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Baseball

«Fuego» est en feu (mais il ne le sait pas)

Publié | Mis à jour

Une moyenne de points mérités de 2,57, 40 retraits sur des prises en huit départs et une fiche de 3-1. 

Le lanceur des Capitales Miguel Cienfuegos est en feu – ou même en «fuego», comme le dit son surnom – depuis le début de la saison, mais le Québécois prétend qu’il ne le sait pas.

«Je suis au courant que ça va bien, mais je me suis donné comme but de ne pas regarder les statistiques avant la moitié de la saison», lance le sympathique artilleur.

«Je les vois juste de temps en temps, sur le tableau indicateur, quand je m’échauffe, poursuit-il. Ou quand mes parents les envoient dans les groupes de discussion de la famille.»

Si on l’écoute, le gaucher de 25 ans ne doit donc pas être au courant qu’après un peu plus de 30 matchs de disputés dans la Ligue Frontière, il pointe au troisième rang du circuit pour la moyenne de points alloués (avant les rencontres de mardi).

«Je fais la "job" depuis le début, constate-t-il. Il ne faut juste pas lâcher. Et ça apporte beaucoup plus d’opportunités que ce que l’on pense.»

De l’intérêt au Mexique

Car oui, des «opportunités», Cienfuegos en a quelques-unes qui lui ont été proposées récemment, même s’il n’en est qu’à sa deuxième saison dans la Ligue Frontière. La ligue mexicaine s’est notamment intéressée à ses services.

Quand se présentent de pareilles occasions, il écoute ses entraîneurs, demande conseil, car il vise «la prochaine étape».

Et ce, même si les Capitales représentent toujours un rêve pour l’artilleur de Laval, qui voulait à tout prix jouer pour Québec cette année.

Il raconte d’ailleurs avoir ressenti quelque chose d’unique quand il a enfilé pour la première fois l’uniforme blanc et bleu pour le match d’ouverture local, le 24 mai dernier. Une rencontre pour laquelle il était le lanceur partant.

«C’était vraiment spécial ! admet-il. Être ici, avec le "fuego day" [l’expression utilisée quand Cienfuegos est le partant], un concept qu’on avait parti l’an dernier et qui pogne maintenant, avec les partisans qui commencent à me connaître, j’ai tellement de fun!

«Je me sens à la bonne place, j’ai tellement de plaisir ici, renchérit-il. Et tant que ça va rester comme ça, je me dis que les opportunités ailleurs, elles viendront quand elles viendront.»

Mais aussi au Panama

Le Mexique peut donc attendre, dit-il. Surtout que cette offre ne lui convenait pas parfaitement.

«Ce n’était pas la bonne décision à prendre, explique Cienfuegos. Ici, je suis un partant, tout va bien, mon nom commence à circuler un peu plus, alors j’aime mieux continuer sur cette lancée.»

Il y a aussi le Panama – où il a joué durant l’hiver – qui lui fait de l’œil en prévision de la prochaine Classique mondiale de baseball, en 2023.

Dire qu’il n’y a pas si longtemps, le Québécois pensait qu’il en avait peut-être fini avec le baseball.

Même pas deux ans plus tard, il en est rendu à tenter d’économiser son bras pour ne pas gâcher les offres qu’il pourrait recevoir, avec le soutien du personnel d’entraîneurs des Capitales.

Par exemple, Cienfuegos devait obtenir le départ de vendredi contre les Jackals du New Jersey, mais il les affrontera plutôt samedi, afin de se reposer davantage.

Toujours invaincus au Stade Canac

Michael Austin a été brillant au monticule face aux Boulders de New York mardi, pour permettre aux Capitales de demeurer invaincus en 13 matchs au Stade Canac cette saison et de retrouver le droit chemin après un long voyage hasardeux.

Appuyés en offensive par David Glaude, qui a frappé deux fois en lieu sûr, et T.J. White, qui a claqué sa neuvième longue balle de la saison, l’équipe de Patrick Scalabrini l’a emporté 5 à 1.

Austin (4-1) est demeuré en poste durant plus de six manches, ne concédant que quatre coups sûrs. Le droitier a été sorti du match lorsqu’il a accordé son premier point, à son 92e lancer.

L’Américain a quitté la butte sous les applaudissements nourris des quelque 2500 spectateurs venus assister au match.

Plus de peur que de mal

La plus grande frayeur qu’il aura causée dans la rencontre, c’est lorsqu’il a été vu en train de chasser la douleur après avoir été atteint à la cheville par une balle, en cinquième manche. Mais au grand soulagement de son entraîneur, Austin a eu plus de peur que de mal.

«Ouais, j’ai été nerveux quand j’ai vu ça! a concédé Scalabrini. Ça allait tellement bien pour lui, j’espérais qu’il puisse nous donner une sixième manche.»

Le gérant était particulièrement heureux de la performance de son artilleur. Surtout qu’il était au monticule quand les Capitales se sont inclinés 17 à 6 devant ces mêmes Boulders, la semaine dernière.

«C’était doublement important [compte tenu de ce dernier résultat], a relevé l’entraîneur. Il fallait qu’il soit capable de revenir fort, chose qu’il a faite. On a fait de gros ajustements avant de les affronter [mardi].»

Ils résonnent et cassent

C’est Pedro Gonzalez qui a réveillé l’offensive de Québec en deuxième manche. Le double du voltigeur a poussé Reece Yeargain au marbre. Puis, David Glaude a lui aussi frappé en lieu sûr, permettant à Gonzalez de marquer à son tour.

Les bâtons des Capitales ont de nouveau résonné trois manches plus tard. Et même cassé : Kyle Crowl a fracassé le sien sur un tir de Josh Loeschorn (0-1), mais son simple s’est transformé en double quand la balle a bondi par-dessus Francisco Del Valle, au champ droit.

White a alors croisé le marbre. Il allait de nouveau le faire en septième, quand son circuit au champ centre a permis aux Capitales de marquer deux points.

«Le circuit leur a cassé les reins, a reconnu Scalabrini. On a eu quelques séries difficiles, mais [mardi] c’était un match propre.»