Tennis

Une nouvelle règle de l'ATP qui divise

Publié | Mis à jour

Après le tournoi de Wimbledon, les entraîneurs pourront prodiguer des conseils à leurs joueurs pendant les matchs. Cette nouvelle directive de l’ATP, qui sera à l’essai jusqu’à la fin de la saison 2022, ne fait pas l’affaire de tout le monde. 

Parmi les mécontents, il y a le Canadien Denis Shapovalov. Il pense qu’on dénature le sport. Rien de moins. 

« Je suis contre cette nouvelle règle, a affirmé l’Ontarien à ce sujet. Traditionnellement, le tennis est le seul sport où les entraîneurs n’avaient pas le droit de conseiller leurs athlètes durant un match. 

« C’est ce qui nous différenciait des autres sports. C’est tellement spécial de voir deux joueurs qui rivalisent entre eux. Tout le travail de préparation a été fait avant le match. C’est à toi de prendre les décisions stratégiques.

« Ça change la tradition et moi je veux la conserver. C’est ce qui rend le tennis spécial. »

Trouver des solutions soi-même

Pour sa part, Félix Auger-Aliassime y voit du positif. 

« Pour un entraîneur, de parler à son joueur lorsqu’il est de son côté, je trouve cela bien, a indiqué le Québécois. Cependant, si l’entraîneur avait pu sauter sur le terrain au changement de côté, j’aurais trouvé cela moins bien. 

« Ça aurait enlevé un peu l’esprit du joueur de tennis. C’est un sport individuel. Il faut trouver des solutions par soi-même. »

Des signes et des mots-clés

Plusieurs entraîneurs et joueurs contournaient les règlements depuis des années. Tous les moyens étaient bons pour avoir un avantage sur leurs adversaires et remporter des matchs. 

Les entraîneurs utilisaient des signaux et des mots-clés dans leurs encouragements pour transmettre leurs messages à leurs protégés. 

« Avec Fred [Fontang], on se fait des petits signes parfois, a raconté Auger-Aliassime. On se dit des mots-clés qui peuvent nous aider. 

« Ce sont des rappels de ce que nous nous sommes parlé à l’entraînement. Des choses à ne pas oublier ou à essayer. Comme de frapper sur le coup droit ou le revers de l’autre. Ça peut être aussi de changer ma position en retour de service. Ça se faisait déjà pas mal.

« La seule chose qui va changer, c’est que ça ne sera plus caché. C’est bien qu’ils l’officialisent. Ça enlève cette zone grise où les arbitres pouvaient donner des avertissements. »

Ce sera intéressant de voir comment les entraîneurs et les joueurs s’adapteront à cette nouvelle réalité dans les prochaines semaines surtout lors des Internationaux des États-Unis. Est-ce que les matchs pourraient être encore plus longs ?

« J’ai hâte de voir comment ça va évoluer, a ajouté Shapovalov. Plusieurs joueurs font des signes ou utilisent un langage codé avec leurs entraîneurs. 

« Ça arrive souvent et ça va continuer d’arriver ici. C’est antisportif. Je suis content lorsque ceux qui traversent la ligne se font rappeler à l’ordre par les officiels. C’est une question de respect entre les joueurs. »

À chacun son conseil

Est-ce que ce changement de règlement va avoir un impact sur la préparation des matchs d’Auger-Aliassime ? Pas du tout. 

« Mon entraîneur va moins se gêner. Par contre, il arrive qu’on ne se parle pas beaucoup lors des entraînements. Il me laisse aller, il me laisse essayer des choses, a mentionné le Québécois. 

« Il essaye que je développe cette autonomie afin que je trouve des solutions par moi-même durant les matchs. Rien ne va changer dans ma routine. »

Durant les matchs, le joueur n’aura pas de personne désignée à qui il peut parler. 

« Même Bernard [Duchesneau, son agent] pourra me donner des conseils pendant les matchs », a lancé Auger-Aliassime à la blague.


Les deux Canadiens seront en action à Wimbledon mardi matin, heure du Québec. 

Les échos du Big Ben 

0 EN 5 AVEC UBER

À ma sortie de Wimbledon dimanche, je me suis tourné vers Uber pour mon retour à l’hôtel. Erreur ! À cinq reprises, la compagnie a accepté mon déplacement avant de l’annuler quelques minutes plus tard. Pourtant, il y avait plusieurs conducteurs dans le coin. J’ai passé au plan B, soit une marche de 1,5 kilomètre et un court trajet en train. 


UNE SURVEILLANCE ÉTROITE

Oyster
Crédit photo : Photo Mathieu Boulay

Le système de transport en commun de Londres est efficace quand il n’y a pas de grève. Très efficace. À mon retour de mon souper, ma carte ne fonctionne pas. Je dois 6 livres sterling (9,50 $) même si j’avais payé mes passages pour une semaine. La raison ? J’avais oublié de passer ma carte lors de mon aller et le système de surveillance l’avait détecté. Quand on dit qu’on est surveillés dans nos moindres faits et gestes...