MacDougall

Photo : L’entraîneur-chef Gardiner MacDougall, des Sea Dogs de Saint-Jean, à l’entraînement de sa nouvelle équipe. Il s’est vu confier le mandat de racheter la déception des dernières séries lors du tournoi de la Coupe Memorial, qu’ils accueillent chez eux cette année. Crédit : Photo courtoisie, Sea Dogs de Saint-Jean

LHJMQ

La carte cachée des Sea Dogs

Publié | Mis à jour

Après 38 jours de préparation, les Sea Dogs de Saint-Jean auront enfin la chance de démontrer que leur élimination en première ronde contre l’Océanic de Rimouski n’était qu’une erreur de parcours, lundi soir. C’est là aussi qu’on verra si la magie de Gardiner MacDougall opérera. 

Lorsqu’ils ont congédié Gordie Dwyer, à quelques semaines du tournoi de la Coupe Memorial, plusieurs s’attendaient à ce que les Sea Dogs de Saint-Jean annoncent en grande pompe qu’un gros nom se joignait à l’équipe. 

• À lire aussi: Coupe memorial: qui ramènera le précieux trophée à la maison?

Les noms d’Alain Vigneault, de Michel Therrien et même de Dominique Ducharme ont circulé, mais, rapidement, on a appris que c’était sur MacDougall qu’ils avaient jeté leur dévolu. 

L’entraîneur-chef de longue date des Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick avait accepté de prendre les rênes de l’équipe, sur une base intérimaire, jusqu’à la conclusion du tournoi. 

À ce moment, plusieurs personnes au Québec ont sourcillé.  

Toutefois, au Nouveau-Brunswick – et dans les provinces de l’Atlantique en général –, le nom de MacDougall est bien connu. 

« Dans les Maritimes, c’est une légende du hockey », assure le hockeyeur Matthew Boucher, qui a évolué pendant deux saisons sous les ordres de MacDougall à UNB, entre 2018 et 2020, avant de faire le saut chez les professionnels.

EXIGEANT 

Chose certaine, MacDougall a un curriculum vitae bien rempli. Entraîneur-chef des Reds depuis la saison 2000-2001, il a mené sept fois l’équipe au titre universitaire, dont cette saison. Il est aussi impliqué dans le développement des jeunes joueurs dans les Maritimes et il a offert plusieurs conférences dans différents colloques d’entraîneurs, au Canada et aux États-Unis. 

Pour Boucher, sa nomination et le contexte qui l’entoure ne pourraient être plus logiques. 

« Gardiner vient d’un programme universitaire où tu as du temps pour te préparer entre les matchs. C’est un peu le cas des Sea Dogs. C’est un gars qui est extrêmement exigeant et j’ai entendu moi-même que les entraînements n’étaient pas très plaisants chez les Sea Dogs depuis son arrivée. Quand je jouais pour lui, les entraînements sur et hors glace étaient exigeants. On faisait des sprints, on montait des côtes. C’est un gars qui croit beaucoup à maximiser l’effort. Pour lui, la défaite, ce n’est pas négociable. » 

À ses yeux, il ne fait aucun doute que la préparation des Sea Dogs sera optimale le 20 juin, lorsqu’ils affronteront les Bulldogs de Hamilton, champions en titre de la Ligue de l’Ontario. 

« Il voit les choses en deux points : il veut avoir l’équipe la mieux préparée, mais aussi la plus en forme de la ligue. Ça fonctionnait parce qu’en deux ans à UNB, je pense qu’on n’a perdu qu’une seule fois la troisième période », se rappelle Boucher. 

UNE PERSONNALITÉ UNIQUE 

MacDougall a atteint son statut dans les Maritimes non seulement grâce à ses résultats, mais également grâce à sa personnalité hors du commun. 

Boucher peut d’ailleurs en témoigner. 

« C’est un gars qui a une approche différente de tous les entraîneurs que j’ai côtoyés dans ma vie. Sa préparation est phénoménale et il s’assure toujours que les gars soient bien sur le plan mental. » 

Mais c’est avant de rejoindre UNB que Boucher a réellement compris ce que représentait Gardiner MacDougall. Et l’anecdote est savoureuse. 

Après sa dernière saison avec les Remparts, Boucher désirait faire le saut chez les professionnels. Pour lui, le hockey universitaire serait un plan B s’il ne parvenait pas à se dénicher un contrat pro. 

« Il avait respecté mon plan. Plus tard, mon père avait parlé avec Roger Shannon [le directeur général des Wildcats de Moncton à cette époque], et Roger lui avait dit : “Laisse-le venir chez vous et s’asseoir dans ton salon. Laisse-le faire sa magie et ton gars ne sera pas capable de dire non” », raconte-t-il. 

Et la magie a opéré. 

« Il est venu me chercher en jet privé et m’a amené à Fredericton. Une fois arrivé, il m’a assis dans un restaurant avec dix gars de l’équipe, nous a laissé sa carte de crédit et nous a souhaité bonne soirée. » 

Au bout du compte, Boucher a disputé deux saisons sous MacDougall, remportant le championnat universitaire en 2018-2019.  

Reste à voir si la magie opérera avec les Sea Dogs.