sa carrière seront présents.»