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Sports divers

« Ça va prendre un peu de temps avant que je le réalise »

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Le premier top 10 d’Emy Legault en Coupe du monde de triathlon a aussi été son premier podium, samedi, à Huatulco. Un exploit motivant qui est survenu près de sept ans après ses débuts dans le circuit et une semaine avant la tenue des Championnats du monde de triathlon sprint et relais prévus devant ses proches, à Montréal.

«Honnêtement, je ne sais pas si je le réalise encore», a maintenu Legault au lendemain de sa performance. C’est d’ailleurs l’impression qu’elle donnait lorsqu’elle a été la deuxième à franchir la ligne d’arrivée, tout sourire au terme du parcours format sprint du Mexique.

«Je savais que c’était possible, mais en même temps, il fallait que tout s’aligne le jour de la course. Je n’avais pas droit à l’erreur. J’avais mes chances, mais on était environ 12 filles qui pouvaient faire le podium, et il y a juste trois places!», a-t-elle déclaré.

La chaleur suffocante a incité l’athlète de L’Île-Perrot à user de finesse du début à la fin, elle qui a réussi à se placer aux avant-postes dès la première transition.

«Le but était de me rendre à la course à pied le moins hypothéquée possible, surtout en considérant la chaleur. Tu ne peux pas te permettre de juste dépenser de l’énergie pour des détails qui ne sont pas nécessaires», a-t-elle justifié en entrevue avec Sportcom.

Crucial

C’est pourquoi son positionnement était crucial à vélo, où elle souhaitait demeurer au sein du peloton et limiter les efforts dans les virages et face au vent.

Arrivée à la dernière portion de l’épreuve, elle a accéléré et est parvenue à forcer la main à ses adversaires, qui ont eu du mal à s’accrocher. Elle ne se doutait pas qu’elle détenait une légère avance sur les quatrième et cinquième coureuses à ce moment, et qu’elle se battait surtout pour la couleur de la médaille, non pas pour en mériter une.

«Je l’ai réalisé après avoir décroché pour la première place, mais je n’osais pas regarder derrière moi pour ne pas montrer de la fatigue. Je courais plus par peur qu’autre chose, parce que je ne savais pas à quel point les filles étaient proches!»

L’Italienne Bianca Seregni l’a rattrapée avec un kilomètre à parcourir, puis Legault l’a dépassée à 300 mètres de l’arrivée. Elle a su résister aux attaques de son opposante pour demeurer en deuxième place. On l’a alors vu s’effondrer au sol, complètement épuisée, après avoir franchi la ligne d’arrivée.

«Au niveau du corps et de la tête, j’étais brûlée. Je faisais juste courir sans prendre de décision! J’ai été chanceuse, parce que ç’a fonctionné, mais je n’étais plus tant là.»

Exemplaire

À sa première participation à une Coupe du monde, en 2015, Legault s’était classée 55e sur un total de 63 participantes. Tout le chemin parcouru depuis a représenté beaucoup de travail pour la Québécoise de 26 ans, qui souhaite servir d’exemple.

«C’est sûr que je commençais à avoir hâte! Il y a plusieurs filles au Canada ou d’autres pays qui peuvent se comparer et ça peut leur donner l’espoir que tu n’as pas à commencer avec un top 5 pour avoir un potentiel. J’étais quasiment dernière à ma première course, alors je suis contente si ça peut inspirer celles qui commencent», a partagé Legault, soulignant au passage le travail de sa compatriote Alexandrine Coursol qui a fini 28e, samedi à l’occasion de sa première Coupe du monde.

Legault aura une belle occasion de motiver les plus jeunes en personne, cette fin de semaine, lors des tout premiers Championnats du monde sprint et relais de l’histoire, qui seront présentés à Montréal.

«C’est un format complètement différent, mais j’ai hâte d’essayer ça», a souligné celle qui n’avait participé qu’à l’épreuve du relais mixte l’an dernier, à Montréal.

Les compétiteurs passeront d’abord par des courses de qualification et de repêchage en distance super sprint, soit 300 m de natation, 7,2 km de vélo et 2 km de course à pied. Seuls 10 athlètes par catégorie obtiendront leur billet pour la grande finale de samedi, à la suite des différentes rondes éliminatoires. Les relais mixtes auront lieu dimanche.

Ils seront 17 représentants de l’unifolié à prendre part à l’événement, à commencer par Emy Legault, Jérémy Briand et Charles Paquet dans la catégorie élite.

Filip Mainville et Pavlos Antoniades seront quant à eux des moins de 23 ans. Du côté junior, on retrouvera Noémie Beaulieu, Clara Normand, Mathis Beaulieu, Nathan Grondin et Louis Marchand.