Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

F1

«Le temps passe tellement vite»

Publié | Mis à jour

Présent à Montréal en fin de semaine, Jacques Villeneuve a fait l’objet d’une courte cérémonie dans le paddock du Grand Prix du Canada pour souligner le 25e anniversaire de sa conquête du titre mondial de Formule 1.

Au circuit de Jerez de la Frontera, en Espagne, le 26 octobre 1997, il devenait le premier Canadien (et le seul encore aujourd’hui) à réaliser cet exploit.

On se souvient tous de la scène où, à l’entrée d’un virage, Villeneuve surprend le meneur de la course, Michael Schumacher. Ce dernier donne un sérieux coup de volant et la roue avant droite de sa Ferrari frappe le ponton gauche de la Williams du Québécois.

Déporté à l’extérieur de la courbe, la voiture de l’Allemand s’enlise dans le gravier et son parcours est terminé. Son rival, lui, s’en sort mieux : une troisième place à l’arrivée lui assurera le titre.

Acclamé au Forum

«Le temps passe tellement vite, s’est-il exclamé devant un groupe de journalistes conviés à l’événement. Peut-être parce que je n’ai jamais arrêté de courir.»

Quelques jours après avoir acquis son titre, il était acclamé par des milliers d’amateurs au Forum de Montréal, l’ancien domicile du Canadien.

«C’est à ce moment, raconte-t-il, que j’ai réalisé l’ampleur de ma victoire. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais mal... habillé devant tous ces gens. Ça m’a vraiment touché et je leur en suis reconnaissant encore aujourd’hui.»

Un immense gâteau lui a été présenté par le président du Grand Prix du Canada.

«Jacques, tu mériterais que le tout soit célébré, a dit François Dumontier. Tu es la fierté d’un peuple.»

Des pilotes plus combatifs

Quand Villeneuve a été appelé à commenter le début de la saison en F1, il s’est réjoui de voir que le niveau de compétition s’était ravivé en piste.

«La nouvelle réglementation comporte de bons et de mauvais changements, dit-il, mais les pilotes sont plus combatifs et c’est bon pour le spectacle.»

Par ailleurs, Villeneuve n’est pas réellement surpris de cet engouement sans précédent cette année au circuit qui porte le nom de son père.

«Le public est fidèle, constate-t-il. J’imagine que cette passion s’est transmise de génération en génération. Bien des gens qui assistent au Grand Prix cette année n’étaient pas là quand je pilotais en F1. Mais bon, peut-être aussi que les deux années d’absence [en raison de la pandémie] ont amplifié la popularité du sport.

«L’effet de la série Drive to Survive diffusée par Netflix depuis quelques années a aussi fait beaucoup de bien à la F1. Ça l’a rendue accessible, particulièrement aux États-Unis.»

Villeneuve avoue n’avoir regardé aucun épisode : «Les téléréalités, j’ai toujours refusé d’en faire. Ça reste un peu de la fiction. Quand on sait qu’une caméra nous suit, on ne réagit pas de la même manière.»

Après Villeneuve, ce sera au tour du regretté Guy Lafleur d’être honoré, dimanche, avant le départ du Grand Prix du Canada. Selon nos informations, ses deux fils, Martin et Mark, participeront à cet hommage consacré à cette légende du hockey et grand amateur de course automobile.

QUAND DEUX CHAMPIONS DU MONDE SE RENCONTRENT

Charles Hamelin, multiple médaillé en patinage de vitesse sur courte piste, est venu témoigner son affection envers Jacques Villeneuve dans le paddock du Grand Prix du Canada. Hamelin dit avoir été un fervent admirateur du pilote québécois quand il a remporté son championnat du monde en 1997. «J’enregistrais toutes ses courses, dit-il, pour ne rien manquer.»