Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

Course Automobile

Le titre qui manque au palmarès de Didier Schraenen

Marc-Antoine Malo

Publié | Mis à jour

À 66 ans, Didier Schraenen exerce toujours sa passion avec le même feu dans les yeux. Or, malgré son palmarès très étoffé en Formule 1600, il n’est jamais monté sur la plus haute marche du podium au circuit Gilles-Villeneuve.

Le natif de Mont-Saint-Hilaire est rattrapé par de jeunes loups qui tentent, respectueusement, de tasser le vieux routier. L’homme qui ne connaît pas le mot «retraite» tentera encore une fois de l’emporter pendant le week-end du Grand Prix du Canada.

«J’ai quelque chose d’inachevé. Malgré les 15 podiums que j’ai ici [...], je n’ai jamais gagné. Ça manque à mon pedigree, comme on dit», a confié Schraenen au téléphone, après sa séance de qualification de samedi matin.

«J’ai beaucoup d’attentes de mes supporteurs depuis les 33 dernières années. Ma première course ici était en 1988, en série Honda-Michelin. C’était ma toute première course à vie», a rappelé celui qui avait 32 ans à l’époque.

Celui qui est aussi commentateur sportif a été champion canadien en Formule 1600 en 1998, 1999, 2006 et 2009

Les jeunes poussent

Schraenen reconnaît que les jeunes pilotes dans sa série sont plus «aiguisés» qu’autrefois. Ils viennent du karting avec beaucoup d’expérience malgré leur âge.

«Ce sont des situations assez particulières. Quand j’étais à Tremblant pour la première épreuve de la saison, que j’ai gagnée, les deux jeunes à côté de moi (Connor Clubine et Callum Baxter) avaient 18 et 15 ans. Trente-trois ensemble et si tu multiplies par deux, ça donne mon âge», a rappelé le vétéran en riant.

Pour en ajouter une couche, la voiture numéro 94 de Schraenen, conçue au Québec il y a 25 ans, est plus âgée que la majorité de ses compétiteurs.

«Nous autres, on arrive avec nos voitures faites main, avec un vieux pilote dedans, et on roule à l’avant. Il n’y a pas que le pilote qui peut être fier», a ajouté celui qui a enregistré le troisième meilleur chrono, samedi, avant de terminer huitième de la première course, présentée sous une pluie battante. La seconde sera présentée dimanche.

L’expérience y joue pour beaucoup, mais l’attitude également. Didier Schraenen doit jouer du coude avec les nouveaux venus, qui n’ont rien à perdre.

«Ça me garde jeune», a fait savoir le compétitif sexagénaire.