CF Montréal

Photo : L’attaquant Kei Kamara à l’entraînement du CF Montréal au Centre Nutrilait, le 8 juin. Crédit : Photo Pierre-Paul Poulin

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La persévérance de Kei Kamara

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Avec 133 buts, Kei Kamara est le quatrième meilleur buteur de la MLS, à égalité avec Jaime Moreno. Et quand on regarde son histoire, on se dit qu’il a travaillé fort pour devenir une légende de la MLS.

L’attaquant qui a rejoint le CF Montréal au cours de l’hiver est arrivé aux États-Unis au début des années 2000, après avoir passé deux ans en Gambie parce que la guerre civile faisait rage en Sierra Leone, d’où il est originaire.

« Ma mère est partie quand j’avais six ans et je suis allé la rejoindre à 16 ans. »

C’est à Hawthorne, en banlieue de Los Angeles, que s’installe la famille. Ce n’est pas un milieu facile, mais il va définir l’homme que deviendra Kamara.

Intimidation

Partir de l’Afrique pour s’établir en Californie quand on a 16 ans n’est pas chose facile, et Kamara le confirme.

« Ç’a été difficile de m’adapter, surtout à l’école. Je me suis fait des amis, mais je me faisais intimider parce que j’étais africain et que j’avais un accent. »

De plus, la situation en Sierra Leone lui a fait manquer beaucoup d’école, de sorte qu’il devait faire du rattrapage. Le contexte n’était donc pas idéal et c’est par le sport qu’il se sort du pétrin et qu’il commence à s’intégrer.

« Comme on m’intimidait, je me retrouvais souvent dans des batailles et c’est là que j’ai commencé à m’impliquer dans le sport. J’ai joué au volley-ball, je fais de l’athlétisme et du cross-country et c’est à mes deux dernières années à l’école secondaire que j’ai vraiment commencé à jouer au soccer même si j’avais joué en Sierra Leone. »

Près des pros

L’histoire de Kamara semble presque sortie d’un scénario de film. Après tout, il l’a vécue à une vingtaine de kilomètres de Hollywood.

« Quand j’étais jeune, je travaillais au Marriott de Torrance où toutes les équipes de la MLS logeaient. »

Parce qu’il faut préciser que Hawthorne et Torrance sont situés à quelques kilomètres de Carson, où se trouve le stade du Galaxy de Los Angeles.

Une fois l’école secondaire terminée, il a été accepté à l’Université d’État de Dominguez Hills. Celle-ci est située à Carson et qu’y trouve-t-on au milieu des installations sportives du campus ? Le stade du Galaxy qui porte alors le nom de Home Depot Stadium.

Il se retrouve alors dans un programme de soccer de deuxième division et il sait qu’il est difficile d’atteindre la MLS quand on ne joue pas dans la meilleure division de la NCAA.

Encore plus près

Son choix n’est pas anodin puisqu’il décroche ensuite un boulot au Home Depot Center.

Il a donc eu l’occasion de se faire remarquer par l’entraîneur du Galaxy, Sigi Schmid, qui l’invitait parfois à s’entraîner avec l’équipe. Chivas USA jouait aussi au même endroit et Bob Bradley a offert le même genre d’invitation à Kamara.

C’est un rêve qui a permis à Kei Kamara de s’accrocher à l’école et à l’espoir de devenir professionnel.

« Je voyais le Home Depot Center tous les jours et les jeunes joueurs qui s’entraînaient et je me disais que je pouvais y arriver. Je suis content d’avoir eu cet objectif. »

Kamara a finalement été repêché en première ronde, neuvième au total, par le Crew de Columbus en 2006. Et qui était le nouvel entraîneur-chef du Crew cette année-là ? Sigi Schmid.

Comme quoi le sympathique attaquant était dû pour jouer sous les ordres de celui qui lui a fait une place quand il était encore un jeune homme qui commençait à rêver.