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Patrick Roy de retour chez les Remparts

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Dévasté le soir de l’élimination crève-cœur de son équipe par les Cataractes de Shawinigan, il y a un mois, l’entraîneur-chef et directeur général des Remparts avait alors amorcé une réflexion sur son avenir avec le club junior.

À ce moment, Roy estimait à 50 % ses chances de reprendre son poste d’instructeur pour une 12e saison.

«J’ai eu un bon deux semaines de doute», a-t-il précisé, lundi, dans une conférence de presse tenue au Centre Vidéotron.

«Je voyais noir après la game, a admis l’ancien gardien du Canadien. Je n’ai pas pleuré souvent après des matchs. Même quand j’ai pris ma retraite, je n’ai versé aucune larme. Mais après cette défaite, j’étais triste.»

Cette pause d’un mois, qui a été ponctuée d’un voyage, a permis à Roy de constater qu’il ne serait pas capable de «laisser tomber les gars».

«Les gars», ce sont bien sûr ses joueurs. Des athlètes qu’il a repêchés, qu’il a vus grandir et qui arrivent maintenant à maturité. Un groupe qu’il considère comme «spécial».

Mais c’est aussi tous ceux qui l’entourent chez les Remparts depuis plusieurs années, a-t-il mentionné.

«Il y a un côté de moi qui a toujours été très loyal. Certains pensent que je suis un one man show, mais je suis loin de là, a pointé l’entraîneur. Je travaille beaucoup en équipe, je consulte les gens autour de moi, j’aime travailler avec mon personnel d’entraîneurs.»

Une campagne à la fois

Au cours des dernières semaines, Roy dit aussi avoir réalisé «qu’avec les joueurs qu’on a en place, ma passion [pour le hockey] est encore là».

Mais il ne sait pas encore combien de temps il aura envie de demeurer en poste. Ainsi, l’ancien numéro 33 dit qu’il prend les saisons «une à une» à partir de maintenant.

Et ce, même s’il affirme avec un sourire dans la voix qu’il «tripe encore Remparts» et qu’il rêve de voir cette équipe gagner, notamment pour les partisans de Québec «qui le méritent».

«Les années avancent, malheureusement, a ajouté Roy, qui a maintenant 56 ans. Alors je vais voir comment je me sens à la fin de la prochaine.»

«Ici, ce n’est pas comme coacher dans les circuits professionnels, a rappelé Jacques Tanguay. C’est prendre l’autobus jusque [dans les Maritimes]. Un homme comme Patrick, il a de grands sacrifices à faire en termes de qualité de vie pour obtenir une compensation, celle d’encadrer des jeunes, ses joueurs, de leur redonner de ce qu’il a vécu.»

Des indices

Au terme de sa réflexion, Patrick Roy n’a pas appelé Jacques Tanguay un beau matin pour lui annoncer qu’il souhaitait toujours entraîner les Remparts.

C’est notamment au fil des discussions avec son président que Roy a cheminé.

«On se parle tous les soirs, a-t-il raconté. Un moment donné, il a commencé à me prendre en train de dire : “On va faire telle affaire, telle affaire.”»

«Quand il s’est mis à me parler du repêchage, j’ai compris qu’il allait revenir», a ajouté M. Tanguay en riant.

L’arbitrage

Malgré ce retour, la rancœur qui l’habitait le soir du 1er juin, après avoir vu ses joueurs perdre 5 à 3 contre les Cataractes, est toujours présente.

Ce mal, il concernait l’arbitrage, explique-t-il. Notamment la pénalité imposée à Vsevolod Komarov avec 1 min 9 s à faire, qui a mené au but victorieux de Shawinigan.

«J’ai encore du plaisir de venir à l’aréna. C’est plus la défaite, la façon dont ça s’est fait. Je ne cache pas que le côté de l’arbitrage me dérange beaucoup. Pas juste chez les Remparts, mais avec d’autres équipes.»

«C’est clair qu’on a besoin d’un changement dans notre ligue. On a peut-être besoin d’une nouvelle voix [par rapport à l’arbitrage]. C’est dur de garder ça en dedans, parfois.»

-Plusieurs entraîneurs de la LNH ont changé d’adresse au cours des dernières semaines, mais Patrick Roy a dit lundi n’avoir été en contact avec aucune équipe.

 Voyez sa conférence de presse complète dans la vidéo ci-dessus.