Crédit : Photo courtoisie Ligue canadienne de football/David Chidley

Alouettes de Montréal

Trevor Harris s’amène en relève

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Tel un releveur dans le baseball majeur, le quart-arrière Trevor Harris était prêt quand l’entraîneur-chef des Alouettes, Khari Jones, a fait appel à ses services, jeudi. Sa performance lui vaudra le départ, jeudi prochain à Montréal.

Jones n’a pas tardé à donner le ballon à Harris contre les Argonauts à Toronto. Après avoir vu son unité offensive ne parcourir que 21 verges au premier quart, il a retiré Vernon Adams fils de la rencontre.

Harris n’a par ailleurs pas caché son étonnement.

«C’est toujours une surprise [d’être envoyé sur le terrain] parce que tu ne peux jamais savoir quand ça va arriver, mais ton rôle comme substitut est d’être prêt à jouer n’importe quand. Il faut toujours être prêt», a lancé le vétéran de 36 ans.

«Quand j’étais dans la NFL [avec les Jaguars de Jacksonville, l’entraîneur des quarts] Mike Shula m’a dit qu’être un quart substitut, c’est comme être releveur au baseball. Tu vas aller sur le terrain, mais tu ne sais pas quand, tout simplement. Ton travail est d’être prêt.»

À l’intuition 

La situation a certainement de quoi surprendre puisque Jones avait déclaré qu’il «sentait [qu’Adams] était la bonne personne pour faire le travail» à quelques heures du premier match de la campagne.

Lundi à l’entraînement, il a utilisé sensiblement la même formulation pour expliquer le changement, ce qui laisse présager que les deux pivots vont alterner tout au long de la saison.

«Nous avons simplement l’impression que ça va bien pour [Harris] présentement. Il voit très bien le terrain et je sens qu’il nous donne de meilleures chances de gagner.»

Quoi qu’il en soit, les performances plutôt tièdes d’Adams jusqu’ici cette saison n’inquiètent pas Jones et ne sont pas liées aux blessures qui ont miné sa dernière campagne, même si elles ont certainement brisé son rythme de croisière.

«Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas joué, a rappelé le pilote. Il est encore en train de retrouver ses marques sur le terrain. Je vois malgré tout de bonnes choses de sa part.»

Travail d’équipe 

Adams et Harris l’ont répété maintes fois cette saison: ils travailleront conjointement pour le bien de l’équipe. Maintenant que les rôles sont inversés, la situation ne changera pas.

D'ailleurs, Harris ne se fait pas d’illusions. Il sait qu’Adams obtiendra tôt ou tard une nouvelle chance.

«En termes de préparation, il n’y a pas de changement, a laissé entendre Harris. Vernon et moi collaborons encore tous les jours pour nous assurer de faire travailler nos méninges ensemble, parce que nous aurons besoin l’un de l’autre toute l’année.»

«Je sais qu’il a une longue carrière exceptionnelle devant lui, et je sais que nous allons nous appuyer l’un sur l’autre pendant cette saison.»

Harris et les Alouettes seront en quête d’une première victoire cette saison à l’occasion de leur premier match à domicile. Ils accueilleront les Roughriders de la Saskatchewan, parfaits en deux matchs cette saison, et la bruyante Ride Nation, jeudi soir au stade Percival-Molson.

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Une ligne à l’attaque choyée 

Au cours de sa carrière, Luc Brodeur-Jourdain a pu jouer et observer un nombre incalculable de quarts-arrière. Maintenant entraîneur de la ligne à l’attaque, il a livré un vibrant plaidoyer envers les deux quarts-arrière de l’équipe, Trevor Harris et Vernon Adams fils.

«Dans mon groupe, on se considère comme extrêmement choyés de la situation ici. Dieu seul sait à quel point toutes les équipes souhaiteraient avoir au moins un de ces deux quarts-là!» a déclaré le sympathique Québécois au terme de l’entraînement des Alouettes de Montréal, lundi.

Professionnel 

«LBJ» a ainsi vanté le professionnalisme des deux hommes, et particulièrement celui d’Adams. Le Californien de 29 ans aurait bien pu se décourager et se rebuter, mais ça n’a pas été le cas, bien au contraire.

«Je n’ai pas vu de changement dans l’attitude de Vernon. [Dimanche], il était à la réunion optionnelle avec Trevor. Les deux regardaient les bandes vidéo ensemble et jasaient de ce qu’ils voyaient. Je vois un gars qui a une très belle éthique de travail et qui prend ça à cœur.»

«C’est un environnement très professionnel. C’est sûr qu’au niveau émotif, quand une situation comme celle-là arrive, tu fais face à de l’adversité, mais en même temps, ce sont des choses que [les vétérans] ont déjà vécues dans leurs carrières. La façon d’y réagir, c’est simplement de fortifier sa préparation et de poursuivre son apprentissage personnel.»

La ligne offensive doit malgré tout s’adapter à un quart différent. Si Adams se sert généralement de ses jambes pour se sortir du pétrin, Harris est plutôt un quart de possession.

«Harris est capable de se débrouiller avec ses pieds, mais ce n’est pas son arme de prédilection, a concédé Brodeur-Jourdain. La ligne à l’attaque doit s’assurer que la pochette est solide de l’intérieur vers l’extérieur et de maintenir [sa position] le plus longtemps possible.»